[Les raisons d’y croire] Pour lutter contre les effets du changement climatique, la France va planter 50 millions d’arbres



Publié le 16 décembre 2020

Face à l’épuisement des forêts françaises, touchées par les impacts du changement climatique comme les sécheresses et canicules, la France a annoncé un grand plan de repeuplement. 50 millions d’arbres vont être plantés. Les espèces devront s’adapter au climat et permettre de reconstituer les puits de carbone que représentent les forêts. Malgré les incertitudes et le poids du Covid-19, les bonnes initiatives se multiplient. Novethic vous accompagne pour explorer ensemble ce monde qui change.

C’est un plan de « repeuplement » des forêts françaises que le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a dévoilé le 16 décembre. Afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique, il a indiqué que 50 millions d’arbres seraient plantés dans les forêts de l’Hexagone. « Le volet de repeuplement des forêts est je pense le plus grand depuis l’après-guerre », a indiqué le ministre. Il répond notamment aux dégâts causés par les scolytes, des coléoptères qui creusent des trous dans les arbres fragilisés par la sécheresse.

Et de fait, les forêts françaises sont de plus en plus impactées par les sécheresses et les canicules. L’office national des forêts (ONG) estime que depuis 2019, 220 000 hectares de forêts publiques françaises subissent un taux de mortalité inédit en raison de l’accélération du changement climatique. Or ces forêts constituent un puit de carbone indispensables. D’où la volonté du gouvernement de trouver des essences d’arbres adaptées au climat changeant.

150 000 tonnes de CO2 captées

C’est un « énorme défi », notamment pour les pépinières qui devront trouver des graines et des plants adéquats, a déclaré le ministre sur la chaîne spécialisée « Cultivonsnous.tv ». « Prenez des futaies de frênes aujourd’hui, les frênes ont besoin d’humidité certaine, et il y a plein d’endroits où on se dit que si on replante des frênes, dans 30 ou 40 ans ils n’arriveront pas à résister », a indiqué Julien Denormandie, en rappelant que le budget consacré à l’opération porte sur « près de 200 millions d’euros ». 

Une enveloppe presque à la hauteur des 300 millions d’euros que préconisait un rapport remis au gouvernement le 17 septembre sur ce sujet. L’étude avait estimé qu’il fallait planter un arbre par habitant pendant 30 ans, soit environ 66 millions. Avec ses 50 millions d’arbres, le gouvernement va permettre de capter 150 000 tonnes de CO2 supplémentaires chaque année.

Sensibiliser les plus jeunes aux enjeux climatiques

Pour sensibiliser dès le plus jeune âge aux enjeux climatiques, le ministre espère pouvoir associer les écoles et l’éducation nationale au projet, comme le font déjà certaines associations locales sur des programmes de replantation de haies pour préserver la biodiversité. « Permettre aux élèves d’avoir des moments où ils vont participer à ces politiques de repeuplement, de reboisement, ce serait une chance extraordinaire de pouvoir les associer (…) et de créer du lien sur les territoires (…) j’en ai parlé au ministre de l’Éducation », a dit Julien Denormandie.

Tout en soulignant qu’il ne « faut pas juger » certaines critiques actuelles « et extraordinairement sincères » s’opposant à l’exploitation des forêts au nom de la défense de l’environnement, le ministre a estimé « qu’une forêt, ça se protège, tout comme le sol, et ça se cultive, tout comme le sol ». « L’un n’est pas en opposition avec l’autre. Quand vous êtes dans une parcelle avec des résineux et que vous coupez certains résineux pour laisser les autres se développer, ce n’est pas une offense à l’environnement ou à la nature, c’est permettre de gérer le massif en termes de protection, et de le cultiver », a-t-il dit.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

 

 





novethic

A lire aussi

Laisser un commentaire