Vaccin contre le Covid-19 : quel rôle joue l’Union européenne ?


Question-Réponse


15.12.2020

Barthélémy Gaillard

gFace à l’épidémie de Covid-19 qui sévit sur le continent depuis janvier 2020, l’Union européenne soutient la recherche d’un vaccin. Quelle est sa stratégie, quels moyens a-t-elle engagés, et quand devrait-il être disponible pour les citoyens européens ?

A l’heure actuelle, la Commission européenne a précommandé 1,895 milliard de doses potentielles de vaccin auprès de six laboratoires – Crédits : bojanstory / iStock

CE QUE VOUS ALLEZ APPRENDRE DANS CET ARTICLE

La Commission européenne a engagé 2,15 milliards d’euros sur son instrument d’aide d’urgence pour financer les laboratoires privés les plus avancés dans leurs recherches et précommander des doses qui seront partagées entre Etats membres.

Elle a déjà signé des contrats avec six laboratoires pour commander 1,895 milliard de doses. L’Agence européenne des médicaments examine les premières demandes d’autorisation de mise sur le marché tandis que les Etats membres s’apprêtent à engager leurs campagnes de vaccination.

La priorité de la Commission reste la santé des citoyens européens, mais elle veut aussi assurer un accès mondial au vaccin. Elle a d’ailleurs garanti le dispositif COVAX, mis en place par l’OMS, destiné à favoriser la vaccination dans les pays pauvres, à hauteur de 500 millions d’euros.

Avec plus de 310 000 morts (UE27) du coronavirus depuis le début de l’année 2020, l’Union européenne a payé un lourd tribut à la pandémie qui touche la planète. Face à la crise, l’Union a soutenu les Etats sur le plan sanitaire d’abord (coordination des équipements médicaux…), puis sur le plan économique (assouplissement des règles de déficit…) et social (aide à l’indemnisation du chômage partiel…). Jusqu’au plan de relance inédit adopté par les dirigeants européens en juillet.

Le nombre de décès en Europe

Si la plupart des médias rapportent actuellement 400 000 morts en Europe, ils prennent en compte l’ensemble des pays du continent. Notre comptabilité s’appuie quant à elle sur le recensement effectué par l’université Johns Hopkins pour les 27 Etats membres de l’Union européenne. Le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) prend en compte le nombre de morts dans l’espace économique européen (UE + Royaume-Uni, Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein), soit 375 000 décès au 14 décembre.

Covid-19 : ce que l’Union européenne peut (et ne peut pas) faire

Comment l’Union européenne s’est-elle investie ?

Parmi ces mesures, la recherche d’un vaccin engage aujourd’hui d’importants financements, progressivement mobilisés à mesure que la Commission européenne s’est investie sur ce sujet. Entre janvier et mars 2020, l’exécutif européen a d’abord mobilisé des fonds prélevés sur son programme de recherche « Horizon 2020 » allant de 10 à 140 millions d’euros. Avant de présenter une stratégie plus globale de recherche du vaccin le 16 juin.

Cette dernière est plus ambitieuse puisqu’elle mobilise une partie des 2,7 milliards d’euros de l’enveloppe de l’instrument d’aide d’urgence européen. L’institution affiche des objectifs scientifiques élevés tant en termes de résultat que d’échéance, en projetant de trouver un vaccin d’ici 12 à 18 mois, quand ce type de recherche prend généralement une dizaine d’années. Les laboratoires investis dans la recherche d’un vaccin semblent avoir même dépassé ces attentes. Si leurs premiers résultats cliniques probants et le calendrier annoncé d’une mise sur le marché européen des premiers vaccins début 2021 venaient à se confirmer (voir plus bas), sept mois seulement se seraient écoulés depuis la publication de la stratégie de la Commission européenne.

Sur quels principes repose sa stratégie ?

