[Revue de presse] Brexit : adaptation difficile des Britanniques aux nouvelles règles commerciales


Revue de presse
12.01.2021

Près de deux semaines après l’entrée en vigueur de l’accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni, d’importantes difficultés commencent à se faire sentir, notamment côté britannique. Les nouvelles règles rendent en effet les échanges plus complexes à mettre en œuvre.

Les nouveaux contrôles administratifs et sanitaires ralentissent les échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ici, le port de Douvres, l’un des principaux points de passage vers le continent, en janvier 2019- Crédits : Ben Gingell / iStock

« Douze jours après la sortie britannique du marché unique européen, les premiers effets concrets du Brexit sur l’économie commencent à se matérialiser« , annonce Le Figaro. « Les premiers jours de janvier ont été marqués par un trafic fluide, quatre à cinq fois inférieur à la normale, du fait d’une reprise progressive après la trêve des confiseurs« , explique le quotidien. Mais cette reprise n’a pas empêché une pénurie de produits frais actuellement constatée au Royaume-Uni.  « Les salades, choux-fleurs, oranges, fraises, framboises et myrtilles sont considérées comme ‘en rupture de stock’ dans certaines régions sur le site internet [de la chaine anglaise de supermarchés] Tesco, tandis que les carottes, choux-fleurs et brocolis figurent parmi les fruits et légumes répertoriés comme indisponibles sur le site internet [des supermarchés] Ocado« , rapporte ainsi The Daily Mail.

En effet, « le départ du Royaume-Uni des structures commerciales de l’UE a entraîné une multitude de nouveaux obstacles, notamment de nouveaux systèmes informatiques, des déclarations en douane et des contrôles réglementaires« , explique Euronews. Avec ces nouvelles règles, « de nombreux camions se voient refuser l’accès faute de documents en règle » [Le Figaro]. « Le chaos a commencé. L’organisation du plus simple chargement vers l’Europe est devenue une tâche presque impossible en raison de la montagne de paperasserie mise en place le 1er janvier« , déplore l’expert en fret John Shirley dans The Daily Mail.

Brexit : les principaux points de l’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

Ces problématiques touchent également les pêcheurs britanniques, tout produit frais exporté devant « subir des contrôles, en plus de la paperasserie nécessaire« , comme le souligne Le Figaro. Avec ces nouvelles formalités, qui ralentissent considérablement le transit, « impossible de garantir la livraison en 24 heures« . Un bouleversement qui menace l’activité et les revenus des pêcheurs. Euronews fait à ce titre mention d’une chute du prix des fruits de mer de 80 % en Ecosse. Et le ministre britannique Michael Gove l’admet : « Dans les semaines à venir, nous nous attendons à d’importantes perturbations supplémentaires » [The Daily Mail].

La place de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni en question

Les difficultés évoquées pourraient contribuer à relancer le processus indépendantiste écossais et à rapprocher l’Irlande du Nord de la République d’Irlande. Après la concrétisation du Brexit, « les regards se tournent vers les Ecossais, europhiles bafoués, et les Nord-Irlandais, soumis à un traitement hybride, un pied (politique) au Royaume-Uni, l’autre (économique) dans l’Irlande voisine et européenne« , note France Info. L’Ecosse s’est montrée dès le début hostile à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et la mise en œuvre du divorce a ravivé le désir d’indépendance des Ecossais. En effet, « selon le dernier sondage mené par l’institut Savanta ComRes pour le journal The Scotsman, mi-décembre, 58 % des Ecossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni » [France Info]. « Après avoir divisé les familles et accru les divorces, le Brexit pourrait bien démembrer le Royaume-‘Uni’ » alors que « l’Ecosse s’apprête à organiser un référendum qui pourrait bien donner la majorité absolue aux indépendantistes« , prévient Ouest-France.

Brexit : après l’accord entre Londres et Bruxelles, un retour des velléités écossaises d’indépendance

Car un éloignement de l’Irlande du Nord de Londres n’est pas non plus à exclure. Pour éviter de réinstaurer une frontière physique entre les deux Irlande, les négociateurs européens et britanniques du Brexit ont penché pour une solution où « l’Irlande du Nord relève de la réglementation de l’UE, mais les contrôles […] effectués par les Britanniques » [Les Echos]. Le nord de l’île a désormais un statut spécial. « Non seulement l’Irlande du Nord est restée dans le marché commun, contrairement au reste du Royaume-Uni, mais la petite province britannique va continuer à participer à plusieurs programmes européens« , fait savoir Ouest-France. Une situation inédite qui pourrait favoriser le rapprochement avec sa voisine européenne. « N’en déplaise au DUP, le parti des unionistes au pouvoir, l’Irlande du Nord n’a jamais semblé si éloignée de la Grande-Bretagne« , conclut le quotidien régional.

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