Sport à l’aube, supermarchés bondés… La difficile adaptation des habitants concernés par le couvre-feu à 18 heures



Il est 6h30 du matin, il fait très froid, le vent souffle fort à Grandvillars, dans le territoire de Belfort, mais c’est l’heure de l’entraînement pour l’équipe locale. « Quand le réveil sonne à 5h30, c’est ça le plus dur, confie Jérémy Gag, défenseur du FC Grandvillars. On se dit ‘je vais vraiment m’entraîner à 6h30, là ?’ Mais on se réveille, on prend un café et on y va. »

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C’est le cas dans 25 départements français désormais : le couvre-feu est avancé à 18 heures pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. La mesure élargie à l’ensemble du pays fait d’ailleurs partie des pistes mises sur la table par le gouvernement, qui doit annoncer de nouvelles mesures jeudi 14 janvier. Pour les habitants déjà concernés, il faut donc avoir bouclé l’ensemble de ses activités à l’heure dite. Christophe Lopez, l’entraîneur de cette équipe qui évolue en National 3, reste philosophe : « Ce sont des joueurs amateurs, il faut trouver des solutions. S’il faut s’entraîner toute la semaine à 6h30, on s’entraînera toute la semaine à 6h30. »

Dans les supermarchés, les conséquences du couvre-feu avancé sont très visibles. « Ce qu’on a constaté, c’est que les gens se sont concentrés sur des créneaux horaires plus restreints, explique ainsi Alain Moissenot, le directeur du super U de Valdoie. On a plus de monde à partir de 16 heures, c’est flagrant. Surtout les personnes qui travaillent. Là où on a vu une grosse affluence aussi, c’est le samedi matin. »

« Je suis venu ce weekend, il y avait beaucoup plus d’affluence dans le magasin. Tout le monde se collait, ne respectait plus du tout les distances de sécurité. »

Un client de supermarché

à franceinfo

« Moi, je travaille et je trouve que c’est un gros problème, témoigne un client, venu faire ses courses à 17h45, juste après le travail. Ce couvre-feu à 18 heures, c’est compliqué. » Sa compagne acquiesce : « Moi je suis venue en journée, quand il m’arrive d’être dispo. On était je ne sais combien de personnes aux caisses, il y avait des files d’attente phénoménales, c’est pas possible. »

Ce constat est d’ailleurs partagé dans l’ensemble du département, d’où le scepticisme de certains habitants et d’élus, qui s’interrogent, comme le directeur du supermarché : « Je me pose la question, à quoi ça sert ? »



francetvinfo

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