Vente des Hospices de Beaune: un millésime « exceptionnel » sur fond de crise



Entre crise sanitaire et crise économique, la 160e vente des Hospices de Beaune, dont une partie des recettes ira cette année aux hospitaliers victimes du Covid, propose dimanche un millésime « exceptionnel ».

Initialement prévue le 15 novembre, puis suspendue, avant d’être à nouveau autorisée et enfin reportée à ce dimanche, la vente des Hospices, plus ancienne vente de vins caritative au monde, fait figure de miraculée du Covid-19.

« Le principal est qu’elle se tienne », aime à dire Albéric Bichot, patron de la Maison Bichot, premier acheteur de la vente des Hospices.

Les règles de distanciation ont cependant limité à 171 le nombre des acheteurs présents sur place, contre les 600 habituels. Mais une centaine d’acheteurs sont connectés par téléphone et une trentaine d’autres ont signé des enchères écrites, précise Aline Sylla-Wallbaum, directrice générale du pôle Luxe chez Christie’s, qui organise la vente.

« L’un dans l’autre, la participation est bonne », a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse matinale précédant traditionnellement la vente, qui s’ouvre à 14h00.

« Il est vrai que nous n’avons pas les mêmes sollicitations de nos clients », reconnaît à l’AFP Albéric Bichot. Mais « la qualité exceptionnelle » du millésime 2020, selon lui, devrait « compenser » une « certaine frilosité » des acheteurs professionnels, dont le budget est « moins élevé » en raison de la fermeture des restaurants de par le monde.

« C’est un millésime inoubliable », confirme Ludivine Griveau, régisseur du Domaine viticole des Hospices.

Six cent trente « pièces » de 228 litres, comme on appelle des fûts en Bourgogne, sont proposées à la vente. L’an dernier, les enchères avaient totalisé 12 millions d’euros.

« C’est grâce à cette vente que nous pouvons investir dans notre hôpital », a rappelé le maire LR de Beaune (Côte d’Or), Alain Suguenot, en référence au but des enchères: financer l’œuvre caritative des Hospices.

Outre ses 60 hectares de vignes, l’institution, créée en 1443 pour venir en aide aux « pauvres malades », est en effet avant tout un centre de soins avec notamment un hôpital de près de 1.000 lits.

Lors de chaque vente, une pièce de charité est de plus adjugée au profit d’une œuvre caritative différente des Hospices. Cette année, les bénéficiaires en seront les hospitaliers victimes du Covid-19.

« 55.000 agents hospitaliers ont été touchés par le virus mais ce chiffre est largement sous-évalué », a indiqué Denis Valzer, administrateur du Comité de gestion des œuvres sociales (CGOS) des établissements hospitaliers publics, chargé de distribuer le fruit de la vente de la pièce de charité.



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