Feu vert français à des retours du Royaume-Uni à partir de mercredi


La France a rouvert ses portes mercredi à certains retours du Royaume-Uni, avec un test négatif au coronavirus et au variant qui s’est répandu outre-Manche, tout en préparant le début de la vaccination dimanche.

Pour la première fois depuis dimanche, des véhicules avec passagers ont débarqué sur le port de Calais en provenance de Douvres dans la nuit de mardi à mercredi, après la réouverture du trafic sortant accompagné du Royaume-Uni, a constaté un correspondant de l’AFP

Les Français et les étrangers qui résident en France ou dans l’espace européen ainsi que ceux qui « doivent effectuer des déplacements indispensables », pourront rentrer en France, mais devront « disposer, avant le départ, du résultat d’un test négatif (…) de moins de 72 heures », soit PCR, soit antigénique, à condition qu’il soit sensible au coronavirus et à son variant, a annoncé Matignon.

« Nous avons travaillé d’arrache-pied avec nos homologues et les autorités britanniques (…) pour permettre dès demain matin à la fois aux bateaux, évidemment aux trains et aux Eurostar, et aussi aux avions, de pouvoir redémarrer en sécurité », a précisé le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari.

« Nous cherchons à faire une ouverture sanitairement sûre, limitée, encadrée et que nous surveillons dans le temps », a précisé une source gouvernementale.

Le ministère britannique des Transports a précisé mardi soir que « tous les chauffeurs de poids lourds, indépendamment de leur nationalité, devront se soumettre » à un dépistage (antigénique) livrant un résultat en environ 30 minutes pour pouvoir traverser la Manche vers la France.

Ce test négatif en poche, les routiers pourront passer avec leur marchandise. Mais s’ils sont positifs, ils devront rester dix jours sur le sol britannique, a ajouté le ministère français des Transports.

Ni Paris ni Londres n’ont toutefois précisé pas ce que pourront faire, une fois passé en France, les routiers originaires de pays qui maintiennent fermées leurs frontières avec le Royaume-Uni.

Le port anglais de Douvres a annoncé sa réouverture mardi soir, dès 23H00 GMT, pour le trafic sortant vers la France à la suite d’un accord trouvé entre Paris et Londres.

La Commission européenne avait recommandé mardi aux Etats membres de l’UE de faciliter la reprise du trafic avec le Royaume-Uni dont l’isolement, lié à la découverte sur son territoire d’une variante du coronavirus, a semé le chaos dans ses relations avec le continent.

Selon les autorités britanniques, ce nouveau variant du coronavirus augmente sa transmission de 40 à 70%.

Depuis dimanche minuit, la France, à l’instar de nombreux pays européens dont l’Allemagne ou les Pays-Bas, avait suspendu la circulation des personnes et des biens en provenance du Royaume-Uni pour 48 heures.

– Record de tests –

L’interruption du trafic a provoqué une forte perturbation dans le transport de marchandises, à quelques jours de Noël, bloquant des dizaines de poids lourds au port de Douvres, dans le Kent sur la côte sud de l’Angleterre, transformé en parking géant et aux abords duquel des embouteillages de camions s’étendent sur des kilomètres.

Les gouvernements français et britannique ont d’ailleurs demandé aux routiers d’éviter de se rendre dans le Kent jusqu’à nouvel ordre, afin de ne pas aggraver le chaos, le temps que soient mis en place des centres de tests.

De l’autre côté de la Manche, au port de Calais, quasi pétrifié lundi par l’annonce du gouvernement français, l’activité avait légèrement repris mardi, s’organisant autour du fret non-accompagné, seul autorisé, dans l’attente de nouvelles annonces gouvernementales.

La branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit réunir mercredi matin ses membres pour discuter des stratégies à mener face à la nouvelle variante du coronavirus et « suit la situation de près », a indiqué son directeur régional, Hans Kluge, sur Twitter.

En attendant, le gouvernement français prépare la campagne de vaccination qui doit débuter dimanche pour « quelques dizaines » de résidents dans « deux ou trois » établissements pour personnes âgées, cible prioritaire de la première campagne vaccinale, a précisé mardi soir le ministre de la Santé Olivier Véran sur TF1.

L’un des Ehpad sera « du côté de Paris, pas très loin de Paris, un autre du côté de la Bourgogne Franche-Comté et puis éventuellement un troisième qui est en discussion », a déclaré le ministre, précisant que les premiers vaccins seraient « livrés samedi » sur le territoire.

Dans les prochains jours, les premières doses feront la route entre les entrepôts de l’entreprise américaine Pfizer à Puurs, en Belgique, et les 7.200 établissements pour personnes âgées de l’Hexagone.

Survol des camions par des drones, nombre d’arrêts limités, stricte confidentialité des lieux de stockage: l’acheminement en France des doses de vaccins contre le Covid-19 fait l’objet de mesures de sécurité drastiques.

L’épidémie semble marquer un léger rebond dans certains départements depuis quelques jours, alors que le nombre de tests quotidiens effectués –notamment antigéniques– atteint des records, à trois jours de Noël.

Mardi, le maire PS de Nancy, Mathieu Klein, a appelé à une décision rapide du gouvernement sur un éventuel reconfinement, tandis que son homologue de Reims, Arnaud Robinet (LR), a estimé nécessaire de « reconfiner de façon territoriale ou nationale » après Noël.

La France a compté 12.000 nouveaux cas de contamination au virus, mais le taux de positivité (qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 sur l’ensemble des personnes testées) continuait sa décrue, à 4,4% mardi. 386 malades sont décédés, en hôpital et en Ehpad, portant le bilan à 61.702 depuis le début de l’épidémie.



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