La plateforme anti-discriminations annoncée par Macron lancée mi-février


« Aujourd’hui, quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé […] On est identifié comme un facteur de problèmes et c’est insoutenable. » Interviewé par « Brut » le 4 décembre dernier, dans un contexte marqué par l’affaire Michel Zecler, ce producteur de musique noir tabassé par des policiers, Emmanuel Macron avait promis de mettre en place une plateforme anti-discriminations.

Selon les informations de « Franceinfo », elle devrait voir le jour à la mi-février. Auprès de « Brut », le chef de l’Etat avait déclaré :

« Le seul moyen de bouger, c’est de faire ce qu’on a su faire sur d’autres violences : mettre en place une plateforme commune pour que les gens puissent dénoncer de manière très simple, unique et nationale ».

La mise en place de cette plateforme a été confiée à la ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Egalité des chances, Elisabeth Moreno. « Il n’aurait pas été imaginable pour nous que cet outil soit aux mains de l’Intérieur et donc de la police, au regard du manque de confiance pas incomplètement infondé qu’elle suscite », souligne un responsable associatif à Franceinfo.

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Ce sont les services de la défenseure des droits, Claire Hédon, qui géreront cette nouvelle plateforme, en lien avec l’Etat et les associations de lutte contre les discriminations.

Consultation citoyenne

La plateforme ne sera pas cantonnée aux problèmes de contrôles de forces de l’ordre abusifs ou de discriminations à caractère raciste. « Toutes les formes de discrimination pourront faire l’objet d’un signalement », indique le ministère, qu’il s’agisse d’emploi, de logement ou de vie quotidienne.

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Concrètement, « l’idée est qu’il puisse y avoir en premier rideau une écoute téléphonique, et en deuxième rideau la possibilité de contacter un juriste. » Concernant les moyens mis en œuvre, le ministère n’a pas donné plus de précisions.

Outre cette plateforme de signalement, Emmanuel Macron a promis l’ouverture d’une consultation citoyenne anonyme pendant deux mois. Elle devrait être lancée environ deux semaines après la plateforme de signalement. Avec cette consultation, « l’objectif est d’avoir une cartographie parfaite de la perception des Français sur la question des discriminations », estime le ministère. Elle permettra de tester des pistes de mesures à mettre en place. Un rapport « avec des mesures concrètes » sera ensuite soumis au Premier ministre.





nouvelobs

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