La plaidoirie lunaire de l’avocat de Trump lors de son deuxième procès en destitution


Une plaidoirie retentissante… mais pas en faveur de son client. Bruce Castor, l’un des deux avocats défendant Donald Trump lors de son procès en destitution, a effectué une intervention très critiquée au premier jour des audiences, mardi. En cause : d’innombrables digressions qui ont perdu à la fois les démocrates et les républicains et, selon le « New York Times », profondément énervé Trump lui-même.

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Entre autres remarques surprenantes, Bruce Castor a admis que la présentation des faits par la partie adverse était « bien faite » et que cela l’avait conduit à changer ses plans au dernier moment. Ou encore qu’il se sentait « perdu » dans le Capitole comme lorsqu’il y travaillait « il y a quarante ans ».

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Ses métaphores, telles que « la pendule politique va bouger », n’ont pas vraiment fait mouche. Il s’est aussi attardé sur certains choix de certaines formules, expliquant pourquoi il parlait « d’ouvrir les vannes » plutôt que de « libérer la tempête », expression « biblique » qu’il a manifestement confondue avec « récolter la tempête ».

Trump énervé par la prestation de son avocat

Bruce Castor, 59 ans, fut longtemps procureur d’un comté de Pennsylvanie, et a rejoint in extremis la défense de l’ancien président après la démission de cinq avocats. A la sortie de l’hémicycle, les démocrates ne se sont pas privés d’ironiser. « Je vais relire la transcription pour voir si je peux trouver un passage cohérent », a notamment lancé le sénateur Richard Blumenthal.

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« Il parlait pour ne rien dire », a déclaré le sénateur républicain John Cornyn. « J’ai entendu beaucoup d’avocats plaider et ce n’était pas l’un des meilleurs », a-t-il encore assené. Sa consœur, la sénatrice Lisa Murkowski s’est, elle, dite « atterrée » : « Je ne vois pas où il voulait en venir ».

« Les arguments de la défense étaient faibles et alambiqués, c’est le moins qu’on puisse dire », a ajouté l’élu de la Chambre des Représentants Adam Schiff sur Twitter, où les internautes se sont aussi déchaînés contre l’avocat, l’un d’eux se demandant s’il avait reçu son diplôme « dans un distributeur de chewing-gum ».

A en croire deux sources anonymes citées par CNN, Donald Trump lui-même était à deux doigts de crier en l’écoutant. Et d’après le « New York Times », sur une échelle de l’énervement allant de 1 à 10, l’ex-chef d’Etat se situait à « ».

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Pas déstabilisé par ces critiques, Bruce Castor a déclaré à la presse que « la journée avait été bonne » et qu’il « ne changerait rien » lors des prochaines audiences.

Le Sénat juge Donald Trump pour « incitation à l’insurrection » en lien avec l’assaut meurtrier sur le Capitole le 6 janvier. Le procès semble joué d’avance, une majorité des deux tiers, quasi inatteignable, étant nécessaire pour un verdict de culpabilité.





nouvelobs

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