Qualifié de « rappeur islamiste », le chanteur Médine porte plainte contre Aurore Bergé


« C’est la fois de trop. » Le rappeur Médine a annoncé dans un entretien avec Mediapart publié ce mardi 23 février avoir porté plainte pour diffamation contre la députée LREM Aurore Bergé. « Elle me colle une idéologie qui n’est pas la mienne », dénonce-t-il.

Invitée sur LCI le 18 février dernier, la députée avait qualifié l’artiste « rappeur islamiste » qui « disait qu’il fallait tuer des laïcards », l’accusant également d’avoir proféré un « appel au meurtre ».

« Elle me colle une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la mienne », s’insurge Médine, qui réclame par ailleurs des excuses publiques. Revenant sur son morceau « Don’t Laïk », il affirme qu’Aurore Bergé « se trompe de citation ». « La citation précise est : « Crucifions les laïcards comme à Golgotha. » », détaille-t-il, affirmant que celle-ci a été « sortie de son contexte ».

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« Le morceau est une succession d’absurdités, d’oxymores, décrit le rappeur, qui accuse la députée de ne volontairement ignorer la dimension stylistique du texte. Cela correspond à un type d’écriture qui exacerbe les choses. La finalité étant d’exorciser la laïcité et lui redonner ses lettres de noblesse. Quand on veut exorciser quelque chose, c’est pour le déposséder de ses démons. »

« Si on isolait la phrase de Sardou qui dit que lui vient “l’envie d’éclater une banque/De [s]e crucifier le caissier”, cela ferait dire tout autre chose au morceau du chanteur et à sa carrière », fait-il remarquer.

Le rappeur estime être « une sorte d’épouvantail »

« Je lui demande de prouver que j’ai vraiment fait des appels au meurtre, que j’ai été dans quelque chose d’ambigu concernant cette idéologie mortifère. Ce qui est impossible », martèle l’artiste.

Alors que la France est plongée dans un contexte de polémique sur « l’islamo-gauchisme » et sur la loi contre les séparatismes, Médine estime que le fait d’être « musulman, avec une barbe et issu de l’immigration » fait de lui « une sorte d’épouvantail que certains politiques, en manque de buzz et ayant besoin de visibilité, utilisent régulièrement pour relancer le débat sur la présence musulmane en France ».

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Avec cette plainte, le rappeur « espère que l’on va rentrer dans quelque chose de serein où l’on parlera des faits et où l’on arrêtera de spéculer ou de rajouter du bruit en inventant des propos que je n’ai jamais tenus ».

« Je veux montrer à celles et ceux qui subissent des brimades ou des fausses accusations, comme celles portées à mon encontre, que l’on peut agir et dire “Stop c’est terminé” », ajoute-t-il.

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Ce n’est pas la première fois que le rappeur s’attire les foudres de personnalités politiques : en 2018, la droite et l’extrême droite l’avaient accusé d’adhérer au fondamentalisme islamiste en lui reprochant d’anciennes chansons comme « Don’t Laïk » ou « Jihad », et l’avaient contraint à annuler un concert prévu au Bataclan.





nouvelobs

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