Brexit: « un peu de casse » chez les pêcheurs mais « l’Etat sera là », assure Annick Girardin


La ministre de la Mer Annick Girardin a estimé que l’accord sur le Brexit allait provoquer « un peu de casse » chez les pêcheurs français mais assuré que « l’Etat sera là » pour les accompagner, samedi sur France Inter

L’accord post-Brexit prévoit une période de transition jusqu’à l’été 2026 pour renoncer à 25% des captures européennes, qui s’élèvent en valeur à environ 650 millions d’euros par an, et leur renégociation annuelle au terme de cette période.

Les pêcheurs de l’UE conserveront jusqu’à cette date un accès garanti aux zones situées dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (eaux territoriales) où ils se rendaient traditionnellement.

« Nous passons à côté d’une catastrophe qui aurait été soit un +no deal+, soit les revendications anglaises qui étaient 80% des quotas que l’on devait rendre », a souligné la ministre, rappelant que l’équivalent de « 171 millions d’euros » sont pêchés par les Français « chez nos voisins britanniques » chaque année.

« Donc 25% de moins, à peu près 42 millions, bien entendu, ils vont manquer. C’est pour cela qu’il y a ce plan d’accompagnement budgétaire et de sortie de flotte, d’accompagnement, de restructuration, de formation de ceux qui sortiront de cette filière. Oui il y aura un peu de casse mais oui l’Etat sera là », a-t-elle encore dit.

« L’Etat sera aux côtés des pêcheurs, de l’ensemble de la filière, avec un plan d’aide (…) qui sera à nouveau détaillé dans la semaine qui vient », a-t-elle répété.

Dès jeudi, le ministère de la Mer a dévoilé plusieurs mesures d’accompagnement des pêcheurs et mareyeurs après l’annonce d’un accord commercial post-Brexit entre Londres et l’Union Européenne.

Ils pourront bénéficier d’une aide forfaitaire pouvant aller jusqu’à 30.000 euros en fonction de leur dépendance aux produits capturés dans les eaux britanniques.

Parmi les mesures figurent l’extension de l’activité partielle de longue durée pour les salariés des entreprises dépendantes des eaux britanniques, une aide à la restructuration au titre du plan de sauvegarde de l’emploi de l’entreprise ou encore la possibilité de « faire valider les acquis de l’expérience ou des reconversions dans le secteur maritime ».

Quant aux quotas négociés avec le Royaume-Uni, ils « ne bougeront plus », a insisté la ministre.

« Ils sont actés. Par contre, les accès, dans cinq ans et demi, le Royaume-uni pourrait décider de fermer ces accès. Dans ce cas-là, bien entendu, nous avons prévu des mesures de sanctions très dures: nous pouvons fermer nous aussi nos eaux, nous pouvons remettre des taxes sur les produits, les produits de la pêche mais plus largement (…). Nous allons apprendre à travailler autrement, y compris avec nos voisins du Royaume-Uni », a souligné Mme Girardin

L’Union du Mareyage français (UMF) s’est félicitée « de la préservation globale des intérêts de ses membres » dans le cadre de l’accord sur le Brexit, dans un communiqué samedi.

Elle a également salué la mise en place d’un plan de soutien, et appelé « à sa mise en oeuvre rapide ». Le mareyage regroupe en France 480 entreprises, pour environ 11.000 salariés.



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