Le décryptage éco. Année noire pour Air France : la compagnie peut-elle disparaître ?


Des avions d’Air France sur le tarmac de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Photo d’illustration. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Une année noire, un choc sans précédent. La crise sanitaire du Covid-19 a privé Air France-KLM des deux tiers de ses passagers. Avec des avions cloués au sol, son chiffre d’affaires a chuté de 60%. Et ce, malgré les économies et les importantes réductions d’effectifs qui se poursuivent. Dès le printemps dernier, Air France a bénéficié pourtant d’un prêt garanti par l’État de sept milliards d’euros. Autant que ses pertes. Cette perfusion d’argent frais lui permet de tenir jusqu’à la fin de l’année mais Ben Smith, le PDG d’Air France, reconnaît qu’il sera « difficile » de les rembourser. Le groupe s’attend à une reprise très incertaine : le secteur aérien risque de ne pas retrouver le trafic de 2019 avant 2024, au mieux.

>> Covid-19 : la pandémie a fait perdre 7,1 milliards d’euros à Air France-KLM

Pour Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, la France ne peut pas se passer de sa compagnie nationale. L’État français est actionnaire d’Air France à hauteur de 14,3%, la prochaine étape envisagée est une recapitalisation. Elle est en discussion depuis plusieurs semaines. Reste que ce montage doit être validé par la Commission européenne. En contrepartie, Bruxelles veut obliger Air France à renoncer à des liaisons, des créneaux d’atterrissage et de décollage depuis l’aéroport d’Orly. Soit un vrai coup très dur pour Air France, car Orly, c’est la plateforme de Transavia, sa compagnie low-cost.

Par ailleurs, Air France va devoir réduire la voilure avec la loi climat. La compagnie prévoit de supprimer les vols aériens intérieurs sur les liaisons assurées par train en moins de 2h30. Les vols d’Air France Orly-Nantes, Orly-Bordeaux ou encore Orly-Lyon, qui n’ont pas repris, sont sur la sellette. Dans ce tableau très sombre, Air France s’accroche toutefois à une reprise du trafic au deuxième et ou au troisième trimestre, grâce aux vaccins développés contre le coronavirus.



FranceTVinfo

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