En libraire de cinéma depuis le mois de janvier 2021



La Septième porte Une histoire du cinéma au Maroc de 1907 à 1986 de Ahmed Bouanani © 2021 Kulte Gallery Éditions
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Au mois de novembre dernier, les libraires étaient parmi les premiers et les plus virulents à contester la fermeture de leurs commerces par ordre du gouvernement, sous prétexte qu’ils ne relèvent pas des besoins essentiels. Leur mobilisation a manifestement porté ses fruits, puisque l’on peut à nouveau se plonger dans les innombrables ouvrages édités chaque mois en France, tandis que les salles obscures sont à leur quatrième mois de chômage imposé. Mieux encore, en termes de chiffre d’affaires, le marché du livre perd à peine plus de 3 % sur l’année horrible 2020, là où l’industrie du cinéma a fait vingt fois moins bien !

On ignore par contre à combien s’élève la part de marché du livre de cinéma dans cette filière, après tout pas tant à plaindre dans le contexte économique actuel. Cela ne doit sans doute pas chiffrer bien haut. Toujours est-il que les éditeurs français, pour certains pas forcément spécialisés en la matière, nous ont une fois de plus concocté en ce début d’année un beau florilège de plaisirs intellectuels.

Notre liste ne prétend toujours pas à l’exhaustivité, surtout à cause d’une politique de sorties très hétéroclite. Celle-ci se voit mélanger grandes maisons d’éditions et petits éditeurs confidentiels. De cette absence d’organisation centralisée résulte de même notre point de vue récapitulatif des livres d’ores et déjà présents sur les étagères des librairies. Faute de moyens de promotion d’envergure pour les structures les plus fragiles, il s’avère en fait assez hasardeux de s’aventurer par exemple sur les futures publications. En effet, on ne peut jamais en être très sûr, jusqu’à ce qu’on puisse concrètement les feuilleter chez le marchand de bouquins qui ose les proposer.

Pour le mois de janvier 2021, notre liste s’est arrêtée par hasard à 31 livres français, c’est-à-dire en moyenne théorique un par jour. Certes, à moins de disposer des capacités intellectuelles d’un Bernard Pivot, vous n’allez jamais trouver le temps, ni au demeurant l’argent, de venir à bout de ce florilège d’approches du cinéma par la parole écrite. Et puisque nous n’en avons lu aucun jusqu’à présent, il ne nous appartient guère de vous faire croire que chacun d’entre eux vaille le détour. Néanmoins, dans l’ensemble, on ne peut que se féliciter de la vitalité globale du marché du livre de cinéma en France. Un marché de niche, soit, mais un moyen détourné et oh si précieux de poursuivre notre passion du cinéma par d’autres moyens en ces temps incertains !

La Transgression selon David Cronenberg de Fabien Demangeot © 2021 Playlist Society Tous droits réservés

Biographies

Biographie ou monographie ? Chaque mois, on se trouve face au même dilemme. Ayez donc de la clémence, s’il vous plaît, si notre répartition ne vous paraît pas trop probante. Disons que pour l’instant, la biographie relève plus du champ de l’autobiographie, forcément, ainsi que de récits qui ont l’air de s’intéresser plus à la vie qu’à l’œuvre des personnalités du cinéma évoquées. Tandis que dans les monographies, ce seraient davantage les films qui seraient passés au crible d’une analyse plus ou moins ingénieuse. A première vue, une distinction facile à opérer, non ? Peut-être pas tant que ça, au vu des ouvrages qui s’emploient à brouiller volontairement les cartes de leur appartenance générique.

Depuis le mois de janvier, vous aurez l’embarras du choix à partir du discours toujours aussi passionnément singulier de l’actrice Ariane Ascaride, la muse éternelle du réalisateur Robert Guédiguian, qui conte sa vie par le biais de lettres envoyées à feu son père. La démarche de Sarah Biasini est à peine moins complexe. Elle cherche à se réapproprier sa mère, la légendaire actrice autrichienne Romy Schneider, disparue tragiquement alors que sa fille n’avait même pas cinq ans.