  • Sur une approche multilatérale et coopérative

A l’inverse des Etats-Unis, la Commission européenne privilégie une approche multilatérale et coopérative, selon laquelle les pays les plus riches et les plus avancés en matière de recherche et d’innovation ont la responsabilité de trouver très rapidement un vaccin non seulement pour protéger leurs populations, mais aussi pour permettre aux ressortissants de pays moins développés d’en profiter à terme. Une approche bien résumée par la présidente de l’exécutif européen Ursula von der Leyen : « L’Union européenne ne sera à l’abri que si le reste du monde est à l’abri« .

C’est pourquoi la Commission européenne a organisé une conférence des donateurs au niveau mondial. L’initiative, parfois surnommée « Covidthon », a permis de réunir plus de 15 milliards d’euros de la part des Etats et des grandes fortunes de la planète. Cet argent sera utilisé pour garantir un accès universel à la vaccination, et notamment au continent africain. Dans ce cadre, la Commission européenne a également fait une promesse de dons de 500 millions d’euros au mécanisme COVAX, destiné à garantir l’égalité d’accès aux vaccins dans le monde sous l’égide de l’OMS et à commercialiser 2 milliards de doses d’un potentiel vaccin dans les pays les plus déshérités à trois dollars l’unité.

  • Sur le financement de la recherche privée

L’autre trait caractéristique de la stratégie européenne, c’est le financement de la recherche privée. L’Union se place avant tout comme mécène et financeur des projets initiés par des laboratoires privés. Une stratégie qui repose sur un principe simple, celui du pré-achat. De l’argent frais est mis à disposition de laboratoires dont les programmes de recherche sont jugés assez crédibles et avancés pour s’engager financièrement auprès d’eux. En contrepartie de cet investissement, les laboratoires s’engagent de leur côté à fournir en priorité les doses de vaccin produites aux pays européens. Cela signifie néanmoins que si l’une ou l’autre des recherches financées venait à ne pas aboutir ou si le vaccin trouvé n’était pas autorisé à être mis sur le marché, les fonds investis seraient perdus.

Si la Commission européenne  finance la recherche, ce sont donc bien les Etats membres qui devront acheter les doses une fois la production des vaccins engagée. De même, elle ne décide pas seule des laboratoires avec lesquels engager des discussions. Elle préside un comité de pilotage au sein duquel siègent des représentants des Etats membres, qui ont pour mission de conseiller l’exécutif européen au cours des négociations.

Combien de doses l’Union européenne a-t-elle précommandé ?

Ces derniers mois, des contrats ont donc été signés avec six laboratoires, pour un total de 1,895 milliard de doses potentielles.

  • 27 août : contrat avec AstraZeneca (dont le candidat vaccin est efficace à 70%) pour 300 millions de doses (plus 100 millions de doses supplémentaires si besoin).
  • 18 septembre : deuxième contrat avec Sanofi pour 300 millions de doses.
  • 8 octobre : contrat avec Janssen Pharmaceutica, la filiale belge du laboratoire américain Johnson & Johnson pour 200 millions de doses, avec une éventuelle deuxième livraison de 200 millions de doses supplémentaires.
  • 11 novembre : nouveau contrat avec BioNTech-Pfizer (candidat vaccin efficace à 90 %) 300 millions de doses.
  • 17 novembre : contrat avec le laboratoire allemand CureVac pour 235 millions de doses et jusqu’à 180 millions de doses additionnelles si besoin.
  • 25 novembre : dernier contrat avec l’Américain Moderna (dont les tests cliniques indiquent une efficacité à 94,5%) pour 80 millions de doses supplémentaires.

Chaque Etat membre a ainsi droit à une part du stock constitué par la Commission européenne proportionnelle à sa population. Pour la France, elle devrait se situer autour de 15 %, soit 200 millions de doses environ. La plupart des traitements vaccinaux à l’étude se réalisant en deux injections, cela permettrait à Paris de pouvoir assurer la vaccination d’au moins 100 millions de personnes. Néanmoins, les Etats membres ne sont pas tenus d’acheter la totalité du stock pré-réservé par la Commission européenne. Ils sont libres de fixer la quantité de vaccins dont ils ont besoin, qu’ils peuvent donc acheter au prix fixe défini dans le contrat cadre signé entre l’exécutif européen et les laboratoires.

