Covid: Biden défend son plan de sauvetage, « priorité absolue »


La page du procès Trump tournée, Joe Biden se place au centre de la scène et prend les Américains à témoin mardi soir en vantant les mérites de son gigantesque plan de sauvetage de l’économie de 1.900 milliards de dollars.

Depuis la ville de Milwaukee, dans le Wisconsin, le président américain répondra aux questions d’Américains lors d’un « town hall » sur CNN, réunion publique destinée à expliquer pourquoi, face aux ravages du Covid-19, il a décidé d’aller « vite », sans attendre un consensus au Congrès.

Après une série de décrets à la portée souvent symbolique, visant à marquer la rupture avec Donald Trump, il sait qu’il est très attendu sur ce dossier.

« C’est sa priorité absolue », a souligné sa porte-parole Jen Psaki. « Or si vous regardez les sondages, ils sont clairs: une grande majorité d’Américains aiment ce qu’ils voient dans ce plan ».

Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat, estime que l’opposition à ce projet – à ses yeux trop dépensier – peut contribuer à rassembler la famille républicaine déchirée? « Cela rassemblera peut-être les républicains mais cela fera beaucoup de mal à l’Amérique », a répondu Joe Biden au moment de quitter la Maison Blanche.

Dès mardi matin, il a affiché sa volonté de se concentrer presque exclusivement sur ce dossier.

« Avant de prendre mes fonctions, j’avais annoncé comme objectif 100 millions de vaccinations dans les 100 premiers jours. Avec les progrès que nous accomplissons, je pense que nous allons non seulement l’atteindre mais le dépasser », a-t-il tweeté.

S’il peut se vanter d’avoir mis de l’ordre dans la réponse fédérale, nombre d’experts avaient cependant souligné dès le départ que son objectif initial manquait singulièrement d’ambition et serait atteint bien avant la date annoncée.

Selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), quelque 52 millions de doses de vaccins ont été administrées, et le rythme quotidien est désormais de 1,6 million de doses.

– Trump tempête contre « Mitch » –

Le président américain Donald Trump s’exprime depuis la Maison Blanche le 21 juillet 2020 (AFP – JIM WATSON)

Avec plus de 485.000 décès, les Etats-Unis sont le pays qui affiche le plus lourd bilan. Mais depuis le pic du 8 janvier, les courbes de cas positifs, d’hospitalisations et de décès sont en baisse marquée et continue.

Après avoir un temps affirmé qu’il chercherait à emporter l’adhésion des républicains du Congrès, Joe Biden y a de facto renoncé, mettant en avant la « douleur » des Américains qui attendent « l’aide de leur gouvernement ».

Les démocrates, qui contrôlent désormais la Chambre des représentants et le Sénat, avancent à marche forcée, au risque d’écorner l’image d’un Biden capable de transcender les clivages de Washington et de rassembler l’Amérique.

Sur le fond, les républicains jugent la somme défendue par la Maison Blanche trop élevée et contestent certaines mesures de ce projet. La taille de ce plan ne fait pas non plus l’unanimité dans le camp démocrate.

Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, a mis en garde: s’il est « admirablement ambitieux », le plan Biden n’est pas sans risque et pourrait déclencher « des pressions inflationnistes inédites depuis une génération ».

Depuis son club de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump n’a pas dit un mot sur la pandémie, mais a alimenté les règlement de comptes au sein de son parti.

Après son acquittement par le Sénat, qui le jugeait pour son rôle dans les violences du 6 janvier au Capitole, il s’était contenté d’un simple communiqué, sans rien dévoiler de sa stratégie pour les mois à venir.

Mardi soir, dans un communiqué d’une violence inouïe, le vibrionnant ex-président a éreinté Mitch McConnell qui avait voté pour son acquittement mais, dans la foulée, l’avait déclaré « moralement responsable » de l’assaut du Capitole qui a fait cinq morts.

« Mitch est un politicien renfrogné, maussade, qui ne sourit jamais et si les sénateurs républicains restent avec lui, ils ne gagneront plus », a écrit l’ex-président, visiblement déterminé à peser de tout son poids au sein du « Grand Old Party ».



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