2021 démarre comme elle a terminé, sous les auspices sombres du virus


2021 commence sous de mauvais auspices: les Etats-Unis ont franchi vendredi le cap des 20 millions de cas recensés de Covid-19 et les campagnes de vaccination enregistrent des retards dans de nombreux pays, repoussant l’embellie tant attendue en cette nouvelle année.

La flambée de l’épidémie ne donne aucun signe de ralentissement au sein de la première puissance mondiale, pays le plus endeuillé avec plus de 346.400 morts du virus.

Les Etats-Unis avaient atteint la barre des 10 millions de cas détectés le 9 novembre. Le rythme des nouvelles infections s’est emballé depuis: le pays a passé la barre des 19 millions dimanche, l’équivalent de la population de l’Etat de New York.

Ce spectaculaire rebond de l’épidémie depuis l’automne a été aggravé par les déplacements de millions d’Américains pour la grande fête familiale de Thanksgiving fin novembre et les réjouissances de fin d’année, malgré les nombreux appels des autorités à rester chez soi.

Les espoirs d’une éradication de la maladie nourris par l’arrivée des vaccins ont de leur côté été refroidis par la lenteur de la campagne de vaccination américaine, plombée par des difficultés logistiques et des hôpitaux débordés.

Un responsable d’un service d’urgence new-yorkais se fait vacciner à New York, le 14 décembre 2020 (GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP – Scott Heins)

Seuls 2,8 millions d’Américains avaient reçu vendredi la première dose de leur vaccin contre le Covid-19, loin de l’objectif affiché par l’administration Trump, de 20 millions de personnes vaccinées d’ici la fin de l’année.

Un retard déploré par le président élu Joe Biden, qui s’est toutefois montré déterminé à accélérer la cadence. « Soyons clairs: l’administration Biden-Harris ne va pas ménager ses efforts pour faire en sorte que les gens soient vaccinés », a-t-il assuré vendredi.

« Je suis plus optimiste que jamais (…) nous avons les équipes les plus efficaces au monde », avait aussi déclaré la veille le démocrate qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

– Célébrations en sourdine –

Les campagnes de vaccination font aussi l’objet de critiques en Europe. Des médecins allemands ont déploré que le personnel hospitalier ne soit pas prioritaire dans leur pays. En France, c’est la lenteur du processus qui alarme.

Une partie des difficultés tient au nombre relativement faible de commandes effectuées par l’UE pour ses 27 pays membres, avec un contrat signé seulement en novembre, plus tard que d’autres pays.

La société allemande BioNTech a expliqué prévoir d’augmenter rapidement en Europe la production de son vaccin développé avec son partenaire américain Pfizer, afin d’y combler un « manque » en l’absence d’autres vaccins approuvés.

BioNTech compte notamment faire tourner dès février une nouvelle unité de fabrication à Marburg en Allemagne.

En attendant, la pandémie a fait au moins 1.820.970 morts dans le monde pour plus de 83 millions de personnes contaminées, selon un bilan établi par l’AFP vendredi vers 20H30 GMT d’après des chiffres officiel.

En conséquence les festivités du Nouvel An se sont faites discrètes cette année, marquée en grande partie par des célébrations virtuelles. A Paris, l’avenue des Champs-Elysées, habituellement noire de monde le 31 décembre, est restée vide, à l’exception de rares véhicules ou livreurs à vélo.

Le couvre-feu a été globalement respecté à travers la France à part plusieurs fêtes clandestines et surtout une immense rave-party en Bretagne (ouest) qui a rassemblé jusqu’à 2.500 personnes venues de tout le pays et de l’étranger.

A New York, où Times Square déborde habituellement de gens euphoriques sous une pluie de confettis, le quartier de Manhattan était bouclé. Au Brésil, les festivités ont été annulées à Rio de Janeiro, qui accueille habituellement l’une des plus grandes fêtes du Nouvel An au monde.

– La mutation se propage –

Malgré ces précautions de nombreux pays craignent un nouvel embrasement passé le réveillon.

Couvre-feu avancé dans une partie de l'Est (AFP - )

Couvre-feu avancé dans une partie de l’Est (AFP – )

En Russie, le président Vladimir Poutine a reconnu dans son discours de voeux pour la nouvelle année qu’une deuxième vague d’infections frappait la nation. « Malheureusement, l’épidémie n’a pas encore été complètement arrêtée. La lutte contre l’épidémie ne s’arrête pas une minute », a-t-il déclaré.

Le président français Emmanuel Macron s’est lui voulu rassurant en exprimant son « espoir » pour 2021 avec le vaccin, tout en avertissant que les premiers mois de l’année seraient « difficiles », avec une épidémie qui pèsera « au moins jusqu’au printemps ».

Pour endiguer une potentielle flambée, le couvre-feu sera avancé de 20H à 18H dans quinze départements de la partie Est de la France dès samedi a indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

« Le virus continue à circuler en France (…) avec une disparité entre les territoires », a-t-il expliqué.

L’inquiétude est d’autant plus grande que le variant britannique du virus, considéré comme plus contagieux que la souche d’origine, continue à se propager sur la planète.

Il a été détecté pour la première fois cette semaine aux Etats-Unis dans le Colorado, la Californie et désormais la Floride. Mais le célèbre immunologue américain Anthony Fauci a assuré « ne pas être surpris » ni particulièrement inquiet, estimant qu’elle circulait déjà « probablement dans d’autres Etats ».

La souche mutante britannique a aussi été repérée en Turquie a annoncé vendredi le ministre turc de la Santé Fahrettin Koca, chez 15 personnes ayant récemment voyagé au Royaume-Uni. Les vols en provenance du Royaume-Uni ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre.

burs-dax/chp



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