Brexit : les dix dates d’un divorce mouvementé


Synthèse


31.12.2020

Christophe Préault

Du 23 juin 2016 au 24 décembre 2020 : il a fallu quatre ans et demi d’intenses négociations, trois Premiers ministres britanniques et deux présidents de la Commission européenne, pour que le Royaume-Uni et l’Union européenne se séparent de manière « organisée » le 31 décembre 2020 à minuit. Voici les dix principales dates de ce feuilleton à rebondissements.

Crédits : Parlement européen

23 juin 2016. Les citoyens britanniques se prononcent à 51,9% pour le « Leave » lors du referendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Ce référendum est organisé en réponse à une promesse de David Cameron, Premier ministre conservateur (2010-2015 et 2015-2016), qui voulait rassurer une partie de sa majorité eurosceptique. Le lendemain du referendum, David Cameron, qui a fait campagne pour le maintien (« Remain »), annonce qu’il présentera sa démission d’ici le mois d’octobre.

13-27 juillet 2016. Deux nouveaux visages pour négocier le Brexit. Le 13 juillet David Cameron démissionne. Theresa May, députée depuis 1997 et nouvelle cheffe du Parti conservateur, lui succède et forme un nouveau gouvernement. Qualifiée d’eurosceptique, elle a néanmoins voté contre le Brexit. Quatorze jours plus tard, Michel Barnier est nommé négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit par Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne (2014-2019).

29 Mars 2017. Theresa May active l’article 50 du Traité sur l’Union européenne, qui prévoit une clause de retrait d’un État membre. Elle acte ainsi le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne et lance officiellement les négociations, censées aboutir deux ans plus tard, le 31 mars 2019.

Brexit : tous les évènements depuis le référendum

25 Novembre 2018. Theresa May obtient un accord de retrait approuvé lors d’un Conseil européen extraordinaire. Cet accord sera rejeté à trois reprises par les députés britanniques (15 janvier, 12 mars et 29 mars 2019), notamment en raison du fameux « backstop », ou « filet de sécurité », censé organiser la gestion des frontières entre les deux Irlande. Le Brexit est reporté au 31 octobre 2019.

23-26 mai 2019. Elections européennes. Ursula von der Layen, proposée par le Conseil européen, est élue présidente de la Commission européenne le 16 juillet 2019 par le Parlement européen. Dans son agenda : négocier une sortie organisée du Royaume-Uni de l’UE, sachant que les négociations ouvertes fin mars 2017 doivent désormais aboutir le 31 octobre 2019.

24 juillet 2019. Boris Johnson, nouveau chef du parti conservateur, est nommé Premier ministre. Il succède à Theresa May épuisée par deux ans de négociation et malmenée par son propre parti. Au sein du gouvernement de Theresa May, Boris Johnson avait été nommé Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth. Il avait démissionné en juillet 2018 en désaccord avec elle sur la conduite du Brexit.

17 Octobre 2019. Un nouvel accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE, conformément à l’article 50 du Traité sur l’Union européenne, est validé lors d’un Conseil européen. Le « backstop », prévu pour éviter le rétablissement d’une frontière entre les deux Irlande, a notamment été révisé.

Mais pour mener à bien sa stratégie, Boris Johnson a besoin de temps et d’une majorité plus forte au Parlement britannique. Il demande une nouvelle prolongation du délai de retrait, acceptée par le Conseil européen et fixée au 31 janvier 2020, et convoque donc des élections législatives anticipées le 12 décembre 2019, dont il sort grand vainqueur : le Parti conservateur obtient la majorité absolue et enregistre son meilleur résultat depuis 1987. Cet accord est approuvé en janvier 2020 par les députés britanniques, puis par le Parlement européen. Il entre en vigueur le 31 janvier 2020 à minuit.

31 janvier 2020 à minuit. Le Royaume-Uni sort de l’Union européenne, mais entre dans une période de transition, jusqu’au 31 décembre 2020, le temps d’assurer une séparation organisée. Les députés britanniques quittent le Parlement européen. Le Royaume-Uni ne participe plus aux décisions de l’UE, mais continue d’appliquer les normes européennes. Le RU et l’UE ont onze mois pour négocier leur relation future, notamment s’accorder sur l’épineuse question des relations commerciales.

Brexit : les principaux points de l’accord entre le Royaume-Uni et l’UE

24 décembre 2020. Après de multiples rebondissements et les craintes d’un no-deal, l’Union européenne et le Royaume-Uni lèvent les derniers obstacles concernant la pêche, les échanges commerciaux et la gouvernance de cet accord, et s’accordent sur les termes de leur relation future. Cet accord signé par les 27 États membres et les députés britanniques le 30 décembre, doit encore être approuvé par le Parlement européen, lors d’une prochaine session plénière début 2021.

31 décembre 2020 à minuit. Quarante-huit ans après son adhésion (1er janvier 1973), le Royaume-Uni quitte formellement l’Union européenne, qui perd l’un de ses membres pour la première fois de son histoire. L’Europe avance désormais à 27.



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