ce sondage qui change la donne pour Jadot et Hidalgo



C’est un sondage qui devrait réconforter les partisans de l’union de la gauche et donner quelques motifs d’espoir à Yannick Jadot et Anne Hidalgo. Selon une enquête Ipsos-Sopra Steria réalisée pour « l’Obs » et France Info, la gauche et les écologistes, à condition de s’unir, peuvent imaginer perturber le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle.

Fait notable, en cas d’alliance entre Europe Ecologie-les Verts et le Parti socialiste, l’eurodéputé Yannick Jadot (17 %) réaliserait un meilleur score que la maire de Paris Anne Hidalgo (16 %) au premier tour. Un niveau encore jamais atteint par un candidat écologiste, qu’il convient de prendre avec précaution à quinze mois du scrutin.

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Divisée, la gauche laminée

Premier enseignement du sondage : une gauche en miettes n’a pas la moindre chance. Dans l’hypothèse, peu probable, où les personnalités les plus proches d’une candidature se présentent en ordre dispersé, aucune n’atteint les 10 % des intentions de vote. Jean-Luc Mélenchon (9 %) devance Anne Hidalgo (8 %), Yannick Jadot (7 %) et Arnaud Montebourg (4 %). Tous seraient alors très loin derrière Emmanuel Macron (24 %) et Marine Le Pen (25 %).

Si l’ex-ministre du Redressement productif n’est pas candidat, c’est encore le leader de La France insoumise qui domine la gauche (10 %), juste devant la maire de Paris (9 %) et Yannick Jadot (7,5 %). Et si Eric Piolle est désigné par les écolos, il ne remporte que 2 % des intentions de vote, derrière Anne Hidalgo (12 %) et Jean-Luc Mélenchon (10 %). A ce stade, le maire de Grenoble souffre d’un déficit de notoriété trop grand pour se bâtir un destin national.

Bref, sans rassemblement, avec au moins trois candidats en lice, et quelles que soient les configurations, la gauche et les écologistes courent au désastre.

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Unie, la gauche dans le jeu

En revanche, l’affaire pourrait être différente en cas de rapprochement entre écologistes et socialistes. Si elle est soutenue par EELV, Anne Hidalgo rassemble 16 % des intentions de vote. Emmanuel Macron (25 %) et Marine Le Pen (25 %) restent loin devant mais l’élue parisienne fait jeu égal avec Xavier Bertrand (16 %) et devance Jean-Luc Mélenchon (9 %).

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A l’inverse, avec l’adhésion des socialistes, Yannick Jadot fait un peu mieux que sa rivale parisienne en récoltant 17 % des intentions de vote. En candidat de l’union, l’eurodéputé devient même le troisième homme du scrutin, derrière Emmanuel Macron (25 %) et Marine Le Pen (25 %) mais devant Xavier Bertrand (15 %) et Jean-Luc Mélenchon (9 %). Suffisant pour emporter la primaire écolo ? Peut-être. Assez pour convaincre le parti à la rose ? Rien n’est moins sûr.

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Quinze mois avant l’élection, avec Mélenchon pour seul candidat déclaré et en l’absence de dynamique, ces estimations ne valent pas plus qu’une photographie de début de campagne. Elles confirment toutefois une tendance de fond : la nouvelle place acquise par les Verts dans le paysage politique après leur percée aux européennes (13,48 %) et la conquête de sept métropoles aux municipales.

Un niveau inédit pour EELV

C’est même la première fois qu’un sondage présidentiel place un candidat écolo aussi haut et au coude-à-coude avec le rival socialiste. Il faut remonter à mai 2011 pour trouver trace d’un niveau comparable. En pleine affaire DSK, Nicolas Hulot récolte alors jusqu’à 13 % des intentions de vote. On connaît la suite. Deux mois plus tard, l’animateur d’« Ushuaïa » est battu à la primaire par Eva Joly. L’ancienne magistrate sera donnée à 10 % par certains instituts avant de s’effondrer à 2,31 % des voix au premier tour.

Un écolo peut-il faire mieux, cette fois ? L’opportunité de déjouer le duel Macron-Le Pen poussera-t-elle les candidats et les états-majors à l’union ? A La France insoumise, on rappellera qu’en 2017 Jean-Luc Mélenchon avait attiré à lui le gros des électeurs de gauche, tandis que le tandem Hamon-Jadot se crashait dans les grandes largeurs… D’ici 2022, les résultats des élections régionales, où Verts et roses feront bande à part, donneront une nouvelle tendance du rapport de force à gauche. L’élection en Ile-de-France, où l’ex journaliste Audrey Pulvar défie le patron d’EELV Julien Bayou, devrait même constituer un test grandeur nature.





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