Quand devraient-elles entrer en circulation en Europe ?

Si le Royaume-Uni a déjà entamé sa campagne de vaccination le 8 décembre dernier (avec des doses achetées à BioNTech/Pfizer), l’Union européenne suit le mouvement de près. L’Agence européenne des médicaments statuera en effet sur la mise sur le marché du vaccin du conglomérat le 29 décembre au plus tard. La candidature de Moderna sera ensuite examinée d’ici le 12 janvier.

Si elle valide les produits, l’Agence européenne des médicaments délivrera des autorisations conditionnelles de mises sur le marché. Ces dernières permettent d’autoriser la circulation du vaccin tout en fixant aux laboratoires une liste d’exigences qu’ils devront satisfaire plus tard. En revanche, les laboratoires sont en retour autorisés à ne pas transmettre immédiatement certaines informations qu’ils ne se sont pas procurés au vu du peu de recul scientifique dont ils disposent comme la durée de l’immunité par exemple.

Des échéances qui font espérer à Guido Rasi, directeur de l’agence, une mise sur le marché en janvier 2021 et un niveau d’immunisation suffisant « fin 2021« . Cela dépend néanmoins de l’avis rendu par les autorités régulatrices des Vingt-Sept – telles que la Haute Autorité de Santé (HAS) en France – qui devront à leur tour autoriser l’utilisation des candidats vaccins au niveau national.

Les Etats membres, en charge des campagnes de vaccination, calquent leurs politiques sur ce calendrier, comme en témoignent les déclarations du Premier ministre français Jean Castex, le 3 décembre. Le chef du gouvernement a annoncé pour la France une première campagne ciblée auprès des personnels soignants et des personnes âgées des EHPAD en janvier 2021, une deuxième à destination des personnes fragiles du fait de leur âge ou de leurs pathologies à partir de février, puis une troisième ouverte à l’ensemble de la population qu’il le souhaite entre avril et juin 2021.

Une initiative intergouvernementale européenne parallèle

Le 3 juin dernier, l’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas ont lancé l’Alliance européenne pour le vaccin contre le Covid-19. Une initiative menée « en lien avec la Commission européenne » et « ouverte aux autres Etats membres de l’Union européenne« . Le projet ne se veut donc pas concurrent de celui de la Commission européenne mais complémentaire. Si l’alliance a trouvé un premier accord pour réserver 400 millions de doses d’un éventuel vaccin auprès du laboratoire AstraZeneca, aucune avancée n’a néanmoins été observée depuis.

Quels sont les enjeux de cette course au vaccin ?

Par l’ampleur des investissements consentis, mais aussi par l’importance de l’enjeu sanitaire, cette course au vaccin soulève de nombreux enjeux médicaux, commerciaux, politiques et diplomatiques.

  • La souveraineté sanitaire européenne

Le premier enjeu, souligné par la Commission européenne et par le Parlement européen, relève de la souveraineté sanitaire de l’Union. La crise du Covid-19 a en effet souligné la grande dépendance de l’UE aux marchés chinois et indien. En 1990, l’Europe produisait 80 % des médicaments qu’elle consommait. Aujourd’hui, la Chine et l’Inde fournissent 80 % des matières premières nécessaires à leur élaboration.

« L’espace Schengen est mis en danger par l’absence de coordination dans la mesure du risque sanitaire »

La signature d’un contrat avec un laboratoire français comme Sanofi est donc importante en ce sens, d’autant que le laboratoire a assuré que la production des doses se ferait sur le sol européen. Cela permettrait ainsi à l’UE de recouvrer une certaine autonomie dans la chaîne de production pharmaceutique, un enjeu éminemment politique depuis la pandémie de Covid-19.

  • Le rapport de force avec les laboratoires privés

Les laboratoires engagés dans la recherche d’un vaccin font face à une demande mondiale exponentielle. Cette situation les place de fait en position de force, leur offre étant attendue par une demande toujours croissante.

