la députée Fiona Lazaar claque la porte


C’est le 44e départ de LREM depuis le début de la législature. Fiona Lazaar a rendu publique sa démission au sein de son parti et du groupe de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale lors d’un entretien au « Parisien », ce mercredi 16 décembre.

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L’article 24, l’affaire Michel Zecler, les migrants délogés à Paris et les journalistes mis en garde à vue sont autant de raisons qui ont poussé Fiona Lazaar à la démission.

« J’ai très mal vécu la séquence sur la loi “sécurité globale” »

En mai, Fiona Lazaar était sur le point de former un neuvième groupe parlementaire – « Ecologie, Démocratie, Solidarité » – avant de se retirer à la dernière minute. Elle avait tout de même écrit à ses collègues pour leur signifier l’existence d’un « malaise d’un fonctionnement du groupe et dans l’orientation politique qui ne [lui] semblait pas être très raccord avec la promesse de 2017. »Comment l’article 24 a provoqué une crise politique

La loi sur la « sécurité globales est le tout premier texte proposé par des députés LREM sur lequel elle s’est abstenue. « J’ai très mal vécu la séquence sur la loi “sécurité globale”. C’est ça qui a vraiment commencé à me dire que ça allait être difficile pour moi d’aller beaucoup plus loin », explique-t-elle au « Parisien ».

Même si elle approuve « l’esprit global, d’améliorer la sécurité du territoire et mieux protéger les forces de l’ordre », elle reste en désaccord avec certaines mesures, ainsi qu’avec le discours qui a accompagné la proposition de loi, « particulièrement par le ministre de l’Intérieur ».

« Je veux bien être l’aile gauche du parti mais pas la caution »

Tout en soulignant que de bonnes choses ont tout de même été faites, comme le chômage partiel, « un dispositif inégalé », Fiona Lazaar souligne un déséquilibre dans la politique du gouvernement. La place accordée au régalien et à la sécurité serait prépondérante.

Selon la députée, LREM penche désormais plus à droite qu’à gauche. Sur le séparatisme, elle affirme être d’accord sur le fond du problème et comprend qu’il faille prendre des mesures, « mais on ne peut pas être dans le tout régalien, tout sécuritaire. Et à côté de ça, on n’a rien, ou rien qui n’est à la hauteur, sur la mixité sociale, la lutte contre le racisme ou l’égalité des chances […] Je veux bien être l’aile gauche du parti, celle qui obtient des résultats, pas la caution ».

« Pour le côté politique, je vais rejoindre Aurélien Taché et Nous Demain. »

La députée regrette que le projet de 2017 ne soit plus celui suivi par le parti en 2020. Séduite par le discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité pendant la campagne présidentielle, elle a désormais l’impression de « revenir dans cette mouvance [portée par le PS à l’époque], cette façon de cliver à laquelle je me suis opposée ».





nouvelobs

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