L’Iran appelle Biden à lever les sanctions touchant les médicaments contre le COVID-19



DUBAI (Reuters) – L’Iran a exhorté mardi le président américain Joe Biden à lever les sanctions à son égard, estimant qu’elles entravaient la lutte de Téhéran contre la pandémie de coronavirus.

Téhéran a déclaré avoir autorisé le vaccin russe Spoutnik V contre le COVID-19, ajoutant prévoir également d’acheter ceux développés par AstraZeneca et d’autres laboratoires.

Les sanctions contre l’Iran rétablies sous la présidence de Donald Trump exemptent officiellement les denrées alimentaires, les médicaments et d’autres produits de première nécessité, mais beaucoup de banques étrangères ne veulent plus financer des affaires avec l’Iran.

« Puisque l’administration (de Joe Biden) prétend ne pas être anti-science comme la précédente (…), on s’attend à ce qu’elle autorise le transfert des ressources propres en devises de l’Iran pour lutter contre l’épidémie de coronavirus et pour la santé et pour l’alimentation, et qu’elle lève rapidement les sanctions bancaires », a exhorté le porte-parole du gouvernement iranien Ali Rabiei sur la télévision publique.

Il a également menacé de bloquer des inspections des installations nucléaires iraniennes par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) si Washington ne levait pas ces sanctions.

L’ancien président américain Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord sur le nucléaire iranien conclu par l’Iran avec les puissances mondiales en 2015, rétablissant ensuite les sanctions contre Téhéran qui avaient été levées dans le cadre de ce pacte.

Lors d’une visite à Moscou mardi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré que Téhéran prévoyait d’importer et de produire le vaccin Spoutnik V.

Le vice-ministre de la santé, Qassem Janbabaei, a déclaré à la télévision publique que « AstraZeneca en Suède » figurait parmi les entreprises dont le pays envisageait d’acheter des vaccins à l’étrange, sans préciser le fait que le groupe est en fait anglo-suédois.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, la plus haute autorité religieuse en Iran, a interdit au gouvernement ce mois-ci d’importer des vaccins contre le COVID-19 des Etats-Unis ou de Grande-Bretagne. Selon lui, ces vaccins ne sont pas fiables et pourraient être utilisés pour propager l’infection à d’autres pays.

Le président Hassan Rouhani a annoncée samedi que la campagne de vaccination en Iran commencerait dans les semaines à venir.

L’Iran a enregistré près de 1,39 million de contaminations au coronavirus, qui a provoqué le décès de 57.560 personnes, selon les chiffres officiels. Le rythme des nouveaux cas et des décès a toutefois ralenti au cours des dernières semaines.

(Rédaction de Dubaï; version française Diana Mandiá, édité par Jean-Michel Bélot)



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