Deux monstres sacrés du cinéma français des années 1930 et ’40 ont également l’honneur d’une biographie plus ou moins fournie. Pour l’immense Louis Jouvet, la vedette de La Kermesse héroïque de Jacques Feyder, des Bas-fonds de Jean Renoir, de Drôle de drame et Hôtel du Nord de Marcel Carné, de Quai des orfèvres de Henri-Georges Clouzot et de tant d’autres films majeurs, ce sera chez Gallimard au format poche en plus de quatre-cents pages. Quant à Maria Casarès, inoubliable dès son premier film Les Enfants du paradis de Marcel Carné, la confidente de Albert Camus et de Gérard Philippe fait brûler sa flamme ibérique d’une grande artiste dans un livre un peu moins volumineux, chez Stock.

Toutefois, les trois livres qui nous intriguent le plus ce mois dans cette partie arbitraire des biographies, ce sont ceux consacrés au producteur français Bernard Natan, au réalisateur chilien Patricio Guzman, ainsi qu’à la relation passionnelle entre les plus grandes vedettes du cinéma hollywoodien de la fin des années ’30 Carole Lombard et Clark Gable.

Hélas largement oublié de nos jours, Bernard Natan était venu en son temps, dans l’entre-deux-guerres, à la rescousse de Pathé avant d’être exterminé à Auschwitz treize ans plus tard. Patricio Guzman est l’un des plus formidables chroniqueurs de son pays, comme l’a prouvé une fois de plus en octobre 2019 son magnifique documentaire La Cordillère des songes. Enfin, Lombard et Gable n’ont pas pu profiter longtemps du grand amour, puisque l’actrice de To Be or Not To Be de Ernst Lubitsch s’était tuée dans un accident d’avion en janvier 1942 à seulement 33 ans. Un destin romantique sur lequel Vincent Duluc, journaliste au journal sportif L’Équipe, revient sous forme de roman.

Ariane Ascaride : Bonjour Pa Lettres au fantôme de mon père de Ariane Ascaride (Éditions du Seuil – 15€)

Maria Casarès : L’Unique Maria Casarès de Anne Plantagenet (Stock – 20€)

Clark Gable et Carole Lombard : Carole & Clark de Vincent Duluc (Stock – 18€50)

Patricio Guzman : Patricio Guzman Une histoire chilienne de Julien Joly (L’Harmattan – 26€)

Louis Jouvet : Louis Jouvet de Olivier Rony (Gallimard – 9€70)

Bernard Natan : Le Fantôme du cinéma français de Philippe Durant (La Manufacture de livres – 17€90)

Romy Schneider : La Beauté du ciel de Sarah Biasini (Stock – 19€)


Le Livre de mes rêves de Federico Fellini © 2021 Flammarion Tous droits réservés

Monographies

Les lieux culturels en général et les cinémas en particulier sont fermés en France depuis fin octobre. Pourtant, le rythme des impressions des livres de cinéma continue presque comme si de rien n’était. Par conséquent, pas moins de trois ouvrages viennent de sortir qui auraient dû coïncider avec des expositions, elles aussi empêchées. La rétrospective au Centre Pompidou de la réalisatrice américaine Kelly Reichardt, dont on attend avec impatience le nouveau film First Cow, a été repoussée à l’automne. Qu’à cela ne tienne, son catalogue a visiblement déjà été publié. De même pour deux fascicules qui étaient censés accompagner l’ouverture du Musée Méliès à la Cinémathèque Française, retardée indéfiniment. Le premier magicien de l’Histoire du cinéma avait déjà fait l’objet d’un beau livre de Laurent Mannoni, sorti chez Flammarion en novembre dernier.

