« Le Brexit deal va encore plus fragiliser la pêche artisanale »



Sur le petit port du Minck, on oscille entre soulagement et méfiance. Au bord de l’eau, sous l’aubette dans laquelle elle vend les poissons et les coquillages pêchés par son époux, Mme Malfoy a suivi avec beaucoup d’anxiété les ultimes soubresauts de la négociation du Brexit. Derrière elle, leur bateau « l’Ascension » tangue le long du quai. Ratifié in extremis le 30 décembre avant son entrée en vigueur ce 1er janvier 2021, le « deal » accorde finalement un sursis aux pêcheurs européens. Une période de transition de cinq années au moins, durant lesquelles son mari sera encore autorisé à naviguer et pêcher dans les eaux britanniques, « les eaux les plus poissonneuses de la Manche ! », commente Jean, pêcheur à la retraite, qui a, lui aussi, suivi l’avancée des tractations jusqu’aux dernières heures. « On savait que la pêche c’était le point le plus difficile de cet accord », renchérit Jean-Marc Puissesseau, le patron du port Calais-Boulogne.

L’enjeu était de taille : outre-Manche, les pêcheurs britanniques étaient parmi les plus fervents fers de lance du Brexit et rêvaient de souveraineté retrouvée. Pour les Français, la pêche dans les eaux britanniques représente environ 20 % de l’activité de pêche en Atlantique – Manche – Mer du Nord, soit environ 180 millions d’euros chaque année. S’il leur faudra progressivement renoncer à 25 % de leurs prises en eaux britanniques d’ici à juin 2026, on savoure temporairement ce répit annoncé, bonne nouvelle que l’on n’osait plus espérer aprè

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nouvelobs

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