A Madrid, Rome ou Chicago, les restaurants rouvrent



La fronde organisée le 1er février par les restaurateurs français a fait pschitt. Ou presque. Révoltés par des mois de fermeture à cause de la pandémie, affligés par des chiffres d’affaires en berne, certains patrons avaient décidé de braver l’interdit. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, les avait mis en garde, le matin même, au micro de RTL: « Tous les établissement qui resteront ouverts seront suspendus pendant un mois de l’accès au fonds de solidarité et si jamais il y a récidive, ils n’y auront plus accès du tout. »  Il n’y a pas que la France à compter des irréductibles. Tandis que la distanciation sociale obligatoire s’éternise, des protestations, parfois violentes, se sont multipliées depuis l’automne partout dans le monde. Etats-Unis, Italie, Allemagne, Canada…

Ouvertures clandestines en Alberta

Dans la lointaine Alberta, les ouvertures clandestines ont été beaucoup couvertes par les médias locaux, surtout depuis que les autorités ont annoncé un assouplissement progressif des mesures sanitaires, courant février. Samedi 30 janvier, la chaîne CTV news s’est intéressée au pionnier, le « Whistle Stop Café », situé dans le petit village de Mirror. Corrina Fischer, la gérante, estimait à une centaine le nombre des clients venus déjeuner ce jour-là. Menacé de rétorsions financières et administratives, le patron Christopher Scott s’était,

lui, justifié quelques jours auparavant sur les ondes de Radio Canada, après avoir ouvert une semaine d’affilée. “Au point où j’en suis, je leur dis: ‘Allez-y, donnez-moi une amende. Vous avez déjà détruit mon entreprise et toutes mes économies ont disparu.’” Un désespoir en écho de celui de beaucoup d’autres.

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C’est pourquoi certains pays où la pandémie est en léger recul, ont lâché la bride dans les régions les moins menacées par le virus. En Italie, 16 régions sur les 20 sont passées en zone jaune, entendez à risque modéré, dont celle de Rome. Depuis hier, 1er février, les restaurants ont pu accueillir du public assis, et ne plus se limiter aux formules à emporter. En revanche, le couvre-feu, national, continue de s’appliquer de 22 heures à 5 heures du matin. L’Espagne, elle, a choisi de rouvrir ses restaurants, terrasses et bars, malgré la flambée du nombre de nouveau cas (30.000 par jour). La raison invoquée: l’économie est exsangue, elle ne peut se permettre un nouveau confinement. La consommation prend le pas sur la santé… Un raisonnement tenu dans certains lieux touristiques de pays pauvres, par exemple à Mexico, ou à proximité des pyramides en Egypte. 

Déjeuners en terrasse dans le parc Disney

Aux Etats-Unis, également, février marque le début d’une timide réouverture. Ça a été le cas le 1er février, pour le Michigan, et sa capitale Chicago, où on ne pouvait plus se restaurer à l’intérieur depuis dix semaines. Désormais, les établissements peuvent tourner à 25% de leur capacité et servir des groupes de six convives maximum. En Californie, où le gouverneur a annoncé un allègement des mesures, et où l’association des restaurateurs anticipe 30% de faillites dans la profession, les réouvertures se font essentiellement en terrasses, comme par exemple dans le parc Disney. Pour ce qui est de New York, prise depuis trois jours sous un épais tapis de neige, la reprise du service, qui sera assortie de règles d’hygiène drastiques, se fera forcément en intérieur. Elle sera effective le 14, pour la Saint Valentin.



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