Ce décalage involontaire entre différents supports culturels n’est par contre rien en comparaison avec un autre qu’on a déjà beaucoup plus de mal à s’expliquer. Car le centenaire du maestro Federico Fellini avait bel et bien eu lieu il y a un an, en janvier 2020. Or, ce ne sont pas moins de trois livres qui reviennent en ce début d’année ’21 sur son œuvre à forte influence onirique. En France, vous pourriez explorer, des esquisses du réalisateur italien à l’appui, son carnet de notes dans lequel il immortalisait chaque matin les excursions nocturnes de son subconscient. Et en Italie, une analyse revient précisément sur ce livre de rêves – quelle belle mise en abîme, à condition que vous lisiez l’italien ! –, alors que l’autre s’intéresse à son côté anarchiste.

L’éditeur et distributeur bordelais Capricci fait très fort en ce début d’année, puisqu’il nous sort deux livres sur des réalisateurs à la complémentarité exemplaire. Là où l’Italien Marco Ferreri était avant tout un roi de la provocation – La Grande bouffe, le film à scandale du Festival de Cannes en 1973, c’était lui –, le cinéma du Français Jean-Pierre Melville fait jusqu’à ce jour des adeptes inconditionnels grâce à sa maîtrise narrative hors pair.

Pour le premier, l’historienne Gabriela Trujillo revient sur le côté absurde de ses films dans le premier livre en langue française dédié à la filmographie complète du réalisateur du Lit conjugal. Peu de temps avant sa mort en août 1973, Jean-Pierre Melville s’était prêté à l’exercice de l’entretien-fleuve avec Rui Nogueira. Ce livre culte est enfin réédité, pour le plus grand plaisir des admirateurs de L’Armée des ombres. Une ressortie qui aurait dû se faire, là encore, en parallèle de celle par Carlotta de la version restaurée du Cercle rouge, l’avant-dernier film du maître.

Enfin, la cible des monographies hivernales devient un peu plus grand public avec les livres revenant sur les traces de Jackie Chan, de David Cronenberg et de Aaron Sorkin. A moins d’opter pour l’obscurité qui n’attend que d’être redécouverte dans le cas de l’essai du réalisateur de courts-métrages documentaires Jean-Claude Rousseau.

Le style d’écriture de la quête de son idole Jackie Chan par François Barge-Prieur nous paraît plus léger, à déguster sous différents formats d’impression selon les habitudes de l’éditeur lillois LettMotif. Est-ce que l’étude sur la figure de la transgression chez Cronenberg, parue chez Playlist Society, nous fera oublier le livre référence sur l’étrange réalisateur canadien par Serge Grünberg ? Et puis, jusqu’où ira le réalisateur et scénariste Aaron Sorkin aux prochains Oscars avec son nouveau film Les Sept de Chicago, disponible sur Netflix ? En attendant le verdict, vous pourriez vous familiariser davantage avec son univers souvent médiatique dans le livre de Mathieu Demaure, également chez LettMotif.

Jackie Chan : Sur les traces de Jackie Chan de François Barge-Prieur (Éditions LettMotif – 18€)

David Cronenberg : La Transgression selon David Cronenberg de Fabien Demangeot (Playlist Society – 14€)

Federico Fellini : Le Livre de mes rêves de Federico Fellini (Flammarion – 45€)

Marco Ferreri : Marco Ferreri Le Cinéma ne sert à rien de Gabriela Trujillo (Capricci – 18€)

Georges Méliès : Musée Méliès La Magie du cinéma de Collectif (Flammarion / La Cinémathèque Française – 14€90)

Georges Méliès : La Nuit magique de Monsieur Méliès de Julien Tauber (Flammarion – 14€)

Jean-Pierre Melville : Le Cinéma selon Jean-Pierre Melville Entretien avec Rui Nogueira Réédition augmentée (Capricci – 22€)

Kelly Reichardt : Kelly Reichardt L’Amérique retraversée de Judith Revault d’Allonnes (De l’incidence / Éditions du Centre Pompidou – 18€)

