Décès de l’actrice Cloris Leachman



La Dernière séance © 1971 Douglas Kirkland / BBS Productions / Columbia Pictures / Sony Pictures Releasing France
Tous droits réservés

L’actrice américaine Cloris Leachman est décédée le 26 janvier près de San Diego en Californie. Elle était âgée de 94 ans. Alors qu’elle avait connu d’innombrables succès sur le petit écran pendant près de soixante-dix ans, Leachman avait également su s’imposer au cinéma grâce à quelques rôles légendaires. Ainsi, c’est surtout dans les années 1970 qu’elle avait tour à tour fait pleurer et rire le public sur grand écran, respectivement dans La Dernière séance de Peter Bogdanovich et Frankenstein Junior de Mel Brooks. Entre son premier film en 1955 et son dernier en 2020, elle a également collaboré avec des réalisateurs tels que Robert Aldrich, George Cukor, George Roy Hill, John Milius, Wes Craven, Rob Reiner et James L. Brooks.

Au début des années 1950, Cloris Leachman faisait partie de cette génération de jeunes comédiens qui apprenaient leur métier par l’intermédiaire de la télévision en direct. Avant de décrocher son premier rôle au cinéma dans le classique du film noir En quatrième vitesse de Robert Aldrich, elle avait d’ores et déjà participé à plus de vingt programmes télévisés. Leachman était largement restée fidèle au petit écran, ses incursions dans le monde du cinéma jusqu’à la fin des années ’60 se comptant sur les doigts d’une main, face à près de soixante séries et téléfilms. Au cinéma, elle avait tenu des seconds rôles face à Paul Newman dans Le Supplice des aveux de Arnold Laven et Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill, ainsi qu’aux côtés de Efrem Zimbalist Jr., Shelley Winters et Jane Fonda dans Les Liaisons coupables de George Cukor.

Texasville © 1990 Richard Foreman / Cine-Source / Nelson Entertainment / Majestic Films International Tous droits réservés

C’est au cours des années ’70 que l’actrice avait tenu ses rôles de cinéma les plus importants, à la fois en termes de qualité et de quantité. Après Lune de miel aux orties de Cy Howard et WUSA de Stuart Rosenberg, elle avait rejoint en 1971 l’ensemble d’acteurs prestigieux de La Dernière séance de Peter Bogdanovich. Le succès de ce drame sur une petite ville rurale en pleine agonie au début des années 1950 lui avait même valu l’un de ses très rares rôles principaux au cinéma deux ans plus tard dans la production Disney Charley et l’ange de Vincent McEveety.

S’ensuivirent Dillinger de John Milius et Daisy Miller de Peter Bogdanovich, puis son autre rencontre décisive côté cinéma avec le réalisateur et génie de la comédie parodique Mel Brooks. Avec lui, Cloris Leachman allait tourner trois films, Frankenstein Junior et Le Grand frisson, ainsi qu’en 1981 La Folle histoire du monde. C’est surtout le premier qui a marqué l’Histoire du cinéma comique. Entre-temps, elle avait trouvé le temps de tenir le rôle principal dans Crazy Mama, le deuxième film de Jonathan Demme.

Or, c’est principalement à la télévision que l’actrice a pu laisser libre cours à son talent comique, surtout dans la série extrêmement populaire à l’époque « The Mary Tyler Moore Show » et « Phyllis » dans laquelle elle reprenait le second rôle qu’elle avait tenu pendant cinq saisons en soutien de voisinage à la vedette Mary Tyler Moore. Les deux décennies suivantes étaient de même placées sous le signe de la télévision, à l’exception des films suivants : La Coccinelle à Mexico de Vincent McEveety, L’Héritier à quatre pattes de Melvin Frank, Maux d’amour de Bud Yorkin, Texasville de Peter Bogdanovich, Les Allumés de Beverly Hills de Penelope Spheeris et La Musique de mon cœur de Wes Craven.

Spanglish © 2004 Bob Marshak / Gracie Films / Columbia Pictures / Sony Pictures Releasing France Tous droits réservés

Tandis que Cloris Leachman avait trouvé dans les années 2000 un autre rôle savoureux en la personne de la grand-mère dans la série « Malcolm » avec Frankie Muniz, ses apparitions au cinéma étaient restées sporadiques au cours des vingt dernières années de son illustre carrière. Parmi ceux qui avaient fait appel à elle, on peut citer Diane Keaton (Raccroche), Rob Reiner (Alex & Emma), Terry Zwigoff (Bad Santa), James L. Brooks (Spanglish), Peter Segal (Mi-temps au mitard), David Zucker (Scary Movie 4), Michael Hoffman (Gambit Arnaque à l’anglaise), Christopher Landon (Manuel de survie à l’apocalypse zombie), Taylor Hackford (The Comedian) et les frères Erwin (La Voix du pardon).

Elle avait également prêté sa voix à plusieurs films d’animation, dont Le Géant de fer de Brad Bird, Les Croods de Kirk DeMicco et Chris Sanders et sa suite Les Croods 2 Une nouvelle ère de Joel Crawford, qui devrait sortir en France au printemps prochain, ainsi que les versions américaines de Le Château dans le ciel et Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki.

Cloris Leachman a gagné l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle en 1972 pour La Dernière séance. Le même film lui avait aussi valu le BAFTA et le prix du National Board of Review. Aux Golden Globes, elle avait été nommée à trois reprises sans succès pour ses rôles au cinéma dans La Dernière séance, Charley et l’ange et Frankenstein Junior avant de le gagner finalement pour « Phyllis » en 1976. Ses confrères de la Screen Actors Guild l’avaient nommée à deux reprises, y compris pour Spanglish en 2005. Mais c’est bien entendu aux Emmies que le parcours de Cloris Leachman est proprement unique : nommée 22 fois, elle l’a gagné à huit reprises, un record uniquement égalé par Julia Louis-Dreyfus en 2017 !

Pendant vingt-cinq ans, elle était mariée avec le réalisateur américain George Englund (Le Vilain Américain).

Mi-temps au mitard © 2005 Tracy Bennett / Happy Madison Productions / MTV Films / Paramount Pictures /
Sony Pictures Releasing France Tous droits réservés



Critique film

A lire aussi

Laisser un commentaire