Ce constat pose une question : à qui les laboratoires ayant signé des contrats avec plusieurs grandes puissances mondiales accorderont-ils réellement la priorité ? Là encore, l’exemple de Sanofi illustre bien la problématique. Sanofi ayant pris des précommandes prioritaires des Etats-Unis comme de l’Union européenne, qui bénéficierait réellement de la primeur ? Interrogée à ce sujet à la mi-mai 2020, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée française chargée de l’Industrie, s’est voulue rassurante sans totalement répondre à la question : « Le patron de Sanofi France m’a confirmé que le vaccin serait accessible à tous les pays et qu’évidemment il serait accessible aux Français, ce d’autant qu’il a des capacités de production en France« .

Autre exemple de ce rapport de force à l’avantage des laboratoires, le 16 novembre, Moderna a annoncé avoir développé un candidat vaccin efficace à 94,5 %. Ayant déjà conclu des contrats avec le Japon, les Etats-Unis ou encore le Canada, le laboratoire n’a pas manqué de mettre la pression sur l’Union européenne en rappelant que plus la signature interviendrait tard, plus « les livraisons seraient décalées dans le temps« , comme l’a rappelé le PDG de sa branche française Stéphane Bancel sur le site de TV5 Monde.

  • La transparence sur les termes des contrats signés

Au nom du secret des affaires, la Commission européenne a gardé confidentiel le contenu des six accords de pré-commande conclus avec les laboratoires. Une source européenne justifie cette confidentialité en arguant que si les laboratoires avec lesquels l’exécutif européen sont actuellement en négociation connaissaient les termes des contrats déjà signés, ils pourraient être tentés d’exiger des conditions similaires voire plus avantageuses.

Une stratégie désapprouvée par certains députés européens spécialistes des politiques de la santé tels que Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe), membre de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire, interrogée sur le sujet lors d’un point presse le 16 novembre : « Nous sommes attentifs à la transparence sur ces contrats et demandons que leur prix, le site de production des vaccins, la règle sur la propriété industrielle qui les régit et la responsabilité juridique des laboratoires soient communiqués de manière transparente ».

Quelle serait la responsabilité des laboratoires en cas d’effets secondaires ? Dans quelle mesure la production du vaccin pourrait engendrer des retombées positives sur le territoire européen en termes d’emploi et de croissance ? Autant de questions qui demeurent effectivement en suspens pour l’instant officiellement. Une source de la Commission européenne assure néanmoins que le cadre juridique de ces contrats ne dérogera pas aux règles habituelles et que « le producteur du vaccin reste responsable des potentiels effets secondaires« .

Sur la question du prix en revanche, les laboratoires ont tour à tour dévoilé les tarifs qu’ils allaient pratiquer. Sanofi s’est ainsi engagé à vendre une dose de son futur vaccin pour moins de 10 euros dans les pays développés, rapporte 20 Minutes. Astra Zeneca a pour sa part affirmé qu’il revendrait le sien à prix coûtant, soit 2,50 euros. Pfizer BioNTech estime qu’une dose de son vaccin coûterait 40 euros environ, un montant sensiblement comparable à celui annoncé par Moderna (37,50 euros). De fortes disparités qui s’expliquent notamment par les conditions de conservation plus contraignantes pour les deux derniers candidats.

  •  La transparence des résultats des essais cliniques

Si depuis 2016, l’Agence européenne des médicaments publie systématiquement les rapports sur les produits pharmaceutiques dont elle étudie la mise sur le marché, la députée écologiste Michèle Rivasi voudrait pour sa part pousser plus loin encore la démarche de transparence : « Il faut se servir de cette période où de fortes sommes d’argent public sont investies pour obtenir plus de transparence sur les données cliniques. Pour l’instant, l’Agence européenne des médicaments les divulgue seulement a posteriori. Or nous on les veut avant, pour que des experts indépendants puissent également juger de leur validité« .