Jean-Claude Rousseau : Les Draps pliés du grand lit de Jean-Claude Rousseau (Les Éditions de l’œil – 10€)

Aaron Sorkin : Trajectoires d’Aaron Sorkin de Mathieu Demaure (Éditions LettMotif – 24€)


Plus long le chat dans la brume de Emmanuelle Jay © 2021 Les Éditions Adespote Tous droits réservés

Thématiques du cinéma

On aime le cinéma, passionnément. Et c’est aussi pour cela qu’il nous manque en ce moment, douloureusement. Pour mieux comprendre le pourquoi du comment, au moins trois livres de notre sélection mensuelle s’intéressent à la question de la cinéphilie au sens large. Tandis que les accumulations de titres de films, comme dans le livre de Jean-Baptiste Toussaint chez Michel Lafon, ont plutôt tendance à nous laisser sur notre faim et qu’on a déjà dû croiser le chemin d’une édition précédente de Qu’est-ce qu’un bon film ? de Laurent Jullier lors de nos études de cinéma lointaines, les mémoires sur un demi-siècle de cinéphilie par Michel Mourlet nous paraissent plus dignes d’intérêt.

A priori le plus beau livre de cinéma du mois est l’épique Histoire du cinéma marocain de Ahmed Bouanani. Il s’agit certes d’un livre testament, l’auteur nous ayant quittés il y a dix ans, ce qui réduit d’emblée le champ des films traités. Mais par l’originalité de son sujet et le soin apporté à son exécution par Kulte Gallery Éditions, plus actif du côté des livres d’art, il a de quoi se distinguer ne serait-ce qu’un chouïa de la concurrence, elle aussi de qualité !

Admettons-le, on n’a pas très bien saisi la ligne directrice du livre que Thomas Morales a rédigé autour des trois monstres sacrés du cinéma français que sont Jean-Pierre Marielle, Philippe De Broca et Jean-Paul Belmondo. Peut-être de cette liberté de style un ouvrage incontournable naîtra-t-il ? Ou bien, l’auteur s’y complaît-il à s’entendre divaguer ? Toutes les options sont sur la table avec cet objet littéraire difficile à classer.

Avec les maths et le montage, vous risquerez sensiblement moins de vous fourvoyer. Grâce aux livres de Jérôme Cottanceau chez Dunod, pas exclusivement à réserver aux esprits à l’aise avec les chiffres, et de la supposée fan de chats Emmanuelle Jay chez les Éditions Adespote, vous passerez dans tous les cas des moments forts ludiques. Enfin, l’éditeur italien Gremese vient de nous sortir un fascicule qui traite moins de la figure du vampire Dracula en général que du chef-d’œuvre du cinéma baroque, réalisé par Francis Ford Coppola en 1992, en particulier.

Appréciation : Qu’est-ce qu’un bon film ? de Laurent Jullier, 3ème édition enrichie (Armand Colin – 13€90)

Cinéphilie : 100 films 100 histoires de Jean-Baptiste Toussaint (Michel Lafon – 19€95)

Cinéphilie : Survivant de l’âge d’or Textes et entretiens sur le cinéma 1970-2020 de Michel Mourlet (Les Éditions de Paris – 18€)

Dracula : Dracula de Anna Berra (Gremese – 19€50)

Jean-Pierre Marielle, Philippe De Broca, Jean-Paul Belmondo : Ma dernière séance de Thomas Morales (Éditions Pierre-Guillaume de Roux – 15€)

Maroc : La Septième porte Une histoire du cinéma au Maroc de 1907 à 1986 de Ahmed Bouanani (Kulte Gallery Éditions – 25€)

Mathématiques : Les Maths font leur cinéma de Jérôme Cottanceau (Dunod – 19€90)

