Avec la sociologue Monique Dagnaud, une enquête sur la « génération surdiplômée »


La sociologue Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS, invitée de franceinfo vendredi 29 janvier 2021. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Malgré la crise du Covid-19, et après elle, ils « seront aux manettes pour penser le monde du futur ». La sociologue Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS, publie avec Jean-Laurent Cassely une enquête intitulée Génération surdiplômée, les 20% qui transforment la France (Odile Jacob).  

Les deux auteurs sont partis d’un constat : aujourd’hui, un jeune sur cinq sort du système scolaire avec un master ou le diplôme d’une grande école. Ce phénomène est récent. « Il y a toujours eu des bons élèves, explique Monique Dagnaud, mais l’effectif était beaucoup plus réduit. Depuis une vingtaine d’années, on voit, par ce boom de l’éducation, des jeunes gens se former de plus en plus loin. De nouvelles écoles se sont créées. Il y a aujourd’hui 230 écoles, plus ou moins grandes. »

« En général, ce sont des enfants de la bourgeoisie moyenne, de la bourgeoisie culturelle, poursuit la sociologue. Mais leur façon de fonctionner, de se projeter est très différente de leurs parents (…) On ne se reproduit pas de la même façon qu’avant ». Selon elle, « ces jeunes qui sont dans l’innovation ou dans l’ingénierie fonctionnent de façon différente des couches moyennes et supérieures anciennes. Dans leurs méthodes de management notamment : ils créent des start-ups, sont dans l’idée de la disruption, d’un capitalisme d’innovation… »

Certains ont des salaires élevés, s’ils travaillent par exemple dans une grande entreprise de la tech. Mais d’autres pas du tout, s’ils sont par exemple entrepreneurs sociaux, « tout en étant dotés de très hauts diplômes. »

Beaucoup d’entreprises recherchent ce qu’elles appellent des « talents ». Elles valorisent « la capacité à se présenter, la créativité, le dynamisme (…) Ces gens sont portés aussi par un talent pour se raconter, se présenter eux-mêmes, construire presque une légende pour eux-mêmes », explique Monique Dagnaud.

Comment ces jeunes très diplômés vont-ils surmonter la crise actuelle ? Mieux que les autres, selon Monique Dagnaud, car « ils ont quelque chose qui est vraiment monnayable sur le marché de l’emploi, aujourd’hui : c’est un diplôme. »



FranceTVinfo

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