A Lyon, le menu sans viande dans les cantines des écolos pris pour cible par le gouvernement


Le gouvernement s’attaque à la mairie écologiste de Lyon, « coupable » selon plusieurs ministres de vouloir imposer un menu sans viande dans les cantines scolaires. « En plus de l’insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des Verts exclut les classes populaires. De nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande », a tweeté samedi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en dénonçant une « idéologie scandaleuse ».

Son collègue des Comptes publics, Olivier Dussopt, a fustigé dimanche « un choix antisocial et doctrinaire ». « Je suis toujours pour qu’on laisse le choix aux élèves. Il ne faut pas que ce soit une décision idéologique », déclarait de son côté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, interrogé lors de l’émission « le Grand Jury » (RTL-« le Figaro »-LCI). « Arrêtons de mettre de l’idéologie dans l’assiette de nos enfants ! », a lancé sur Twitter le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, précisant avoir saisi le préfet du Rhône.

La polémique a été lancée par l’opposition de droite au conseil municipal. « Cette manière d’asséner un choix, sans aucune alternative possible, est proprement inadmissible », s’est indigné jeudi son chef de file Etienne Blanc, candidat malheureux à la mairie l’an dernier.

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« Dans la ville de la gastronomie, la majorité écologiste profite de la crise sanitaire pour faire passer des mesures idéologiques sans aucune concertation », abondait Béatrice de Montille, élue LR dans le 3e arrondissement. La polémique a pris une tournure nationale ce week-end, avec les réactions de membres du gouvernement.

« Du bon sens pratique »

La mairie de Lyon se défend de toute idéologie, et évoque un choix lié aux contraintes sanitaires, déjà fait l’an dernier par l’ancienne municipalité sans choquer personne.

La collectivité explique qu’à la demande de l’Education nationale une distanciation de 2 mètres doit être respectée entre les enfants à la cantine, ce qui revient à faire manger moins d’élèves en même temps à partir de lundi, jour de rentrée dans la région. Le recours temporaire au menu unique vise à fluidifier le service afin que tous les repas – 29 000 par jour – puissent être servis durant le temps du déjeuner, étalé de 11h30 à 13h45.

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Sans viande mais avec œufs et poisson, ce menu « reste équilibré » et permet « de n’exclure aucun enfant », affirme l’adjointe à l’Education, Stéphanie Léger, encartée dans aucun parti. « C’est tout simplement du bon sens pratique », justifie le maire EELV, Grégory Doucet. En rappelant, au passage, que le même choix avait été fait à la sortie du premier confinement, au printemps, par la précédente équipe de Gérard Collomb. A défaut de viande, personne n’avait alors décelé la moindre idéologie dans les assiettes.

« Que la droite qui s’est alliée à mon prédécesseur au moment des municipales [en juin, NDLR] crie à l’idéologie aujourd’hui, me fait sourire », avait ajouté le maire de Lyon vendredi soir sur Franceinfo.

« Faire le pari » de la viande

La saisine du préfet du Rhône par Julien Denormandie se fonde sur un arrêté de 2011 fixant les règles nutritionnelles dans la restauration scolaire, selon lequel « au moins quatre repas », sur vingt consécutifs, doivent être servis « avec, en plat protidique, des viandes non hachées de bœuf, veau, agneau ou des abats de boucherie ». Interrogé sur l’absence de réaction l’an dernier, le cabinet du ministre a évoqué « une vraie différence de situation entre mai et maintenant » :

« Nous ne sommes plus dans une situation d’urgence, face à une situation exceptionnelle. »

Jeudi, dans un entretien avec l’AFP, Julien Denormandie avait appelé les élus locaux à « faire le pari » de la viande de jeune bovin dans les menus scolaires, afin de soutenir des éleveurs.

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A Lyon, au-delà de la polémique, l’exécutif veut profiter de l’échéance prochaine du contrat d’Elior, groupe de restauration collective titulaire de la délégation de service public, pour consommer « plus local, plus végétal et durable » dans les cantines scolaires. Une politique qui va dans le sens du « plan protéines végétales » mené par le gouvernement, selon Grégory Doucet.





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