Montage : Plus long le chat dans la brume de Emmanuelle Jay, 2ème édition revue et augmentée (Les Éditions Adespote – 14€90)


© 2021 Presses Universitaires du Septentrion Tous droits réservés

Pour les esprits universitaires

Si vous avez lu notre modeste chronique littéraire jusque-là, on peut considérer que vous disposez d’un certain niveau d’endurance intellectuelle. Ces livres publiés en somme par et pour des universitaires pourraient alors vous intéresser. On y trouve certes souvent toutes sortes de théories fumeuses et d’analyses cruellement pointues. Mais ce goût pour l’exigence pointilleuse, visiblement répandu en France, peut parfois produire des livres fort intéressants.

A voir si vous en trouverez parmi cette demi-douzaine de livres aux titres pas trop tortueux … Sur le papier, on voudrait en tout cas en savoir plus sur la figure du rideau chez Hitchcock – probablement le réalisateur majeur le plus interprété dans tous les sens imaginables –, sur les mystères relevés lors d’un colloque chez le maître de l’horreur à l’italienne Dario Argento, voire sur la thématique qui nous tient tous en étau depuis bientôt un an, la pandémie.

On monte cependant d’un cran en termes d’austérité théorique avec le livre de préparation à l’agrégation autour du chef-d’œuvre du cinéma muet, Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau, celui sur la représentation de l’ordinaire au cinéma et le deuxième volume des études sur la critique d’art au cinéma, paru grâce au travail de l’université de Lille.

Alfred Hitchcock : Les Jeux de rideau d’Alfred Hitchcock de Lydie Decobert (L’Harmattan – 21€50)

Critique : La Critique d’art à l’écran Tome 2 sous la direction de Sylvain Dreyer et Dominique Vaugeois (Presses Universitaires Septentrion – 24€)

Dario Argento : Quand soupirent les mystères de Collectif (Rouge Profond – 20€)

Nosferatu le vampire : Nosferatu le vampire de Paola Palma et Dimitri Vezyroglou (Atlande – 19€)

Pandémie : Pandémies au cinéma 1919 – 2019 Un siècle d’anticipation de Julien Ortéga (L’Harmattan – 23€)

Représentation : L’Ordinaire au cinéma de Arnaud Guigue (CNRS Éditions – 22€)


Just as I am A Memoir de Cicely Tyson et Michelle Burford © 2021 Harper Collins Publishers Tous droits réservés

Bookworm y Leseratte

Un livre, un jour : on l’a déjà dit pour résumer tout ce que les valeureux éditeurs français ont eu le courage de nous sortir en janvier. Si votre boulimie de lecture arrive à vous porter encore plus loin et si vous disposez des connaissances linguistiques requises, ces près de vingt livres publiés au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et en Espagne sont faits pour vous. La prétention à l’exhaustivité n’a évidemment plus aucune raison d’être à ce niveau-là, puisque chaque mois, des centaines de livres de cinéma sortent certainement à travers le monde. A se demander, si l’on voulait faire preuve d’un pessimise féroce, qu’est-ce que cette partie-là de l’industrie de l’édition deviendrait, si jamais le cinéma comme forme sociale de réception de films à l’ancienne était emporté par la crise sanitaire ?

Trêve de morosité, cette sélection internationale nous ferait presque encore plus envie que son pendant français ! Une place de choix y est faite aux actrices. D’abord par le biais des autobiographies de deux comédiennes, de véritables écorchées vives, qui appartiennent pourtant à des mondes et des générations diamétralement opposés. Dommage alors que de celle de l’actrice et réalisatrice italienne Asia Argento, les médias n’aient retenu que ses accusations de harcèlement sexuel envers le réalisateur Rob Cohen. Tout comme le point le plus important de l’existence longue de près d’un siècle de l’icône du cinéma afro-américain Cicely Tyson aurait été qu’elle décède au surlendemain de la publication de ses mémoires.

