Georges Tron condamné à 5 ans de prison dont 3 ferme pour viols et agressions sexuelles


L’ex-secrétaire d’État Georges Tron, a été condamné mercredi 17 février à cinq ans de prison dont trois ans ferme pour viol et agression sexuelle en réunion sur une collaboratrice de sa mairie de Draveil en 2009-2010.

Sa coaccusée Brigitte Gruel, alors son adjointe à la Culture, a elle écopé de deux ans avec sursis. La cour a en revanche acquitté les deux accusés de faits similaires que leur reprochait une deuxième plaignante. Georges Tron et Brigitte Gruel avaient été acquittés en première instance en 2018.

Deux anciennes employées de la commune de Draveil (Essonne), accusaient le maire LR de 63 ans de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d’alors, Brigitte Gruel.

Les deux accusés, qui clament leur innocence, avaient été acquittés en première instance en 2018. Ils nient toute relation sexuelle avec les plaignantes ou même entre eux.

Le ministère public avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis, contre Georges Tron et demandé que la peine ferme soit plutôt effectuée sous bracelet électronique. Il avait aussi requis deux ans avec sursis contre Brigitte Gruel.

Le microcosme de la mairie de Draveil revisité

Rendu public quelques jours après l’éclatement de l’affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011, ce dossier en appel s’est inscrit en plein débat sociétal sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Un contexte que les parties civiles n’ont pas manqué d’invoquer durant les longues journées de débats.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, « omerta », descriptions crues de scènes sexuelles trioliques… Pendant quatre semaines, la cour s’est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995.

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Cette affaire l’avait contraint à démissionner du gouvernement Fillon en 2011. L’accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron a exercé une « emprise » sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Selon eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte – l’une des caractéristiques du viol et de l’agression sexuelle dans le code pénal.

En 2018, bien que jugeant crédible l’existence de scènes sexuelles, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait estimé qu’il n’y avait cependant pas de contrainte, arguant notamment de contradictions et de mensonges de la part des plaignantes.

Un grand « complot »

Georges Tron soutient mordicus que ces plaintes participent d’un grand « complot » destiné à le faire chuter et fomenté par ses adversaires politiques dans l’Essonne, qui semblent l’obséder jusqu’à la paranoïa.

Les juges d’instruction avaient initialement prononcé un non-lieu en 2013, infirmé l’année suivante par la cour d’appel de Paris. Puis, en 2017, un premier procès à Bobigny avait été ajourné après quelques jours, faute de temps pour entendre tous les témoins et acteurs.

Dans les affaires d’agressions sexuelles, avez-vous entendu parler de l’« himpathy » ?

Le procès en appel, ouvert le 19 janvier, a lui aussi connu un faux départ car Georges Tron était cas contact d’une personne contaminée par le coronavirus. Après un test négatif au Covid-19 du principal accusé, les débats ont pu véritablement démarrer la semaine suivante.





nouvelobs

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