« Avec le Brexit, l’Eurotunnel expérimente la frontière du futur »



Qu’elle paraît loin, l’époque où la reine Elizabeth II inaugurait le tunnel sous la Manche au volant de sa Rolls Royce Phantom… A la veille du Brexit, ce nœud de passage hautement stratégique, – un quart des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale y transite –, s’est doté d’une innovante « smart border », c’est-à-dire une frontière numérique prête à être dupliquée ailleurs dans le monde. Car si elle a d’abord vocation à fluidifier le trafic des marchandises, cette « smart border » a aussi été pensée pour compliquer la traversée des migrants vers l’eldorado anglais…

« Le Brexit, paradoxalement, nous a permis de développer des systèmes automatisés qui, certainement, se généraliseront ailleurs dans le monde. D’ailleurs, nous ne cachons pas notre intention de les commercialiser ensuite », indique Jacques Gounon, le PDG de Getlink (ex-Eurotunnel). ENTRETIEN.

Face au Brexit, l’Eurotunnel s’est transformé en forteresse digitale

Tout d’abord, un mot sur l’accord sur le Brexit, ratifié in extremis ce 30 décembre. Quelles en seront concrètement les conséquences pour le tunnel sous la Manche ?

C’est presque décevant, mais je ne vois pas bien ce que le Brexit va changer pour notre business. La non-réintroduction de droits de douane signifie qu’il n’y aura pas de frein à l’activité économique. Coté passagers, peut-être qu’un Français qui voudra entrer en Grande-Bretagne aura besoin d’un passeport et non d’une carte d’identité. Mais actuellement, 99 % des gens q

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nouvelobs

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