10 choses à savoir sur Mike Pence, le vice-président qui a dit non à Donald Trump


1. Rempart

Quoi que l’on pense de lui, Mike Pence entrera dans l’histoire comme l’homme qui a dit non à Donald Trump, lequel lui demandait, en tant que président du Sénat, d’invalider le résultat de l’élection pour faire gagner le ticket Trump-Pence. Après avoir longuement consulté ses avocats, Pence a conclu que son rôle de président de la session du Congrès chargée de compter les votes des grands électeurs était purement administratif et qu’il n’avait pas le pouvoir de subvertir l’élection.

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2. Trahison

C’est peu dire que Trump s’est senti trahi par son fidèle lieutenant. Mercredi 6 janvier, peu avant l’assaut contre le Capitole, il lance à ses supporters : « Mike Pence, j’espère que vous allez vous dresser pour le bien de notre Constitution et de notre pays, et si ce n’est pas le cas je serai très déçu. » Après six heures d’émeute, Pence ouvre la session du Congrès avec ces mots forts : « A ceux qui ont semé la destruction au Capitole aujourd’hui, vous n’avez pas gagné. La violence ne l’emporte jamais. Et ce bâtiment est toujours la maison du peuple. »

3. Lynchage

« Pendez Mike Pence ! » Ce cri scandé par les manifestants affluant vers le Capitole a dû secouer le vice-président, réfugié dans un lieu sûr du Sénat avec son épouse et sa fille. Un photographe de Reuters affirme avoir entendu au moins trois supporters de Trump appeler à pendre le « traître » à un arbre. L’appel au lynchage résonnera plusieurs jours sur Twitter. L’avocat pro-Trump Lin Wood, quant à lui, lance ce mot d’ordre : « Préparez le peloton d’exécution. Pence EN PREMIER. »

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4. Born-again

Pour définir le « p’tit gars » d’Indiana, on dit souvent qu’il est, « dans l’ordre, un chrétien, un conservateur et un républicain ». Profondément religieux, le born-again Mike Pence a été sans conteste, pendant quatre ans, le héros de la droite religieuse. « Ma foi chrétienne est au cœur de ce que je suis », confiait-il en 2016. Le pasteur baptiste Richard Land, très à droite, voit même en lui « le modèle en or 24 carats de ce que nous recherchons chez un politicien évangélique ».

5. Femmes

Pence s’est attiré pas mal de moqueries, à gauche, en suivant la « règle Billy Graham », du nom du célèbre pasteur, qui recommande d’éviter de se trouver seul à seul avec une femme en l’absence de son épouse (Pence appelle la sienne « Mother »). Les démocrates ont moins souri quand, vice-président, il a signé des mesures anti-avortement très restrictives et s’est attaqué aux droits de la communauté LGBTQ. Normal : il est aussi un opposant farouche au mariage gay.

6. Pandémie

« Il n’y a pas de deuxième vague du coronavirus. » Ce 16 juin 2020, Pence crie victoire, dans une tribune au « Wall Street Journal » : « Grâce au leadership du président Trump et au courage et à la compassion du peuple américain, notre système de santé public est bien plus fort qu’il y a quatre mois, et nous sommes en train de gagner la bataille contre l’ennemi invisible. » Parole de patron de la task force de l’exécutif américain contre le Covid-19…

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7. Ingratitude

« Après tout ce que j’ai fait pour lui… » Ce commentaire amer de Mike Pence à propos de Trump, rapporté par un ami sénateur, résume bien l’état d’esprit du « VP ». En privé, même l’entourage de Trump se dit furieux contre ce président qui a balancé sans hésiter un numéro deux qui a passé quatre ans à lui cirer les pompes. Le clou : cette réunion de cabinet filmée pendant laquelle Pence dégouline de compliments sur le « great leader » et incite les ministres, un par un, à faire de même.

Donald Trump et Mike Pence lors d’un meeting à Traverse City, dans le Michigan, le 2 novembre 2020, la veille de l’élection présidentielle. (BRENDAN SMIALOWSKI/AFP)

8. Von Papen

Dans le « Washington Post », Michael Brenner, professeur d’histoire à l’American University de Washington, n’hésite pas à le comparer à Franz von Papen, le vice-chancelier de Hitler, lequel, écrit-il, « affirmait qu’avec ses membres modérés du cabinet, ils garderaient Hitler et ses alliés nazis sous contrôle ». Oups, raté. Une différence avec le Reichstag, tout de même : le Capitole n’a pas brûlé…

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9. 2024

Pence a-t-il agi selon ses seuls principes ? Dans son entourage, certains décrivent son plan : finir son mandat en affichant autant que possible un air de normalité, puis retrouver grâce aux yeux de l’électorat républicain. « Pence est dans une position plus forte qu’il n’a jamais été », confie un proche à NBC News. Il peut arguer qu’il a soutenu Trump sans faille pendant quatre ans, mais se devait de défendre la Constitution. Avec un œil sur la Maison-Blanche pour 2024.

10. 25e amendement

Exhorté par les démocrates à écarter Trump du pouvoir comme l’y autorise la Constitution américaine, Pence a dit niet. Selon le 25e amendement, le vice-président, soutenu par une majorité du cabinet, peut démettre le président de ses fonctions s’il est « dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge ». Pence, soucieux de ne pas se brouiller à ce point avec l’électorat de Trump, a fait savoir qu’il entendait travailler avec le président jusqu’à la fin de leur mandat. Courageux, mais pas téméraire…





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