« Oui, une République écologique est possible »


BibliObs. La pensée écologique vous semble se fourvoyer dans le solutionnisme technique et la collapsologie. Pourquoi ces deux tentations sont-elles des impasses ?

Serge Audier. Confrontés aux désastres environnementaux et à l’inquiétude des citoyens, les groupes dirigeants du capitalisme sont acculés à une stratégie d’adaptation technologique et idéologique. L’idée est de « tout changer » pour que rien ne change dans les logiques fondamentales d’accumulation et de consommation, avec un discours lénifiant : « Restez tranquilles, nous inventerons des moyens techniques pour résorber la crise climatique, nul besoin de toucher à nos modes de vie ou aux logiques de production. » Je n’ironise pas sur l’absolue urgence de technologies dites « vertes » et d’énergies « renouvelables », sur la « décarbonisation », etc. Mais cette « transition » restera cosmétique si elle ne s’intègre pas dans un projet collectif porté par les citoyens en vue de construire une société bien plus sobre. On nous parle des voitures électriques, de l’hydrogène, des réseaux électroniques intelligents, etc. On oublie de nous parler de l’effet-rebond : bien souvent, les gains d’énergie, parfois surestimés, sont annulés et dépassés par l’explosion des usages et de la consommation. Le « solutionnisme » technique, sans projet de société alternatif, est une impasse.

Et la collapsologie ?

Son incroyable médiatisation a peut-être contribué à vulgariser auprès d’un large public une critique écologique déjà ancienne de l’

Pour lire les 95 % restants,
testez l’offre à 1€ sans engagement.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire