ce qui va changer le 1er janvier


Plus de quatre ans après la victoire du « oui » au référendum sur le Brexit, et après des années de déchirements, le Royaume-Uni cessera jeudi soir d’appliquer les règles européennes. L’accord trouvé in extremis le 24 décembre et signé mercredi entérine les changements de relations entre les deux partenaires. « L’Obs » fait le point.

  • Fin de la libre circulation des personnes

A partir d’octobre 2021, la carte d’identité ne suffira plus pour rentrer au Royaume-Uni. Un passeport sera exigé, pour des séjours allant jusqu’à six mois maximum, mais les citoyens européens n’auront toutefois pas besoin d’un visa.

Concernant les activités professionnelles, un permis de travail pourra être exigé en fonction des activités exercées. Si les participants à des réunions, conférences, séminaires, foires, salons ou travaux de recherche sont exemptés de permis, il sera toutefois requis pour les activités impliquant la vente au public de biens ou services.Brexit : « La Grande-Bretagne apparaît comme la gagnante de cet accord »

  • Pas de produits contenant de la viande ou du lait

Plus de sandwich jambon-fromage dans ses valises lorsque l’on rentre dans l’UE. A partir du 1er janvier 2021, il sera interdit d’introduire dans l’Union européenne des produits d’origine animale contenant de la viande ou un produit laitier.

Cette interdiction vise à éviter l’introduction de maladies animales infectieuses car ces produits sont susceptibles de véhiculer des agents pathogènes.

Quelques exceptions sont à noter, comme le lait en poudre et les aliments pour nourrissons, le miel, les escargots ainsi que les aliments spéciaux pour animaux familiers requis pour des raisons médicales, en quantité limitée (jusqu’à 2 kilogrammes par personne).

  • La fin des échanges Erasmus

Pour le Premier ministre britannique Boris Johson, le programme européen d’échange pour les étudiants Erasmus est une « chose merveilleuse ». Mais il est « extrêmement cher » pour le Royaume-Uni, et il prendra donc fin dans le pays, promettant aux étudiants européens des démarches plus compliquées et des frais de scolarité coûteux pour y étudier.

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  • Des conditions plus complexes pour s’expatrier au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, plus de 4,2 millions de citoyens européens avaient déposé une demande de statut de résident à la fin octobre. Leurs droits sont protégés s’ils étaient installés avant le 31 décembre 2020. Mais il en sera tout autrement pour ceux qui souhaitent émigrer après le 1er janvier 2021.

La Grande-Bretagne va instaurer un système à points qui rendra l’installation des Européens beaucoup plus difficile. L’âge, la connaissance de l’anglais, les ressources financières seront pris en compte. Si toutes les conditions sont remplies, un visa valable cinq ans pourra être délivré.

  • Et pour les Britanniques souhaitant vivre en France ?

Les Britanniques déjà installés en France devront avoir un titre de séjour à partir du 1er octobre 2021. Ceux qui souhaiteront s’installer à partir du 1er janvier 2021 devront demander un titre de séjour de droit commun en préfecture. Comme les citoyens européens, s’ils étaient déjà installés avant le 31 décembre 2020, leurs droits resteront protégés.

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  • Un accès aux eaux britanniques pour les pêcheurs européens

C’était un bras de fer redoutable lors des négociations. L’accord prévoit de laisser aux pêcheurs européens un accès aux eaux britanniques pendant une période transitoire de cinq ans et demi, jusqu’en juin 2026. Pendant cette période, l’UE devra progressivement renoncer à 25 % en valeur de ses prises, qui totalisent environ 650 millions d’euros par an.

Si le Royaume-Uni limite l’accès ou les captures de l’UE, celle-ci peut prendre des mesures de rétorsion en imposant des droits de douane sur les produits de la pêche ou d’autres biens britanniques, voire suspendre une grande partie de l’accord commercial tout en maintenant intactes les règles de concurrence loyale.

  • Les animaux de compagnie britanniques contrôlés

Les chiens et chats britanniques vont perdre leur passeport européen pour animaux domestiques ce vendredi. De quoi compliquer la vie de leurs maîtres qui se préparent à de nouvelles démarches potentiellement onéreuses.

Après la fin de la période de transition post-Brexit, ils devront présenter un certificat sanitaire international au plus tard dix jours avant leur voyage vers l’Union européenne ou la province britannique d’Irlande du Nord, qui reste soumise à certaines règles européennes.

Pour les propriétaires d’animaux européens, une nouvelle procédure devrait être mise en place prochainement.

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  • Pas de douanes, mais des déclarations douanières

L’accord garantit des échanges sans droits de douane ni quotas pour « tous les biens qui respectent les règles d’origine appropriées ». Du jamais-vu dans un accord commercial. Pour autant, les entreprises devront se soumettre à des formalités de déclarations douanières dans les deux sens, et des contrôles sanitaires sont prévus.

  • Le respect d’une concurrence équitable

Le Royaume-Uni et l’UE s’engagent à respecter des conditions de concurrence équitables. Londres accepte ainsi de ne pas revoir à la baisse l’ensemble des législations et standards sociaux, environnementaux et climatiques européens en place le 31 décembre 2020 et de s’adapter à leur évolution.

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Toutefois, l’accord prévoit la possibilité d’appliquer des mesures unilatérales de rééquilibrage, notamment des droits de douane, en cas de divergences importantes.





nouvelobs

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