Marine Le Pen critiquée pour attiser les tensions comme Trump


Marine Le Pen, soutien en France de Donald Trump, concentre ce jeudi 7 janvier les critiques de politiques de tous bords, qui l’accusent d’attiser les tensions comme le président américain, au lendemain du chaos semé au Capitole par ses partisans.

Donald Trump « n’a pas mesuré la portée de ses propos sur une partie » de ses partisans « que la défaite a exacerbés » et qui ont pénétré mercredi dans les bâtiments du Congrès américain, a estimé ce jeudi la présidente du Rassemblement national, en reconnaissant pour la première fois la victoire de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis.

Marine Le Pen n’avait pas jusqu’à présent reconnu la victoire du démocrate, invoquant les recours judiciaires lancés aux Etats-Unis par les soutiens de Donald Trump contre une prétendue « fraude » à ce scrutin.

La dirigeante d’extrême droite n’avait pas relayé les accusations de fraude mais plusieurs responsables de son parti s’en étaient fait l’écho, mettant en doute la légitimité du scrutin.

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Au lendemain de l’intrusion violente de partisans de Donald Trump, des responsables politiques de tous bords lui reprochent son soutien au président républicain et d’attiser comme lui les tensions et la contestation.

Un proche d’Emmanuel Macron, l’eurodéputé LREM Stéphane Séjourné, a qualifié la présidente du RN de « pyromane » quand Marine Le Pen disait en novembre qu’elle ne reconnaissait « absolument pas » la victoire de Joe Biden.

Un soutien controversé aux « gilets jaunes »

« C’est une faute politique » de n’avoir pas reconnu plus tôt la victoire du démocrate, a abondé le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui pointe aussi un « malaise de la démocratie » exprimé en France par le mouvement des « gilets jaunes », dont certaines manifestations ont été marquées par des violences.

« Le malaise de la démocratie (…) est dans ce fait que beaucoup de Français ont le sentiment que le pouvoir a été confisqué, que leur voix, leur souffrance ne comptent plus », a-t-il souligné.Invoquant Mitterrand, Marine Le Pen poursuit sa récupération nationale

Soutien des « gilets jaunes », qui sont pour elle l’expression du « déclassement », Marine Le Pen a assuré que ces manifestants « ne contestaient pas la légitimité (du) scrutin » présidentiel quand ils ont voulu se rendre à l’Elysée. Elle a accusé les « anarchistes » Black Bloc de semer la violence dans leurs manifestations, avec la « complaisance » du pouvoir.

Jean-Lin Lacapelle, délégué national du RN aux Ressources, a lui ciblé Emmanuel Macron, « président de la répression contre les manifestations des gilets jaunes et sous lequel les libertés ne cessent de reculer ».

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a exprimé sa « honte à tous les soutiens de Trump qui l’ont toujours défendu comme Marine Le Pen ».

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« Ceux pour qui (Trump) est (un modèle) en France devraient y réfléchir à deux fois », a affirmé la présidente ex-LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, en citant Marine Le Pen et en dénonçant « le déni démocratique, l’outrance » de Donald Trump.

« Poisons pour la démocratie »

L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a accusé le RN et sa présidente de « partager le délire de leur mentor », et le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon leur a demandé « de retirer leur soutien à Trump », voyant dans les violences au Capitole « une tentative de putsch d’extrême droite ».

La députée LREM Marie Lebec a demandé « qui importe des États-Unis le pire de la division politique et ethnique exactement, Madame Le Pen ? Vous assurément, avec vos amis ! Les populismes sont des poisons pour nos démocraties ».

Marine Le Pen, candidate à l’Elysée, a dit à l’inverse espérer qu’Emmanel Macron – qui a appelé à « ne rien céder » face à la « violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause » la démocratie – n’ait « pas la tentation d’importer en France le pire de ce que l’on fait aux Etats-Unis, c’est-à-dire la division », y compris « ethnique » importée à ses yeux des Etats-Unis.

Vers un trumpisme made in France ?

D’ailleurs désireuse de rassembler à la présidentielle et d’apparaître crédible, la présidente du RN ne tient pas à ériger le turbulent républicain en « modèle ».

Si Marine Le Pen retient son rejet du multilatéralisme ou les relocalisations d’entreprises, et séduit un électorat populaire proche de celui de Trump, elle critique sa gestion de l’épidémie de Covid-19. Elle-même n’a jamais contesté le confinement ou le port du masque, honni au contraire par les partisans de Trump.





nouvelobs

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