IdF: le prolongement de la ligne 14 à Saint-Ouen ouvre enfin


Le Premier ministre Jean Castex a inauguré lundi un prolongement à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) de la ligne 14 du métro parisien, destiné à soulager la tristement célèbre ligne 13 et à desservir des quartiers en plein essor.

La mise en service de ce tronçon de 5,8 km entre Saint-Lazare et Mairie de Saint-Ouen « va dans le sens de l’Histoire », a estimé M. Castex.

« Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de faciliter la vie quotidienne de millions d’usagers des transports en commun, d’établir des ponts entre des départements, des villes et des quartiers, de donner aux infrastructures de transport la finalité qui a toujours été la leur: désenclaver, faciliter, rapprocher », a-t-il déclaré lors d’une courte cérémonie.

Et de rappeler qu’il travaillait au cabinet du président Nicolas Sarkozy quand a été conçu le métro du Grand Paris, dont l’inauguration du jour est la première concrétisation. « Il est rare de pouvoir assister à la naissance d’un projet auquel on a contribué », a-t-il remarqué.

La ligne 14 –qu’on appelle encore parfois « Meteor »– est la dernière née du réseau métropolitain. Inaugurée par Jacques Chirac en octobre 1998 entre Madeleine et Bibliothèque François-Mitterrand, elle a été prolongée au nord à Saint-Lazare en décembre 2003 et au sud à Olympiades en juin 2007, et faisait jusqu’à présent 8,6 km de long.

L’idée de pousser cette ligne de métro automatique jusqu’à Saint-Ouen remonte à 2007: elle est alors apparue comme la solution la plus satisfaisante pour soulager le nord de la ligne 13, dont les deux branches ploient sous la charge. Avec la promesse de délester cette dernière du quart de son trafic.

Le prolongement de la ligne 14 doit aussi mieux desservir des secteurs en plein développement avec le nouveau quartier des Batignolles, le Tribunal de Paris ou encore les nombreux bureaux qui sortent de terre à Saint-Ouen.

– « Défi technique et humain » –

Ouvert avec trois ans de retard, le nouveau tronçon comporte quatre stations assez monumentales ainsi qu’un dépôt construit pour accueillir des rames dernier cri plus longues, achetées à Alstom.

« C’est Noël à Saint-Ouen avec onze jours d’avance », a lancé la présidente du conseil régional et d’Ile-de-France Mobilités Valérie Pécresse.

Mais la fête est ratée pour la station Porte de Clichy, desservant le Tribunal, qui n’ouvrira qu’en janvier. « C’est que l’inox n’a pas été livré », a-t-elle regretté.

Le Premier ministre Jean Castex (2G), acommpagné par la maire de Paris Anne Hidalgo (G) et la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (D) arrivent à la station de métro Pont Cardinet pour inaugurer la prolongement de la ligne 14 du métro, à Paris le 14 décembre 2020 (AFP – Alain JOCARD)

L’élue vante « l’une des lignes les plus modernes du monde ». C’est aussi la seule du réseau parisien accessible aux handicapés.

Sa fréquentation doit passer de 550.000 à 750.000 voyageurs par jour (abstraction faite de la baisse actuelle liée à la pandémie).

La PDG de la RATP Catherine Guillouard a rappelé que sa construction avait été « un défi technique et humain », évoquant notamment la transformation du chantier en piscine pendant quelques mois pour cause d’inondation par la nappe phréatique, avant que le coronavirus ne l’arrête à nouveau.

« L’aventure continue », a lancé Mme Guillouard, qui a tenu à témoigner « une tendresse particulière pour (ses) équipes ».

Les travaux battent leur plein pour de nouveaux prolongements tant au nord, jusqu’à Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis), qu’au sud, jusqu’à l’aéroport d’Orly (Essonne), juste à temps pour les Jeux olympiques en 2024. Avec au passage le changement du système d’automatisation, toujours fourni par le groupe allemand Siemens.

La ligne 14 fera alors 27 km de long, et devrait transporter 1 million de voyageurs par jour.

La Société du Grand Paris (SGP) a couvert 59% des 1,4 milliard d’euros dépensés pour le prolongement jusqu’à Saint-Ouen, Paris 21% et la région Ile-de-France 14%, le solde étant apporté par les départements des Hauts-de-Seine et de Seine-Saint-Denis.

Ile-de-France Mobilités finance de son côté le matériel roulant (620 millions pour le moment) et couvre le déficit d’exploitation.



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