la piste du reconfinement « hybride »


Réduire la courbe de l’épidémie, avec de nouvelles mesures restrictives, sans miner le moral des Français. Voilà le casse-tête d’Emmanuel Macron qui pourrait annoncer un troisième confinement ce week-end, ou lundi au plus tard, pour endiguer la diffusion des nouveaux variants en France et éviter « une épidémie dans l’épidémie ».

52 % des Français opposés à un reconfinement strict : « La confusion a semé le doute »

Car il y a « consensus », a souligné Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. La situation sanitaire se dégrade et « il est nécessaire de prendre des mesures supplémentaires » puisque le couvre-feu avancé à 18 heures n’est pas « pleinement efficace ». L’exécutif va donc devoir trancher.

Des assouplissements pour les jeunes ?

Plusieurs scénarios sont à l’étude. Après un confinement « très serré » évoqué par Gabriel Attal, un proche d’Emmanuel Macron évoque à présent un confinement « hybride » auprès de BFMTV : « Les enseignements des deux premiers confinements ont été tirés. Il faut aller vers une formule hybride, sans changer notre doctrine ». Un « point d’équilibre » permettant de « protéger les Français » sans « mettre le pays sous cloche », comme l’a expliqué, mercredi, le patron des députés La République en marche, Christophe Castaner.

« A la fin, il faut que chacun puisse se dire : Au moins, j’ai gardé ça ou j’ai ça en perspective pour tenir le coup », souligne à l’AFP le ministère de la santé.

En pratique, il s’agirait avant tout de faire en sorte que les mesures qui encadrent ce nouveau confinement soient moins dures pour les jeunes. Mercredi 27 janvier, le premier ministre Jean Castex a ainsi envisagé la possibilité d’exempter les étudiants en cas de reconfinement. En déplacement à l’Université de Saclay à Paris la semaine dernière, Emmanuel Macron avait en effet promis le retour dans les salles de cours des universités au moins un jour par semaine. Difficile pour le gouvernement de se dédire sur ce point.

L’exécutif se penche par ailleurs sur la piste d’un allongement des vacances de février pour les écoliers, les lycéens et les collégiens. Cette solution a été évoquée jeudi par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal sur les ondes de « France Inter ». Mais au même moment, sur France 2, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, martelait qu’une fermeture serait « un échec pour la France ». « Il n’est pas du tout démontré qu’on se contamine davantage en milieu scolaire qu’en dehors », a-t-il fait valoir.

La crainte du retour du débat sur les commerces « non essentiels »

L’autre débat concerne les commerces dits « non essentiels ». Certains cadres de Bercy affirment ne pas vouloir « se reprendre dans la figure le débat sur ce qui est essentiel ou ce qui ne l’est pas ».

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Pour conserver un semblant de vie économique, alors que le PIB a plongé de 8,3 % en 2020, est envisagée la mise en place de jauges restreintes, de créneaux d’ouverture ou de prises de rendez-vous obligatoires. Mais là encore d’autres problèmes inextricables se posent. L’exécutif craint de tenir un discours contradictoire. « Comment expliquer aux parents que leurs enfants doivent rester à la maison mais qu’on peut toujours se rendre chez le coiffeur ? », s’interroge un conseiller sur BFMTV.

Reste enfin pour l’exécutif à trancher sur les restrictions de déplacement sur l’ensemble du territoire national. Jean Castex a indiqué qu’en cas de nouveau confinement un débat et un vote indicatif se tiendraient au Parlement la semaine prochaine.

L’acceptabilité de nouvelles restrictions en question

Cependant, les Français acceptent de moins en moins les privations de liberté : selon un sondage de l’institut Elabe, publié mercredi 27 janvier, seulement 48 % des Français approuvent le principe d’un confinement strict, similaire à celui du printemps. A l’époque, 93 % de la population y étaient favorable.

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« Le consensus autour du confinement n’existe plus, relève Bernard Sananès, président de l’institut Elabe, interrogé par « l’Obs ». L’incertitude, l’effet d’accumulation mais aussi une interrogation sur l’efficacité du confinement expliquent cette baisse. La confusion de l’exécutif ces derniers jours a semé le doute. »





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