Le mot de l’éco. Les salaires des grands patrons ne connaissent pas la crise


Les salaires des grands patrons au coeur de l’actualité à l’heure des annonces massives de suppressions d’emplois : 13 000 dans le monde pour GE. Photo d’illustration (PEEPO / E+ / GETTY IMAGES)

Certains salaires de grands patrons ne connaissent pas la crise malgré l’épidémie, et cela fait jaser. Tout particulièrement au sein des entreprises qui, dans le même temps, procèdent à des restructurations et suppriment des postes.

Exemple avec l’américain GE, ex-General Electric qui supprime 13 000 emplois dans le monde, dont une partie en France, les sites de Villeurbanne et de Belfort sont concernés. Les syndicats et les élus locaux s’étranglent, car dans le même temps, le patron Larry Culp, lui, est certain d’empocher un bonus de 47 millions de dollars minimum. Comme quoi ce n’est pas la crise pour tout le monde.  

De l’autre coté de la Manche, il y a même une date symbolique au cours de laquelle on dénonce les écarts de salaire. C’est le 5 janvier, surnommé le « fat cat tuesday », que l’on pourrait traduire ainsi le « mardi des gros bonnets », petit sobriquet donné par le cercle de réflexion High Pay Centre qui dénonce les écarts de salaire.

Pourquoi le 5 janvier ? Parce qu’à cette date selon eux, en cinq jours de travail seulement, les grands patrons ont déjà atteint le revenu britannique moyen par an, l’équivalent de 37 732 euros. La méthode du calcul du cercle de réflexion est contesté car il mélange salaire moyen et salaire médian, mais il n’empêche que le but est atteint : montrer du doigt l’envolée impressionnante des rémunérations les plus élevées quand le salaire moyen des Britanniques lui stagne désespérément.

Globalement, les salaires des grands patrons ont baissé l’an dernier – en France en tout cas – 10% de moins en 2020 au sein des patrons du CAC 40 selon le cabinet spécialisé Proxinvest. Pourquoi ? Parce que bon nombre de dirigeants des plus grandes entreprises françaises ont renoncé à une partie de leur bonus pour cause de virus. À noter tout de même que cette baisse intervient après une année 2018 record.

Certains dirigeants ont aussi renoncé à un quart de la part fixe de leur rémunération l’an dernier, certains pendant quelques mois, d’autres plus longtemps. C’est le cas chez Safran, Air France ou bien encore Renault, LVMH et Michelin; en signe de solidarité avec leurs salariés, qui ne touchent que 84% de leur salaire net au chômage partiel, et aussi pour montrer l’exemple, quand dans le même temps ils demandent des prêts garantis par l’État. Une initiative des grands patrons qui, à notre connaissance, n’a pas été renouvelée pour 2021.   



FranceTVinfo

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