Après les énergies fossiles, les grandes banques mondiales sont accusées de trop financer le plastique



Publié le 08 janvier 2021

Alors que les banques cessent petit à petit de financer le charbon et les énergies fossiles, érigés en ennemi numéro un du climat, l’initiative internationale portfolio.earth entend enclencher la même dynamique sur la thématique de la biodiversité en s’attaquant d’abord à l’industrie du plastique. Elle révèle dans un rapport inédit que les plus grandes banques mondiales ont financé le secteur à hauteur de 1 700 milliards de dollars depuis 2015.

Chaque jour, les plus grandes banques mondiales accordent près de 800 millions de dollars (650 millions d’euros) de financements à l’industrie du plastique. C’est ce que révèle une enquête inédite de l’initiative portfolio.earth (1), publiée ce jeudi 7 janvier, en amont du One Planet Summit biodiversité, organisé par la France la semaine prochaine. Le plastique, qui ravage notre environnement, est en train de devenir un véritable fléau. A l’instar du charbon, les experts alertent sur le risque d’actifs échoués qui pèse sur le secteur et appellent les banques à prendre leurs responsabilités.   

« Les banques contribuent à la crise de la pollution plastique. Elles ont développé des politiques sur les combustibles fossiles et les produits forestiers mais rien sur le plastique » déplore Liz Gallagher, de portfolio.earth. « Les banques doivent atténuer leur rôle dans la pollution des plastiques de plusieurs façons, par exemple en alignant leurs portefeuilles de prêts sur les politiques publiques de réduction, de réutilisation et de recyclage des plastiques et en cessant de financer de nouvelles usines qui utilisent des matières premières vierges pour produire des emballages plastiques à usage unique » complète Robin Smale, directeur de Vivid Economics.  

BNP Paribas et Société générale dans le Top 20

Entre janvier 2015 et septembre 2019, 265 des plus grandes banques au monde ont soutenu l’industrie du plastique à hauteur de 1 700 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB russe. 20 banques seulement sont à l’origine de 80 % de ces financements, Bank of America, Citigroup ou JPMorgan en tête. Mais dans le classement, on trouve aussi deux acteurs français : BNP, au 9e rang avec 56 milliards de dollars, et Société générale, au 14e rang avec 38 milliards de dollars. Parmi les 40 entreprises les plus financées, on trouve BASF, Dow Chemical, Exxon ou encore Coca-Cola, Pepsi Co, Danone, Mars, Unilever Amazon et Walmart.  

Selon le rapport, si de nombreuses banques sont conscientes de la crise de la pollution plastique, aucune n’a développé de systèmes de diligence raisonnable, mis en place des prêts conditionnés ou des exclusions de financement pour les emballages plastiques. Par exemple, aucune banque étudiée n’a subordonné son financement aux entreprises ayant des politiques visant à réduire la quantité de plastique ou à favoriser la réutilisation et le recyclage des plastiques vierges.

Chaque minute dans le monde, l’équivalent d’un camion benne rempli de déchets plastiques se déverse dans l’océan. Les emballages en plastique ont atteint tous les coins de la planète, du plus profond des océans jusqu’au sommet du mont Everest tuant un million d’oiseaux marins et 100 000 animaux marins chaque année. Nous ingérons nous aussi 70 000 particules de microplastiques par an. Depuis le 1er janvier, la France interdit la commercialisation des pailles et couverts jetables, des touillettes et autres objets à usage unique. De telles mesures se multiplient partout à travers la planète.

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Le rapport Bankrolling Plastics de portfolio.earth, 7 janvier 2021





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