Âgé de 66 ans, Nicolas Sarkozy a déjà été vacciné


C’est une indiscrétion de « l’Express » qui pose question. Selon l’hebdomadaire, l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui vient de fêter ses 66 ans, a déjà reçu une première dose de vaccin, à l’hôpital militaire de Percy. Une injection qui a eu lieu « dès le mois de janvier », précise « l’Express ».

Une vaccination qui suscite les interrogations du magazine, qui rappelle qu’« actuellement, les moins de 75 ans ne sont pas concernés par la vaccination à l’exception des personnes atteintes de pathologies à risque ».

De fait, comme le détail le ministère de la Santé sur son site internet, la première phase de la vaccination concerne uniquement :

  • Les professionnels de santé, y compris libéraux ;
  • Les professionnels exerçant en établissement de santé, ou dans un établissement ou service médico-social intervenant auprès de personnes vulnérables ;
  • Les salariés de particulier employeur intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables ;
  • Les sapeurs-pompiers ;
  • Les personnes âgées de plus de 75 ans ;
  • Les personnes âgées résidant en établissements (EHPAD, USLD) ;
  • Les personnes en situation de handicap hébergées en maison d’accueil spécialisée ou foyer d’accueil médicalisé ;
  • Les personnes atteintes d’une pathologie à haut risque face à la Covid-19 avec une prescription médicale de leur médecin traitant.

C’est cette dernière raison qui a été invoquée pour justifier la vaccination de Nicolas Sarkozy, selon une information de Franceinfo. L’ancien chef de l’Etat, âgé de 66 ans, a reçu l’injection à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), sur prescription d’un médecin de ville. La nature de la pathologie n’a pas été précisée.

La date de la vaccination supposée de Nicolas Sarkozy n’est pas anodine, car en janvier, le vaccin AstraZeneca n’était pas encore disponible en France. Il n’est arrivé qu’à la fin de la première semaine de février. Déconseillé pour les plus de 65 ans, il ne commencera à être injecté par les médecins traitants qu’à partir du jeudi 25 février, pour les 50-64 ans.

Arrivée du vaccin AstraZeneca en pharmacie : pour qui et quand ?

Le gouvernement se refuse toujours à faire la moindre exception à sa stratégie vaccinale, repoussant notamment la demande d’élus souhaitant se faire vacciner, pour inciter les citoyens. Seul Olivier Véran, médecin de son état, a pu se faire vacciner début février, bénéficiant de l’ouverture de la vaccination à tous les personnels soignants. « J’avais toujours dit que lorsque je répondrai aux critères pour me faire vacciner, je le ferai. Je l’ai fait avec plaisir », avait alors expliqué le ministre de la Santé.

Pour les autres ministres, la consigne est claire : « attendre son tour », pour laisser la place aux personnes prioritaires et ne pas prendre le risque d’un procès en privilège, comme cela a par exemple été le cas au Pérou. « Je me serais volontiers fait vacciner dès le début de la campagne. Mais je ne voudrais pas que ce soit interprété comme un passe-droit », affirmait ainsi Jean Castex en décembre.

Aucune précision de l’entourage de Sarkozy

Contacté par « l’Express », l’entourage de Nicolas Sarkozy n’a, pour l’heure, pas encore apporté de précisions sur les raisons de cette vaccination. Si l’hypothèse d’une pathologie à risque relève du secret médical, la santé des présidents de la République (et ex-présidents), ainsi que leur droit au secret médical, a toujours fait couler beaucoup d’encre, qu’il s’agisse de François Mitterrand, de Nicolas Sarkozy lui-même ou de François Hollande.

Début février, Franceinfo révélait que des membres du conseil d’administration de l’Hôpital américain de Paris, un établissement privé de Neuilly-sur-Seine, avaient reçu des injections dès janvier. La direction assure que les personnes vaccinées étaient « éligibles ». Réagissant à cette polémique, Olivier Véran avait « déploré » ces faits :

« La priorisation est très claire dans notre pays : nous protégeons les plus fragiles par ordre de priorité […]. Je n’accepterai pas qu’il y ait des passe-droits. »

L’hôpital, très prisé des célébrités, n’a pas démenti avoir vacciné des membres de son conseil d’administration ni d’autres « volontaires ». Il a argué que la vaccination avait été proposée « à l’ensemble des personnes intervenant dans l’hôpital : médecins, soignants, administratifs, gouverneurs, prestataires de ménage, de sécurité et de restauration, volontaires bénévoles », « en conformité avec les directives de l’ARS (Agence régionale de santé) ».

L’établissement a ajouté que des doses de vaccin qui n’avaient pas servi – en raison de désistements ou de contre-indications médicales – et avaient été redistribuées auprès « du personnel volontaire et disponible » afin d’« éviter toute perte du vaccin, en raison de son caractère périssable ».

Sarkozy très critique sur la campagne de vaccination

Si l’information questionne, c’est aussi, pointe « l’Express », en raison des nombreuses critiques que l’ancien président distille à ses visiteurs sur la campagne de vaccination du gouvernement contre le Covid, ravivant les souvenirs de « sa » lutte contre l’épidémie de grippe A (H1N1) :

« Pardon mais il faut créer des vaccinodromes partout ! Comme j’avais fait ! »

A l’époque, pourtant, cette stratégie avait fait bondir les médecins et infirmiers libéraux et c’est justement pour cela que la stratégie gouvernementale n’a pas été calquée sur celle de 2009. Sans oublier, non plus, le cuisant échec de la vaccination contre la grippe A, dont le dispositif a été rapidement jugé excessif, puisque peu de personnes souhaitaient se faire vacciner.

« Le vaccin Spoutnik, quand est-ce qu’il [Emmanuel Macron, NDLR] va le mettre sur le marché ? C’est cet après-midi qu’il faut signer ! », plaiderait en outre Nicolas Sarkozy, en privé, feignant de ne pas savoir qu’il existe des instances, l’Agence européenne du Médicament et l’Agence française du Médicament, chargées justement d’évaluer ses vaccins, avant leur arrivée sur notre sol. A partir du moment, évidemment, où les laboratoires ont en fait la demande.





nouvelobs

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