La fréquentation des bars et restaurants augmente le risque d’infection selon une étude française


Aller dans les restaurants ou les bars augmente le risque d’attraper le Covid-19, et les repas en général jouent un rôle central dans les contaminations, selon une étude très attendue rendue publique ce jeudi 17 décembre, sur laquelle s’appuie le gouvernement pour justifier les fermetures. Leur réouverture n’est pas prévue avant le 20 janvier, minimum.

« Si les restaurants restent fermés jusqu’à la fin d’année, ce sera dramatique »

« On voit dans cette étude une augmentation du risque associée à la fréquentation des bars et restaurants », explique à l’AFP son auteur principal, Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique qui guide le gouvernement.

Mais « il faut être prudent » dans l’interprétation de ces résultats « sur un sujet éminemment sensible », insiste-t-il. L’étude, baptisée ComCor, a été menée en octobre et novembre, pendant le couvre-feu puis le confinement, quand les établissements étaient partiellement voire complètement fermés.

Il est donc difficile de savoir « quelle est la part réelle des restaurants et des bars dans la transmission » du virus, puisque cette période ne correspondait pas à leur fonctionnement normal.

Une hausse du risque de contamination pendant le confinement ?

Selon l’étude d’Arnaud Fontanet, le risque augmente même davantage pendant le confinement que pendant le couvre-feu, ce qui semble paradoxal puisque les établissements étaient alors censés être totalement fermés.

« Cela laisse entendre qu’il y a eu des bars et restaurants ouverts de façon clandestine pendant le confinement » et que les personnes qui s’y sont rendues, même moins nombreuses, « s’y sont beaucoup exposées », avance le professeur Fontanet.

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Ces dernières semaines, les restaurateurs ont protesté contre les fermetures, en estimant qu’elles n’étaient pas justifiées scientifiquement.

Des accusations rejetées par le Premier ministre Jean Castex : « On dispose d’études internationales », a-t-il dit mardi 15 décembre sur Europe 1, en assurant que pour le côté français, l’étude ComCor allait « confirmer » que la fermeture des restaurants et des bars était « nécessaire ».

3 400 volontaires interrogés

Deux études américaines pointaient récemment le rôle des restaurants dans les contaminations. L’une a été publiée en septembre par les Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) d’Atlanta, l’autre en novembre dans la revue médicale « Nature ».

« Il y a un faisceau d’arguments », dit le professeur Fontanet, en citant ces deux travaux, sa propre étude ainsi que « de nombreuses descriptions de transmission dans des restaurants » à travers le monde.

« L’ensemble montre que c’est un lieu à risque, en revanche, l’ampleur du risque doit être réévaluée dans des conditions d’ouverture beaucoup plus classiques » que celles de son étude, juge-t-il.

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Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de ComCor ont interrogé 3 400 volontaires infectés par le Covid-19 et 1 700 autres qui n’ont pas été contaminés. Le but : définir des facteurs de risque (profession, mode de déplacement, endroits visités…) en comparant infectés et non-infectés.

C’est ainsi qu’ils ont déterminé que la fréquentation des restaurants, bars ou salles de sport était associée à une augmentation du risque, contrairement aux transports en commun ou aux commerces (alimentaire, habillement…).

Les repas jouent un rôle « central » dans les contaminations

En plus de ce volet sur les facteurs de risque, l’étude ComCor comprend une autre partie, sur les circonstances de contamination. Elle porte sur 25 600 personnes infectées tirées des fichiers de l’assurance-maladie (Cnam), interrogées par questionnaire.

Elle montre que « les repas jouent un rôle central dans ces contaminations, que ce soit en milieu familial, amical ou, à moindre degré, professionnel », puisqu’on y est proche les uns des autres, et sans masque.

« Les réunions privées – familles, amis – constituent la principale source d’infection », rappelle Arnaud Fontanet. « Si les gens organisent des dîners amicaux chez eux plutôt qu’aller au restaurant, ça ne change rien. »

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44 % des personnes infectées savaient comment elles l’avaient été. En outre, un très grand nombre (97 %) s’est isolé, mais souvent trop tard, par exemple en attendant d’être testé.

Là encore, il faut toutefois prendre en compte le fait que la période particulière de l’étude ComCor ne permet pas de tirer de conclusion définitive.

Elle sera poursuivie ces prochains mois pour affiner ces premiers résultats et en savoir plus sur la transmission du virus dans d’autres endroits, comme les lieux de culture.

« Ce n’est pas un outil de censure pour dire Attention, c’est chez vous que ça se passe, mais au contraire un outil qui accompagnera les réouvertures pour voir si on détecte un sur-risque », conclut l’épidémiologiste Arnaud Fontanet.





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