La dépendance énergétique européenne – Energie – Toute l’Europe



Carte et comparatif


18.12.2020

mis à jour par Noémie Galland-Beaune

Secteur hautement stratégique, le marché de l’énergie révèle la forte dépendance européenne aux importations, notamment en pétrole et en gaz. Une réalité au coeur des politiques européennes, qui cherchent à assurer la sécurité du continent en matière d’approvisionnement énergétique.

 

 

Le taux de dépendance énergétique

Ce taux, qui représente la part d’énergie importée par rapport au total d’énergie consommée, indique la mesure dans laquelle une économie repose sur ses importations pour subvenir à ses besoins en énergie. Des valeurs positives supérieures à 100 % indiquent une accumulation de stocks au cours de l’année de référence. Des valeurs négatives témoignent à l’inverse d’une balance énergétique positive (plus d’exportations que d’importations.)

L’UE dépend des importations pour un peu plus de la moitié de sa consommation d’énergie

En 2018, l’Union européenne dépend, pour 58,2 % de sa consommation d’énergie, de ses importations. Le reste de l’énergie est produite sur le sol européen.

Sur le long terme, la dépendance énergétique européenne a augmenté depuis 1990 (à l’époque, les importations d’énergie ne représentaient que 44 % du total) et a connu son plus haut pic en 2008 (58,4 %).

L’indépendance énergétique européenne dépend des politiques adoptées par les Etats membres. Les Etats sont autonomes dans le choix de leurs sources d’approvisionnement et de leur mix énergétique. Toutefois, la production d’énergie primaire dans l’UE était 9,2 % plus faible en 2018 que dix ans auparavant. Dans le même temps en revanche, la part d’énergies renouvelables a considérablement augmenté.

Une dépendance énergétique variable selon les pays

En 2018, les taux de dépendance énergétique les plus bas ont été enregistrés pour l’Estonie (0,7 %), le Danemark (23,7 %), la Roumanie (24,3 %), et la Suède (29,2 %).

Au contraire, certains pays dépendent presque exclusivement de sources d’approvisionnements extérieures. C’est le cas de Malte (97,8 %), du Luxembourg (95,1 %), et de Chypre (92,5 %).

Entre 2008 et 2018, le Danemark, les Pays-Bas, la Lituanie et la Pologne sont devenus de plus en plus dépendants des importations d’énergie, des tendances en grande partie liées au ralentissement de la production d’énergie primaire (épuisement progressif de l’approvisionnement en matières premières). Une dépendance croissante, bien que moins marquée, a également été constatée en Tchéquie, en Allemagne et en Belgique.

Tous les autres États membres de l’UE ont enregistré une baisse de leur taux de dépendance énergétique entre 2008 et 2018, avec une baisse rapide en Estonie, où ce taux a chuté de 27,5 % à 0,7 % (- 26,8 points), mais aussi en Irlande (- 22,3 points), en Bulgarie (- 15,8 points) et en Lettonie (- 14,5 points) sous l’effet d’une combinaison de gains d’efficacité énergétique et d’une évolution du mix énergétique visant à promouvoir la production primaire d’énergie à partir de sources renouvelables.

La Russie, fournisseur majoritaire de l’Union européenne

En 2018, sur l’ensemble des importations énergétiques des pays de l’UE, 40,4 % du gaz, 29,8 % du pétrole et 42,4 % des combustibles solides sont russes. Le second pays dont dépend le plus l’Union est la Norvège, seul pays européen à produire plus d’énergie que ce qu’il n’en consomme, avec un taux de dépendance énergétique de -593,2 %. Mais sa part diminue lentement, passant de 22,0 % en 2008 à 18,1 % en 2018. Ce manque de diversité dans les partenariats rend les pays plus exposés à un risque de rupture d’approvisionnement énergétique, d’autant plus lorsqu’ils ne dépendent que d’un fournisseur pour l’ensemble de leur consommation. 

Plus particulièrement, les relations avec la Russie ont suscité des inquiétudes quant à la pérennité d’un partenariat énergétique russo-européen. Après l’abandon du projet de gazoduc South Stream (devant permettre à la Russie de fournir l’Italie, l’Autriche et les Balkans), le projet North Stream 2 (toujours en négociations entre l’Allemagne et la Russie) fait l’objet d’une vive opposition, en particulier en Pologne et au sein de la Commission européenne.

Le « paquet sécurité énergétique »

Pour favoriser l’indépendance énergétique des pays membres, la Commission européenne a présenté le 16 février 2016 son premier « paquet législatif » sur la sécurité énergétique, censé approfondir l’Union de l’énergie.

La Commission souhaite tout d’abord encourager le recours au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce combustible, facile à transporter et à stocker, aujourd’hui encore peu exploité, pollue moins que le pétrole ou le charbon. Le GNL permettrait à l’UE de diversifier ses partenaires commerciaux. Ainsi, entre juillet 2018 et mai 2019, les importations de GNL en provenance des Etats-Unis ont augmenté de 272 % même si la Russie demeure la source d’approvisionnement principale de l’UE. En outre, cela reste un combustible fossile dont l’utilisation engendre une production de méthane.

Sur le sujet du gaz, la Commission a également acté un principe de solidarité en cas d’urgence poussant les Etats membres à s’entraider en cas de pénurie ou de problème de distribution.

Une autre mesure concerne les nouveaux contrats négociés dans le domaine du gaz et du pétrole. La Commission européenne souhaite s’exprimer a priori sur la conformité des accords conclus par les Etats membres avec les objectifs de l’Union de l’énergie. Les pays ne peuvent désormais signer d’accord sans tenir compte de l’avis de la Commission.



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