Dissous l’an dernier, le CCIF dépose un recours devant le Conseil d’Etat


Le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF) a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour contester sa dissolution par le gouvernement après l’assassinat de Samuel Paty, dénonçant un « acharnement », a annoncé jeudi 4 février son avocat.

Dans son recours, déposé dimanche dernier après avoir été annoncé en décembre, le CCIF estime que la dissolution prononcée par décret le 2 décembre est une mesure « politique » et le fruit d’un « détournement de pouvoir manifeste » de la part du gouvernement, souligne Me Sefen Guez Guez dans un communiqué.

Le CCIF, « ennemi de la République » ?

Rappelant que le gouvernement a motivé cette dissolution en reprochant notamment « au CCIF de dénoncer – à raison – un racisme d’Etat », le collectif fustige dans son recours une atteinte à la liberté d’expression et au droit de critiquer un Etat, des droits protégés par la jurisprudence européenne.

Une plainte contre Darmanin

Il dénonce également la « fausse accusation infamante » du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui avait déclaré que le CCIF était « directement lié » à l’attaque contre Samuel Paty – une accusation jamais étayée depuis.

Le CCIF a porté plainte en diffamation contre Gérald Darmanin devant la Cour de Justice de la République (CJR), a rappelé son avocat. Le ministre avait décrit le collectif comme une « officine islamiste » œuvrant « contre la République » et contre laquelle il fallait « arrêter d’être naïf ».

Le CCIF est-il vraiment le « cheval de Troie » de l’islamisme ?

Me Guez Guez avait à l’époque dénoncé des « calomnies » et « une dissolution uniquement politique ».

La dissolution du CCIF avait été prononcée par Gérald Darmanin dans la foulée de la décapitation, le 16 octobre, de Samuel Paty par un jeune extrémiste islamiste. Avant même cette mesure, le collectif avait annoncé s’être autodissous et avoir redéployé des activités à l’étranger.

Outre le CCIF, deux autres structures accusées par le gouvernement de proximité avec l’islam radical ont été dissoutes après la mort de Samuel Paty : l’ONG BarakaCity et le collectif Cheik Yassine.





nouvelobs

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