appel téléphonique de la dernière chance entre Johnson et von der Leyen à la mi-journée


Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen doivent s’appeler ce dimanche à la mi-journée pour faire le point sur le sort des négociations commerciales post-Brexit, a indiqué un porte-parole de Downing Street.

« On s’attend à ce qu’ils discutent » à partir de 12 heures GMT, 13 heures en France, a déclaré ce porte-parole. Dimanche est la date butoir fixée par le Royaume-Uni et l’Union européenne pour décider de l’issue des négociations commerciales, acter un échec des négociations ou décider d’une nouvelle prolongation des pourparlers.

A quoi joue Boris Johnson ?

« Deal » ou « no deal » : ce dimanche est donc un nouveau jour J pour la négociation post-Brexit, à seulement dix-huit jours de la rupture définitive. Aucun scénario ne peut être écarté, y compris l’annonce inattendue d’un compromis, tant ces pourparlers tendus, émaillés de coups de bluff et de dates butoirs non tenues, ont été riches en rebondissements depuis leur lancement en mars.Brexit : la Royal Navy prête à protéger les eaux britanniques en cas de « no deal »

Mais la tendance semblait négative samedi dans la soirée, une source gouvernementale britannique ayant fait savoir qu’« en l’état actuel, l’offre de l’UE (restait) inacceptable ». Le négociateur britannique David Frost est arrivé dans les locaux de la Commission européenne à Bruxelles dimanche vers 8 heures GMT pour reprendre les pourparlers, a constaté l’AFP. Selon une source européenne, ceux-ci se sont achevés tard dans la nuit de samedi à dimanche.

La poursuite ou non des discussions doit être décidée par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le Premier ministre britannique Boris Johnson après leur entretien téléphonique dimanche.

« Nous sommes déjà dans le temps additionnel »

Si Londres et Bruxelles décidaient de prolonger à nouveau leurs échanges, cela ne pourrait être que « de quelques jours au maximum », a averti le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune.

« Nous sommes déjà dans le temps additionnel », a-t-il souligné dans le Journal du dimanche.

En dépit d’échanges toujours plus intensifs, les divergences semblent inconciliables entre des Britanniques qui veulent retrouver une liberté commerciale totale et des Européens soucieux de protéger leur immense marché unique.

« Tout accord doit être équitable et respecter la position fondamentale selon laquelle le Royaume-Uni sera une nation souveraine dans trois semaines », a encore insisté samedi soir la source gouvernementale britannique.

Signe d’un regain de tension, le ministère britannique de la Défense a annoncé, à la veille de cette nouvelle échéance, que des navires de la Royal Navy se tenaient prêts à protéger les zones de pêche nationales où pourraient survenir des accrochages en cas d’absence d’accord.

Date fatidique du 31 décembre

Le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, abandonnera définitivement le marché unique et l’union douanière le 31 décembre.

Sans accord commercial, ses échanges avec l’UE se feront selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.

Les discussions butent sur trois sujets : l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et surtout les conditions que les Européens exigent des Britanniques pour éviter toute concurrence déloyale.

L’UE est prête à offrir à Londres un accès sans droits de douane ni quotas à son immense marché. Mais elle entend dans ce cas s’assurer que le Royaume-Uni ne se livrera pas à du dumping en s’écartant des normes environnementales, sociales, fiscales européennes ou de celles sur les aides d’Etat.

Si tel est le cas, elle veut pouvoir prendre des contre-mesures rapides, comme des droits de douane, sans attendre que le différend soit tranché dans le cadre d’une procédure d’arbitrage classique, afin de protéger ses entreprises. Londres s’y oppose fermement.

« La défense du marché unique est une ligne rouge pour l’UE », a martelé une source européenne. « Ce que nous avons proposé au Royaume-Uni respecte la souveraineté britannique. Cela peut être la base d’un accord. »

Un échec « très, très probable »

Ursula von der Leyen et Boris Johnson tentent depuis plusieurs jours de débloquer les discussions au niveau politique. Lors d’un dîner à Bruxelles mercredi soir, ils n’avaient pu que constater à nouveau des positions « très éloignées » et s’étaient promis de prendre une décision dimanche. Ils ont depuis rivalisé de pessimisme, Boris Johnson estimant un échec « très, très probable », quand la chef de l’exécutif européen jugeait « faibles » les espoirs d’accord.

Pragmatique, la Commission a publié jeudi des mesures d’urgence pour maintenir, en cas de « no deal », le trafic aérien et le transport routier entre le Royaume-Uni et l’UE pendant six mois, ainsi que l’accès réciproque aux eaux de pêche pour un an.





nouvelobs

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