Sont également mises à l’honneur les femmes fortes que sont l’actrice américaine Joan Crawford, au parcours plus nuancé que la mini-série récente « Feud » de Ryan Murphy voudrait le faire croire, sa consœur française Isabelle Huppert, en route pour une nomination au César de la Meilleure actrice grâce à La Daronne de Jean-Paul Salomé – ce serait sa quinzième ! – et l’actrice et réalisatrice espagnole Iciar Bollain, dont on attend avec impatience la sortie au cinéma en France du Mariage de Rosa.

Enfin, s’y côtoient dans le désordre les figures indémodables du cinéma d’hier, comme Charles Chaplin avec à titre exceptionnel un livre sur l’un de ses films les moins aimés L’Opinion publique, Jean Renoir dans un livre italien en guise d’écho très tardif à l’exposition sur laquelle la Cinémathèque Française avait élu domicile à Bercy en 2005 et l’acteur américain Boris Karloff, lui aussi à contre-emploi dans ses rôles plus exotiques qu’horrifiques. De même pour les monstres sacrés plus proches de notre génération : le « grand » Sylvester Stallone d’après l’avis de l’auteur italien Diego Gabutti, l’enjoué Tim Burton toujours aussi populaire chez nos voisins transalpins, ainsi que le réalisateur français Michel Gondry, dont les objets curieux parsemé dans ses films ont visiblement fait forte impression en Allemagne.

Asia Argento : Anatomia di un cuore selvaggio de Asia Argento (Edizioni Piemme – 18€90)

Blanche Neige et les sept nains : Snow White and the Seven Dwarfs New Perspectives on Production, Reception, Legacy de Chris Pallant et Christopher Holliday (Bloomsbury Academic Publishing – 95£)

Iciar Bollain : Iciar Bollain de José Luis Sanchez Noriega (Ediciones Catedra – 15€)

Tim Burton : Tim Burton L’oscura stanza dei giochi de Mario Grossi (Castel Negrino – 14€90)

Charles Chaplin : Charlie Chaplin and A Woman of Paris de Wes D. Gehring (McFarland – 49$95)

Couleur : Film Farbe Fläche Ästhetik des kolorierten Bildes im Kino 1895-1930 de Jelena Rakin (Schüren Verlag – 29€90)

Joan Crawford : Joan Crawford Damnatio memoriae di una stella de Davide Steccanella (Edizioni Ghibli – 14€)

Widerständige Nostalgie Osteuropäische Film- und Fernsehkulturen 1965-2013 de Nicole Kandioler
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Égypte : Orientalische Bilder und Klänge de Henriette Bornkamm (Schüren Verlag – 29€90)

Europe de l’Est : Widerständige Nostalgie Osteuropäische Film- und Fernsehkulturen 1965-2013 de Nicole Kandioler (Transcript Verlag – 35€)

Federico Fellini : Fellini anarchico de Goffredo Fofi (Edizioni Eleuthera – 13€)

Federico Fellini : Fellini onirico de Monica Vincenzi et Luigi Casa (Armando Editore – 18€)

Michel Gondry : Von Hand gemacht Zum Werk von Michel Gondry de Michael Fleig (Verlag Königshausen & Neumann – 32€)

Isabelle Huppert : Isabelle Huppert Stardom Performance and Authorship de Darren Waldron (Bloomsbury Academic Publishing – 96£)

Boris Karloff : Karloff and the East de Scott Allen Nollen (McFarland – 55$)

Jean Renoir : Due Renoir Padre e figlio de Elisabetta Lodoli (Edizioni Primavera – 16€)

Sylvester Stallone : Il grande Sly de Diego Gabutti (Milieu Edizioni – 15€90)

Cicely Tyson : Just as I am A Memoir de Cicely Tyson et Michelle Burford (Harper Collins Publishers – 28$99)

Marco Ferreri Le Cinéma ne sert à rien de Gabriela Trujillo © 2021 Capricci Tous droits réservés



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