« Erasmus » au Royaume-Uni, c’est fini


L’auberge espagnole ne sera jamais plus un cottage anglais. Lors de la conférence de presse faisant suite à l’accord commercial trouvé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne afin d’organiser le Brexit, jeudi 24 décembre, il a été officiellement annoncé que le Royaume-Uni sortait du célèbre programme « Erasmus ».

Un accord sur le Brexit enfin trouvé !

C’est « une décision du gouvernement britannique » a regretté Michel Barnier qui contenait mal son mécontentement à ce sujet, renvoyant Boris Johnson à ses responsabilités. Le Royaume-Uni était en effet un important acteur de ce programme permettant aux étudiants de découvrir d’autres pays d’Europe.

« Qu’allez-vous dire aux jeunes qui espéraient prétendre au programme Erasmus ? » a d’ailleurs demandé un journaliste à Boris Johnson lors de la conférence de presse.« C’était une décision difficile. Comme vous le savez, le Royaume Uni a été un grand contributeur de ce système. Mais Erasmus coûtait également très cher. Nous allons mettre en place un système d’échanges, mais un système propre au Royaume-Uni. »Accord sur le Brexit : et maintenant ?

Plus de cinq millions d’échanges

En 2017, Erasmus fêtait ses 30 ans. Pour l’occasion, des études avaient été réalisées afin de dresser un portrait de ce programme.

Il avait à cette époque permis à plus de cinq millions de jeunes de partir en échange à l’étranger, s’affichant comme une « réussite » européenne dans une Union en plein doute après le vote du Brexit.

« C’est une expérience unique », se souvient Lila, deux ans après l’aventure. Son départ à Dublin a permis à cette Française de 24 ans, étudiante en commerce à l’époque et aujourd’hui salariée, de « mûrir, grandir » et de « rencontrer plein de gens ».

En mémoire d’Erasme

C’est le 15 juin 1987 que voit le jour le programme européen, baptisé en mémoire d’Erasme, l’un des grands humanistes de la Renaissance.

A l’origine, il permettait aux seuls étudiants de partir suivre une année de cursus à l’étranger. Mais il n’a cessé de s’étendre, passant de 11 à 33 pays participants. Rebaptisé Erasmus +, il s’est aussi élargi aux élèves du primaire et du secondaire ou de lycées professionnels.

Erasmus a même eu les honneurs du cinéma. Le film à succès « L’Auberge espagnole » de Cédric Klapisch, sorti 2002, met en scène un jeune Français parti à Barcelone pour étudier et… largement occupé par ses tracas sentimentaux.

Un million de « bébés Erasmus »

Une étude publiée en 2014 estimait d’ailleurs que plus d’un million de bébés sont nés depuis le lancement d’Erasmus de couples formés lors des séjours d’étude.

Pour les responsables d’Erasmus + qui viennent de dresser le bilan des 30 ans, la construction d’« une citoyenneté européenne » et d’« une Union européenne plus équitable, plus inclusive et durable » est en marche.

« Le succès est indéniable », abonde Jean-Luc Nahel, chargé des relations internationales à la Conférence des présidents d’universités (CPU) françaises. « Il y a vingt ans dans les universités ce n’était pas très intéressant », explique-t-il à l’AFP. « Aujourd’hui, la mobilité internationale des étudiants est l’un des éléments qui permet de juger les universités ».

« Perdre Erasmus serait un choc conséquent pour Oxford et de nombreuses universités du Royaume-Uni », admettait en 2017 Loren Griffith, directeur de la stratégie internationale à Oxford.

Etudiant français en échange depuis septembre à l’université de Durham (nord-est de l’Angleterre), Younes, 19 ans, inscrit dans un cursus d’histoire, en était en tout cas convaincu : « Erasmus +, c’est indiscutablement une des choses les plus positives de l’Union européenne ». Dommage…





nouvelobs

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