Un exploit manqué et un rêve à réaliser pour Salman



  • Khalid Salman a participé au Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Australie 1981.
  • À deux ans de Qatar 2022, le Qatarien évoque ses souvenirs
  • « S’il n’avait pas plu, nous aurions gagné le titre », assure-t-il

En ce 18 décembre 2020, deux ans jour pour jour nous séparent de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™, un match lors duquel tous les Qatariens adoreraient voir leur équipe nationale à l’affiche. Ce rêve semble bien lointain, mais en 1981, le Qatar avait réalisé un parcours remarquable lors du Championnat du Monde Juniors de la FIFA. En Australie, il avait atteint la finale, où il s’était incliné face à l’Allemagne de l’Ouest.

Les Qatariens avaient notamment battu la Pologne, fait match nul avec les États-Unis et perdu contre l’Uruguay. En quart de finale, ils avaient battu le Brésil de Julio Cesar et Josimar 3-2 grâce à un triplé du milieu de terrain Khalid Salman. « Une bonne préparation, un effectif de qualité, un leadership exceptionnel de la part de notre sélectionneur Evaristo de Macedo : tous ces ingrédients ont joué un rôle majeur dans notre performance lors de cette compétition », affirme le héros de cette rencontre au micro de FIFA.com. « Nous voulions montrer le meilleur visage du Qatar. Mais à mesure que nous passions les tours, nous devenions de plus en plus ambitieux, d’autant que nous ne représentions pas seulement le Qatar mais aussi le football arabe et le football asiatique. »

Un rêve qui se réalise

En demi-finale, le Qatar avait battu l’Angleterre 2-1, une victoire qui dépassait les rêves les plus fous des joueurs. « Nous ne nous attendions pas à battre l’Angleterre, l’un des favoris de la compétition. Mais grâce à l’état d’esprit de l’équipe, ainsi qu’à la confiance engrangée sur les matches précédents, nous nous sommes convaincus que nous avions les moyens de l’emporter », se souvient-il.

Le conte de fées a pris fin sur une lourde défaite 4-0 aux mains de l’Allemagne de l’Ouest. Selon Salman, le Qatar aurait connu un autre sort si les cieux de Sydney avaient été plus cléments. « S’il n’avait pas plu, le Qatar aurait gagné », insiste-t-il. « Les conditions météo la veille du match ne nous ont pas aidés. Nous n’avions pas pu nous entraîner sur le terrain car il était gorgé d’eau. Nous n’avions pas l’habitude de jouer par temps de pluie, ce qui nous a compliqué la tâche. Nous nous sommes procuré deux occasions au cours du premier quart d’heure, mais nous ne les avons pas concrétisées à cause du mauvais état du terrain. »

FIFA World Youth Championship Australia 1981

Ambition et réalisme

Après cette épopée de 1981, l’équipe nationale A du Qatar a dû attendre 2019 pour remporter la Coupe d’Asie. Un succès qui constitue une source de fierté pour la génération de joueurs de Salman. « La génération qui a remporté la Coupe d’Asie a réussi ce que nous voulions faire. Ce groupe a pris le meilleur sur de grandes nations asiatiques comme le Japon, la République de Corée, l’Australie et l’Iran pour devenir la meilleure équipe du continent », se réjouit l’ancien joueur, qui exerce aujourd’hui en tant que consultant.

Le Qatar sera-t-il capable de récidiver en Coupe du Monde de la FIFA™ dans deux ans ? « La Coupe du Monde, c’est autre chose. Il faut faire preuve de réalisme : nous ne sommes pas supérieurs à de grands pays de football comme le Brésil, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et la France », admet Salman. « C’est possible que notre équipe fasse de bons résultats et passe la phase de groupes, ce qui serait déjà une réussite en soi. Mais honnêtement, nous n’avons pas encore atteint le niveau des équipes. »

Indépendamment des résultats sportifs du pays hôte, Salman se réjouit à l’idée de voir son pays accueillir la Coupe du Monde. « Le fait d’organiser cet événement sportif gigantesque et d’éblouir le monde entier constituera un grand accomplissement non seulement pour le Qatar, mais aussi pour tout le monde arabe. Les stades de standing international et les infrastructures de pointe, qu’il s’agisse du métro, des tunnels, des ponts ou des hôtels, seront une source de fierté pour le Qatar et l’ensemble de la région », assure Salman. « Après 2022, il sera difficile pour un pays, quel qu’il soit, d’organiser une Coupe du Monde de la sorte. Ce sera un événement extraordinaire », conclut-il.

Khalifa International Stadium, Qatar



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