des images inédites montrées lors du procès de Donald Trump


Les procureurs démocrates ont diffusé mercredi 10 février de nouvelles images pour souligner la violence de l’assaut sur le Capitole, qui vaut à Donald Trump d’être jugé au Sénat pour « incitation à l’insurrection ».

Mêlant des extraits de caméra de surveillance aux vidéos mises en ligne par les émeutiers, ils ont rappelé aux 100 sénateurs, à la fois juges, jurés et témoins de ce procès historique, qu’ils avaient eux-mêmes échappé de peu « au pire ».

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Parmi les scènes inédites capturées par la vidéosurveillance figure notamment l’évacuation du vice-président Mike Pence, qui s’est déroulée alors que les intrus tentaient d’accéder à la chambre du Sénat.

Les images montrent aussi l’intervention de l’officier Eugene Goodman qui, en plus d’avoir détourné les manifestants de la chambre du Sénat – une vidéo devenue virale l’a montré –, a envoyé Mitt Romney se mettre en sécurité après l’avoir croisé dans un couloir.

Regardez ces images de vidéosurveillance dans le montage vidéo ci-dessous :

Les élus démocrates de la Chambre des représentants, chargés de porter l’accusation contre l’ancien président, ont aussi replacé l’assaut dans le contexte de la croisade post-électorale de Donald Trump qui a toujours refusé de concéder la victoire à Joe Biden. Jamie Raskin, qui supervise cette équipe, a lancé :

« Le président Trump n’a pas été le témoin innocent d’un accident mais a abandonné son rôle de commandant en chef pour devenir l’incitateur en chef d’une dangereuse insurrection. »Avant le procès en destitution de Trump, petit guide du lâche républicain

Le coup de force sanglant de ses partisans, au moment où le Congrès certifiait la victoire de son rival, n’est pas survenu « dans le vide » : « La hargne de la foule a été attisée pendant des mois par Donald Trump », a renchéri Joaquin Castro.

Les démocrates veulent marquer l’opinion

Installé en Floride, l’ancien magnat de l’immobilier a refusé de témoigner. Mais sa voix n’a cessé de retentir dans l’hémicycle de la chambre haute du Congrès, où ses accusateurs ont projeté de nombreux extraits de ses discours enflammés, reproduit ses tweets incendiaires, cité ses propos les plus polémiques.

Même s’ils ont peu de chances de convaincre deux tiers des sénateurs de le déclarer coupable – le seuil fixé par la Constitution –, les démocrates entendent marquer l’opinion lors de ces audiences retransmises en direct dans tous les Etats-Unis.

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« Le grand mensonge » : c’est ainsi qu’ils ont décrit la longue campagne de désinformation sur l’élection présidentielle entretenue par le 45e président américain qui a répété pendant des semaines, sans preuves, qu’il avait été victime de fraudes électorales massives.

Après l’échec de ses plaintes en justice et de ses multiples pressions sur les agents électoraux des Etats-clés, « le président Trump s’est retrouvé à court d’options non violentes pour se maintenir au pouvoir », a estimé l’élu Ted Lieu.

Il s’est alors tourné vers « des groupes qu’il a cultivés pendant des mois », comme le groupuscule d’extrême droite Proud Boys, dont plusieurs membres se trouvaient parmi les assaillants du Capitole, a ajouté sa consœur Stacey Plaskett, en rappelant que le président les avait appelés, en octobre, à « se tenir prêts ».

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Et le 6 janvier, il a appelé ses partisans à manifester à Washington. « Battez-vous comme des diables », a-t-il lancé à la foule, juste avant l’intrusion dans le temple de la démocratie américaine.

Donald Trump « a mis une cible sur leur dos »

Affirmer que l’ex-président pourrait être responsable des violences d’un « petit groupe de criminels » qui l’ont « absolument mal compris » est « tout simplement absurde », avaient insisté ses avocats par écrit lundi. En soulignant qu’il les avait « exhortés à rester pacifiques ».

« On a vérifié les 11 000 mots de son discours, le président n’a utilisé le terme pacifique qu’une seule fois, contre plus de 20 se battre », a rétorqué mercredi l’élue Madeleine Dean.

Pire, selon Stacey Plaskett, il a désigné à la vindicte son propre vice-président Mike Pence, qui avait refusé de stopper la certification du résultat des élections, ou la cheffe des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi.

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Il « a mis une cible sur leur dos et la foule a fait intrusion dans le Capitole pour les chasser », a-t-elle lancé, en montrant des images d’une potence érigée face au bâtiment, de manifestants appelant à « pendre » Mike Pence, d’autres appelant, menaçant, « Naaancy, Naaancy… » dans les couloirs du Congrès.

Leur exposé des faits a été salué par le sénateur républicain John Thune. « Ils ont fait un bon travail pour souligner les liens… pour remonter le temps », a-t-il déclaré à des journalistes lors d’une interruption de séance.

« Tout l’été, les gens ont fait ce genre de choses », a toutefois minimisé son confrère Roy Blunt, en référence aux grandes manifestations antiracistes qui, parfois, ont été émaillées de violences.

Trump a toujours la cote dans une partie de l’électorat

Donald Trump reste très populaire dans une partie de l’électorat et exerce encore une forte influence sur le parti républicain.

Si une poignée de sénateurs du Grand Old Party se sont dits prêts à le condamner, et que certains lui ont imputé une responsabilité dans l’attaque, il semble peu probable que dix-sept d’entre eux joignent leur voix aux démocrates pour le déclarer coupable, et in fine le rendre inéligible.

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L’audience a été ajournée en début de soirée. L’accusation reprendra son exposé jeudi, avant le tour de la défense qui disposera également d’un maximum de deux jours.

Même si Donald Trump est acquitté, comme il y a un an lors de son premier procès en destitution, son horizon judiciaire restera chargé : en plus des investigations sur ses affaires menées à New York, une procureure de Géorgie a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur les pressions qu’il a exercées sur des responsables électoraux de cet Etat-clé.





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