la ministre nie tout « placement de produit ou post sponsorisé »


Tout est parti de captures d’écran relayées par plusieurs internautes dimanche soir sur Twitter. Sur les images, présentées comme issues du compte Instagram certifié de Marlène Schiappa : la ministre en charge de la Citoyenneté apparaît de dos, au ralenti. Ses cheveux, à la manière d’une publicité, ondulent devant l’objectif. Un texte vantant les bienfaits d’un lissage brésilien complète le post.

« Merci à Adriano & Vincent de @ANS-brasil pour ce #lissage qui répare les cheveux et va donc me permettre de gagner de précieuses minutes avant chaque matinale », précise la publication, rapidement introuvable sur le compte de la ministre.

Voilà donc Marlène Schiappa, accusée par plusieurs internautes de s’être livrée à la promotion d’une entreprise privée, voire de s’être rendue coupable d’un « placement de produit » (activité très répandue sur les réseaux sociaux, qui consiste à faire la publicité d’un produit contre rémunération). Mais cette dernière a répliqué ce lundi, en publiant un communiqué de son avocate Julia Minkowski :

« Madame la ministre Marlène Schiappa dément tout recours à un placement de produit ou post sponsorisé sur Instagram. Toute affirmation contraire relèverait de la diffamation au sens de la loi du 29 juillet 1881. Nous serons très vigilantes quant au respect des droits de Madame la ministre Marlène Schiappa et serons contraintes de poursuivre toute personne qui participerait à ces allégations diffamatoires, de même, qu’aux tentatives de piratages et aux propos malveillants repérés sur les réseaux sociaux constituant un cyber-harcélement. »

« Je ne fais évidemment jamais de post sponsorisé, ni équivalent », a également répondu la ministre lundi, sollicitée par « Libération ».

Explications évolutives

Fin de l’histoire ? Pas forcément. Car les explications données par l’entourage de la ministre ont largement évolué depuis dimanche soir. Auprès de « l’Obs », un proche de Marlène Schiappa avait ainsi expliqué dans un premier temps que la fameuse publication Instagram était un « faux post ».

De même, le passage en privé du compte de Marlène Schiappa (qui rend son contenu accessible à ses seuls abonnés) dans la soirée de dimanche avait été décidé, selon cette même source, en raison du « harcèlement subi depuis quelques heures […] sur la base d’une fake news », assurait-on à « l’Obs ». « Nous maintenons formellement le démenti. C’est un fake », « elle n’a pas publié ce post », confirmait également auprès de « l’Obs » ainsi que du « Figaro » ce même entourage lundi matin avant la publication de l’avocate de la ministre.

Laquelle se contente désormais de contester « tout recours à placement de produits ou post sponsorisé ». Le glissement sémantique a son importance : les arguments selon lesquels la vidéo n’a pas été publiée par la ministre ou qu’il s’agirait d’un « faux post » ne semblent plus à l’ordre du jour autour de Marlène Schiappa.

« Enquêtes » en ligne

Dimanche soir, sitôt les premières explications de l’entourage de Marlène Schiappa rendues publiques, de nombreux internautes se sont empressés de questionner ces arguments. Et les détracteurs de la ministre de mettre en avant les similitudes entre le décor de la fameuse vidéo et… le véritable bureau de Marlène Schiappa. Ou le fait que la ministre est une abonnée Instagram du salon de coiffure mentionné dans le post. Ce lundi, les responsables de l’entreprise se disent « dépassés » par la polémique.

Ce n’est pas la première fois que Marlène Schiappa est soupçonnée d’un tel mélange des genres. Fin septembre 2020, cette dernière avait déjà publié un post sur Twitter dans lequel elle faisait la promotion d’une entreprise corse de confection de masques. Mais, comme le note Numerama, « il est toutefois possible de considérer que cette précédente publication avait un lien avec la lutte contre la crise sanitaire (d’où “l’action citoyenne” mentionnée dans le tweet de la ministre) ». A l’inverse, comme l’écrivent nos confrères, « d’une publication pour promouvoir un produit pour l’entretien des cheveux »

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En mai 2018, le cabinet de Marlène Schiappa, alors secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, avait reconnu une « maladresse » à la suite de l’utilisation de la boîte mail officielle de la secrétaire d’Etat dans le cadre de la promotion d’un de ses livres.





nouvelobs

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