Trump perd son principal soutien financier


Décidément, rien ne va plus entre Donald Trump et l’establishment américain. Après les caciques du Parti Républicain qui lui tournent le dos, l’hôte de la Maison Blanche vient de perdre son principal soutien financier : Sheldon Adelson, 28e fortune mondiale selon le classement Forbes 2020, mort le 12 janvier à 87 ans.

Et quel soutien ! Rien qu’en 2020, le self made man devenu géant des casinos a dépensé 180 millions de dollars pour soutenir la réélection de Trump – un record absolu ! Quatre ans plus tôt, il avait versé 25 millions de dollars à sa campagne victorieuse et 5 millions pour sa cérémonie d’investiture.

Donald Trump s’est évidement fendu d’un communiqué louangeur : « Sheldon a vécu le vrai rêve américain. Son ingéniosité, son génie et sa créativité lui ont valu une immense richesse, mais son caractère et sa générosité philanthropique, son grand nom (…) Le monde a perdu un grand homme. Il va nous manquer ». Le président ne dit rien du rôle joué par ce « philantrope » dans sa carrière politique.

Ni de ses origines. A la différence de Donald Trump, Sheldon Adelson n’est pas un fils de famille né dans le luxe et l’idéologie du parti républicain. Comme ses parents et la grande majorité des juifs américains, Adelson a d’abord été démocrate. Ron Kampeas, l’un des rares journalistes à l’avoir interviewé, raconte :

« Il vient d’un milieu très modeste. Son père, un Lituanien qui a fui les pogroms avant la guerre, était chauffeur de taxi à Boston, où le petit Adelson est né. Sa mère était couturière à domicile. »

Un différend sur la guerre commerciale contre Pékin ?

Sheldon Adelson a fait tous les métiers. Il a vendu des hypothèques, des produits dégivrants et des séjours touristiques. Il s’est essayé au journalisme boursier. C’est grâce à l’organisation de salons professionnels qu’il a amassé ses premiers millions de dollars, avec lesquels il a acheté un casino à Las Vegas, au début des années 1990. Puis il s’est acoquiné avec le régime chinois pour monter, à Macao, le plus grand casino du monde. Et c’est ainsi, grâce aux  « princes rouges », qu’il est devenu milliardaire. Autrement dit, Trump l’anti-Chinois a remporté l’élection présidentielle de 2016 notamment grâce à de l’argent gagné… en Chine. Dans son communiqué, le locataire de la Maison Blanche s’est bien gardé aussi de rappeler ce paradoxe.

Il n’a rien dit non plus du poids d’Adelson, farouche soutien de Benjamin Netanyahou, dans sa politique au Moyen-Orient. Pourtant c’est Adelson qui, en 2018, l’a convaincu de transférer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Lui aussi qui l’a incité à dénoncer l’accord nucléaire des Grands avec l’Iran.

Récemment un point de discorde serait, dit-on, apparu entre les deux hommes, à tel point que certains observateurs jugeaient que les affaires du milliardaire se porteraient peut-être mieux sous Biden : la guerre commerciale contre Pékin qu’Adelson aurait souhaité modérer. Car, à Macao, les licences de jeu doivent être renouvelées en 2022…





nouvelobs

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