Trump a tout raté. Y compris son défi numéro un : effacer Obama


Trump est un loser. Sa seule réussite est d’avoir constitué une secte. Pour le reste, il a tout raté. Il a perdu le vote populaire en 2016. Il a perdu l’élection présidentielle en 2020, avec 7 millions de voix de retard. Il a deux fois perdu (en 2018 et en 2020) l’élection à la Chambre des Représentants. Il a perdu l’élection au Sénat. Tous ses recours juridiques pour faire dérailler le processus électoral ont échoué.

Sa tentative bouffonne de putsch, le 6 janvier, a fait long feu.

Il termine ses quatre années de pouvoir avec une popularité de 30 %, moitié moindre que celle d’Obama en fin de mandat. Il est même, selon la moyenne des enquêtes réalisées pendant son règne, le président le plus impopulaire de l’histoire – du moins depuis que les sondages existent, fin des années 1930.

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Surtout, il a échoué à atteindre son objectif numéro un qui a toujours été son obsession : effacer Obama. D’ailleurs, lourd symbole, c’est l’ancien vice-président de ce dernier, Joe Biden, qui prend sa place à la Maison-Blanche.

Dès son arrivée dans le bureau Ovale, prendre le contre-pied d’Obama était sa boussole. Il en avait fait une obsession, promettant « d’annuler chaque décret, mémorandum et ordonnance contraires à la Constitution et signés par le président Obama ».

Avec le recul, pourtant, les principales réformes engagées lors des deux mandats d’Obama tiennent encore debout. Sur le plan international, rien n’est irrémédiable. Trump s’est certes retiré de l’accord de Paris sur le climat, mais n’a pas réussi à le torpiller, et Joe Biden va immédiatement le réintégrer. Idem pour l’accord sur le nucléaire iranien : dénoncé par les Etats-Unis, il a été touché mais pas coulé. Les signataires l’ont maintenu en vie et de nouvelles négociations devraient s’engager pour le ranimer.

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Sur le plan économique, les mesures prises par l’administration Obama (pour sauver les banques et le secteur automobile…), très critiquées à l’époque par les républicains, n’ont pas été remises en cause.

Trump a certes voulu torpiller de nombreuses réglementations sur l’environnement de l’administration Obama. Mais les tribunaux et les Etats l’ont empêché d’aller trop loin. Et Joe Biden va vite rétablir les règles visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les entreprises ont d’ailleurs anticipé le retour de ces contraintes : elles se sont gardées d’investir massivement dans des activités polluantes. Le charbon a continué de s’effondrer et les investissements dans les énergies renouvelables ont continué à croître.

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Trump a annoncé la fin du programme Daca mis en place par Barack Obama pour empêcher l’expulsion de centaines de milliers de jeunes immigrants sans-papiers, et leur permettre de travailler et d’étudier sur le sol américain. Mais https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/18/la-cour-supreme-juge-illegal-le-decret-de-donald-trump-mettant-fin-a-la-protection-de-650-000-jeunes-migrants_6043329_3210.html »>la Cour suprême a bloqué cette décision.

Enfin et surtout, malgré des efforts fébriles en début de mandat, Trump n’a pas réussi à torpiller l’Obamacare (Affordable Care Act), cette réforme majeure de la couverture santé aux Etats-Unis. Les Américains y sont attachés, ils l’ont exprimé, et le Sénat contrôlé par les républicains n’a pas osé détruire l’édifice. Joe Biden entend maintenant le conforter et l’approfondir.

Le départ de Trump, ce 20 janvier est une victoire personnelle de Barack Obama. Les deux le savent : les occupants de la Maison-Blanche qui ne font qu’un mandat n’intègrent jamais, dans l’imaginaire collectif américain, le panthéon des grands présidents. La liste de ces « petits » s’est allongée. Ford, Carter, Bush père, et maintenant Trump.





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