Au soir du mandat de Trump, son administration exécute des condamnés à mort à un rythme effréné


Daniel Lewis Lee, Wesley Ira Purkey, Dustin Lee Honken, et mercredi, Lisa Montgomery… Ils font partie des onze détenus exécutés ces derniers mois par l’administration de Donald Trump. Avant la fin du mandat du président sortant, son gouvernement s’est lancé avec une précipitation glaçante dans une série d’exécutions fédérales. Et à quelques jours de l’investiture de Joe Biden, elle ne compte pas s’arrêter.

L’administration Trump a renoué en juillet 2020, après dix-sept ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Onze Américains ont reçu depuis l’été des injections létales.

TRIBUNE. Pour l’abolition universelle de la peine de mort

Quatre d’entre eux ont été exécutés après la défaite de Donald Trump en novembre dernier. La dernière fois qu’une administration sortante avait procédé à une exécution, c’était en 1889, sous la présidence de Grover Cleveland, selon le « Guardian ».

Le Covid-19 retarde les exécutions locales… mais pas fédérales

Le gouvernement de Donald Trump se montre d’autant plus à contre-courant – alors que les Etats-Unis comptent plus de 380 000 morts du Covid-19 – que les Etats américains y compris le très répressif Texas, ont suspendu les mises à mort depuis des mois. Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats… une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus.

Selon un rapport cité en décembre dernier par le « Guardian », en 2020, le gouvernement fédéral a ainsi procédé à plus d’exécutions que tous les Etats réunis – 7 exécutions réparties entre le Texas, l’Alabama, la Géorgie, le Missouri et le Tennessee.

La peine de mort confirme son déclin en 2019 aux Etats-Unis

L’administration Trump avait prévu d’exécuter deux hommes noirs cette semaine : Corey Johnson, condamné pour une série de meurtres commis en 1992, jeudi et Dustin Higgs, condamné pour un triple meurtre en 2000, ce vendredi. Comme cela avait été le cas, en vain, pour Lisa Montgomery, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu’ils ont été contaminés par le Covid-19.

D’anciens gardiens de prison ont, de leur côté, demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions « jusqu’à ce que le personnel pénitencier soit vacciné » contre ce virus.

Vers une fin des exécutions fédérales ?

« Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années, voire des décennies. C’est insensé », s’est indigné le sénateur démocrate Dick Durbin auprès du média américain NPR, annonçant au passage l’introduction d’une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

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Joe Biden a fait part durant sa campagne de son opposition à la peine de mort. Alors que les démocrates ont désormais le pouvoir à la Chambre des Représentants et au Sénat, les chances d’abolir la peine capitale sont plus grandes que jamais. Une perspective qui s’inscrirait dans le recul actuel de cette sentence aux Etats-Unis : comme le rappelle le « Guardian », le Colorado est devenu en mai dernier le 22e Etat à l’abolir. La Louisiane et l’Utah n’ont, quant à eux, pas exécuter de prisonniers depuis dix ans.





nouvelobs

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