Le Maire intéressé, l’Unef scandalisée


Un prêt de 10 000 euros à taux zéro pour les jeunes de 18 à 25 ans : lancée par LREM, l’idée enthousiasme Bruno le Maire autant qu’elle fait frémir l’Unef, l’un des principaux syndicats étudiants.

« Je trouve que c’est une idée intéressante et que toutes les idées qui permettront de dire aux jeunes étudiants, qui aujourd’hui sont dans une situation extrêmement difficile, que nous leur apportons des solutions, que nous leur apportons des propositions, mérite d’être étudiée », a déclaré le ministre de l’Economie et des finances sur France-Culture ce mercredi 27 janvier.

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Ces prêts ne seraient remboursés « que si on a la faculté de les rembourser, parce qu’on a trouvé un métier, un emploi, qui vous permet de les rembourser », a aussi déclaré Bruno Le Maire.

Un « outil d’émancipation »

Stanislas Guérini, délégué général de LREM, avait proposé le 26 janvier la création de ce « capital jeune » qui viserait à aider les 18-25 ans à « se lancer dans la vie », via la création de ce prêt de 10 000 euros à taux zéro. La mesure ne serait « pas qu’un bouclier anticrise, mais un véritable outil d’émancipation », qui aurait vocation à être pérennisé, expliquait-il dans un entretien au « Monde ».

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Cette somme de 10 000 euros serait accessible sans condition d’usage, serait « remboursable sur une période très longue, 30 ans », et le serait « uniquement si l’on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1 800 euros brut par mois », détaillait-il.

« Déconnecté de la réalité »

Pour Mélanie Luce, la présidente de l’Unef, cette proposition est « scandaleuse » et « déconnectée de la réalité ». « Au lieu d’aides sociales, on nous propose un prêt, on ne veut pas commencer notre vie active en s’endettant », a-t-elle déclaré sur BFM Business. Le syndicat demande que les étudiants soient plutôt éligibles aux aides sociales, comme le RSA, une proposition rejetée par les sénateurs le 20 janvier :

« Nous sommes la seule population à n’avoir aucun filet de sécurité. On veut juste rentrer dans le droit commun avec une extension du RSA ou une allocation d’autonomie basées sur les ressources des étudiants et non pas des parents. »#etudiantsfantomes : « Je suis sous anxiolytiques depuis plusieurs mois »

Selon le dernier baromètre annuel de l’Unef, publié en août, faire ses études à Paris coûtait en moyenne 1 318,31 euros par mois à un étudiant en 2020, dont 885 euros de loyer. La ville dans laquelle la vie était la moins chère pour les étudiants était Limoges avec 790,75 euros de budget mensuel. Au niveau national, le coût moyen de la vie étudiante a augmenté de 3,69 % entre 2019 et 2020, selon ce même baromètre.





nouvelobs

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