Face au Brexit, l’Eurotunnel s’est transformé en forteresse digitale



« Attention, vous êtes sur une route à accès limité », prévient le GPS avant même le premier checkpoint de sécurité. A la fin des années 1980, lorsque « l’Obs » racontait les coulisses du chantier de l’Eurotunnel, il était question de lumières vertes et de rayons lasers futuristes. D’une atmosphère de « base secrète à la James Bond »... Aujourd’hui, les palissades barbelées et surmontées de caméras de surveillance qui enserrent le site depuis le démantèlement de la jungle de Calais nous évoquent plutôt le mur, érigé par Donald Trump entre le Texas et le Mexique.

Depuis l’autoroute, les grillages sont si hauts (4 mètres) qu’on ne voit plus la mer. Et les vieilles photos de la foule acclamant la reine Elisabeth II lorsqu’elle inaugurait le tunnel au volant de sa Rolls Royce Phantom semblent d’un âge révolu. C’était en 1994… Les attentats des années 2010 sont passés par là, la crise migratoire aussi. « L’Eurotunnel est devenu un lieu aussi protégé qu’une centrale nucléaire », souffle Nadiera Mondongue, la porte-parole de Getlink qui nous en ouvre l’accès pour nous faire découvrir la frontière numérisée qui sera déployée dès ce 1er janvier 2021.

Officiellement, c’est le Brexit qui a impulsé la conception de cette frontière intelligente ou « smart border » comme l’appellent les Anglais. « Pour nous préparer au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, nous avons investi 47 millions d’euros dont un tiers est consacré à du développement informatique… », précise Jacques Gounon, le

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nouvelobs

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