Pour étayer son propos, l’eurodéputée invoque l’exemple du Remdesivir, traitement contre le Covid-19 dont la Commission européenne a commandé 500 000 traitements auprès du laboratoire Gilead le 7 octobre 2020. Une semaine après la signature du contrat, l’OMS avait en effet estimé que le traitement avait « peu ou pas d’effet » sur les personnes atteintes par le Covid-19 et même déconseillé son usage, affirmant qu’il y avait « une possibilité d’importants effets secondaires« . Face à ces expériences passées et ces inquiétudes, une source de la Commission européenne assure que l’Agence européenne des médicaments « publiera beaucoup plus de données qu’elle ne le fait d’ordinaire« , notamment sur les « alertes de sécurité sur les effets secondaires« .

  • La coordination des campagnes nationales de vaccination

En parallèle, la Commission européenne tente de coordonner la future distribution des vaccins et les campagnes de vaccination qui devraient avoir lieu dans l’ensemble des Etats membres. Elle a ainsi assuré que la livraison des vaccins se ferait simultanément dans l’ensemble des pays de l’UE. Elle a également formulé des recommandations, rappelant aux Vingt-Sept qu’ils devaient communiquer sur l’intérêt du vaccin pour maintenir un haut niveau de confiance des citoyens. Un enjeu de taille, notamment en France, où une large part de la population est hostile aux vaccins.

Favorables, sceptiques ou hostiles : comment les populations européennes accueillent le futur vaccin contre le Covid-19 ?

La Commission invite aussi les pays de l’UE à définir les catégories de population à vacciner en priorité et à mobiliser des effectifs compétents et une chaîne logistique adéquate pour assurer avec succès ces campagnes de vaccination. Certains vaccins comme celui de BioNTech/Pfizer doivent en effet être conservés à -70 degrés, rendant son transport plus complexe.

Où en sont les autres grandes puissances ?

La pandémie de Covid-19 qui frappe la planète a paralysé l’économie mondiale, mais pas la communauté scientifique, lancée dans une course effrénée au vaccin depuis de longs mois. Le 10 décembre, l’OMS estimait que 169 vaccins potentiels étaient actuellement à l’étude dans le monde, dont 52 étaient testés sur l’homme et 13 dans la dernière phase des essais cliniques avant demande d’homologation. Ces recherches aiguisent les appétits des grandes puissances mondiales, qui se livrent à une compétition pour réserver un maximum de doses à leur population.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a tenté de racheter un laboratoire allemand dès mars 2020 avant de s’assurer la priorité sur les livraisons d’un potentiel vaccin auprès de la branche américaine de Sanofi. Les Etats-Unis ont depuis dépensé 10 milliards de dollars dans six projets et ont entamé leur campagne de vaccination le 14 décembre, en même temps que le Canada.

De leur côté, la Chine et la Russie recourent plus volontiers à la recherche publique. La première développe ainsi son propre programme. Après avoir autorisé l’usage d’un vaccin expérimental dans les rangs de son armée, elle aurait entamé une campagne de vaccination en juillet dernier et ainsi déjà immunisé 800 000 personnes. La Chine a finalement rejoint le mécanisme de vaccination à l’échelle mondiale COVAX début octobre 2020, à l’inverse des Etats-Unis.

La Russie a quant à elle déjà inoculé son vaccin Spoutnik V à 100 000 personnes depuis le lancement de sa campagne de traitement à grande échelle début décembre. Fruit de la collaboration entre le laboratoire Gamaleïa et le ministère russe de la Défense, il affiche un taux d’efficacité de 91% d’après les résultats dévoilés par l’équipe de recherche.

Ce vaccin a séduit la Hongrie, un Etat membre en opposition frontale avec l’Union européenne sur certains sujets (budget, état de droit, migrations…), et qui tenait à s’affranchir de la stratégie européenne de vaccination pour marquer son indépendance vis-à-vis de Bruxelles. Budapest a donc reçu les premiers échantillons de Spoutnik V fin novembre. Cette stratégie sanitaire illustre la dimension éminemment politique que revêt la course au vaccin, les choix de chaque Etat recoupant les lignes de fracture géopolitiques aux niveaux européen et mondial.



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