« Il faut sortir d’une vision présumant que le citoyen est incompétent »



Ils sont trente-cinq, ont tous les âges, sont issus de tous les milieux, sont actuellement tirés au sort et, à partir du 16 janvier, ils vont se prononcer sur la stratégie nationale de vaccination contre le Covid-19 mise en place par les autorités. Il s’agit, selon les mots d’Emmanuel Macron, d’« associer plus largement la population » à une politique de vaccination envers laquelle les Français comptent parmi les plus rétifs au monde.

Mais suffit-il de laisser phosphorer une poignée de Français lambda sur un sujet pour faire basculer une opinion ? Ce comité de citoyens sera-t-il un « comité Théodule », selon les mots de la députée (LR) Annie Genevard, voire un « foutage de gueule » visant à « faire croire qu’on fait un peu de démocratie », comme l’estime l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot ?

Hélène Landemore, professeure de sciences politiques à l’université Yale, aux Etats-Unis, et autrice en 2020 d’« Open Democracy » (Princeton University Press, non traduit), répond aux questions de « l’Obs ».

Le « collectif de citoyens » chargé d’accompagner la stratégie vaccinale ne se compose que de 35 personnes qui vont travailler dans l’urgence… Ne craignez-vous pas qu’il soit un simple gadget ?

Le risque existe, bien sûr. Mais je trouve les critiques virulentes qui visent ce Conseil citoyen un peu faciles, et prématurées. Sur le papier, l’initiative me semble pertinente. Cette campagne de vaccination va poser des questions techniques, mais aussi éthiques. Il n’est donc pas inutile de re

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