Biden: un « New deal » suffisant pour relancer l’économie



Après avoir connu un solide rebond entre le printemps et le début de l’automne 2020, l’économie américaine subit un petit coup de froid hivernal. Toujours pénalisée par un nombre record d’infections au Covid-19, elle continue à marcher sur une seule jambe, celle des activités dont le redémarrage se confirme, à l’image de l’immobilier et du commerce de détail. L’autre jambe souffre.

Ce sont les secteurs qui pâtissent des mesures de confinement comme l’industrie des loisirs et de l’hôtellerie, qui a supprimé près d’un demi-million d’emplois en décembre dernier. Plusieurs Etats ont, en effet, ré-instauré des dispositifs restrictifs. A New York, les bars et restaurants ont baissé le rideau depuis la mi-décembre 2020, sauf pour la vente à emporter. En Californie, les écoles restent fermées et les habitants ont ordre de rester chez eux, à l’exception de quatre comtés.

Chèque aux plus modestes

Pas étonnant dès lors que les demandes d’allocations chômage ai

ent augmenté de 181.000, atteignant 965.000 au cours de la semaine qui s’est terminée le 9 janvier, selon le ministère du Travail, soit leur plus forte hausse depuis la fin mars 2020. Certes, le plan d’aide à la pandémie de 900 milliards de dollars approuvé fin décembre par le Congrès américain apporte un certain soulagement aux ménages les plus modestes, avec un chèque de 600 dollars. Tandis que les 4,17 millions de bénéficiaires du programme dit de « chômage d’urgence pandémique » ont vu leur couverture prolongée.

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« La pandémie et les restrictions qui y sont liées vont peser sur le PIB du premier trimestre 2021, qui devrait d’afficher une modeste contraction », estime Eliza Winger, l’économiste de Bloomberg, qui table sur une baisse de 0,5%, en rythme annualisé, pour la période de janvier à mars 2021. Pourtant, les prévisions des économistes sur l’ensemble de l’année restent positives. « L’activité devrait rebondir à l’approche de la fin de cette année », estime Gregory Daco, d’Oxford Economics, qui envisage une croissance de 4,3% en 2021.

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La leçon de 2008

Au-delà des espoirs liés à une sortie de la pandémie grâce au plan massif de vaccination, une majorité d’économistes estiment que l’activité devrait être dopée par le plan de relance très keynésien de Joe Biden de 1.900 milliards de dollars et la poursuite d’une politique monétaire ultra-accommodante.

« Ce n’est pas le moment de débattre d’une sortie » du programme de rachat mensuel de 120 milliards de dollars de la Fed, a déclaré Jerome Powell, lors d’une conférence à l’université de Princeton, le 14 janvier. Et le président de la banque centrale américaine d’ajouter: « Nous avons appris de la crise financière de 2008 qu’il fallait prendre soin de ne pas discuter en permanence de cette question, car les marchés sont à l’écoute. » A bon entendeur…



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