L’activiste saoudienne Loudjaïne al Hathloul libérée, dit sa famille



par Ghaida Ghantous

DUBAI (Reuters) – La militante des droits des femmes Loudjaïne al Hathloul est sortie de la prison saoudienne dans laquelle elle était détenue depuis près de trois ans, a annoncé mercredi sa famille, alors que la condamnation d’Al Hathloul avait été critiquée par la communauté internationale.

Loudjaïne al Hathloul, âgée de 31 ans, avait été placée en détention en mai 2018 avant d’être condamnée en décembre dernier à près de six ans d’emprisonnement en vertu de lois anti-terroristes pour des accusations que des experts de l’Onu ont décrites comme « fallacieuses ».

Une interdiction de voyage de cinq ans, ordonnée par la justice saoudienne, reste en vigueur.

« Loudjaïne est à la maison ! », a déclaré l’une de ses soeurs, Lina, sur Twitter. Une autre de ses soeurs, Alia, a publié sur les réseaux sociaux une photo de Loudjaïne al Hathloul souriante dans le jardin de la maison familiale, bien qu’amaigrie et avec des mèches de cheveux grisonnantes.

Aucun commentaire n’a été effectué dans l’immédiat par des représentants saoudiens.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré sur Twitter se réjouir de la libération Loudjaïne al Hathloul et partager « le soulagement de sa famille ».

Des ONG et la famille d’Al Hathloul ont déclaré que la jeune femme, parmi les plus éminentes activistes saoudiennes, avait été victime d’abus, de torture et d’agressions sexuelles. Les autorités saoudiennes ont rejeté ces accusations.

Amnesty International a exhorté mercredi l’Arabie saoudite à traduire en justice les personnes responsables des actes de torture commis contre Loudjaïne al Hathloul et à garantir que cette dernière ne soit plus visée par aucune mesure punitive, telle qu’une interdiction de voyage.

La Maison blanche a déclaré que le président américain Joe Biden, qui veut adopter une position plus stricte à l’égard de Ryad que son prédécesseur Donald Trump, attend de l’Arabie saoudite qu’elle effectue des avancées en matière de respect des droits civiques. « La libérer était la chose à faire », a dit Joe Biden à propos de Loudjaïne al Hathloul.

Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a salué la libération de la jeune, a déclaré son porte-parole Stephane Dujarric.

(avec Raya Jalabi à Dubai, Michelle Nichols à New York, Susan Heavey et Steve Holland à Washington; version française Jean Terzian)



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